ESPRIT REFLEXION

 

La France est en guerre : après les attentats, reprendre la main

Article rédigé par Jean-Michel Castaing, le 17 novembre 2015

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OPINION. La crise du mariage est plus grave que celle de l’économie !

Les Français ont peur du chômage et du terrorisme. Ils devraient s’effrayer davantage de la chute des mariages : jamais leur nombre n’a été aussi bas en France depuis la guerre. (aleteia 16/2/15)

 
 
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Les derniers chiffres de l’INSEE sur la nuptialité publiés le 12 février sont alarmants : 231 225 mariages célébrés en 2013, c’est une chute de 6% en un an, et le nombre le plus bas de l’après-guerre (Francetv info). En 1945, année où la France était pourtant en ruine, il y avait eu 500 000 mariages : plus du double d’aujourd’hui (alors que la population était de 40 millions contre 65 millions actuellement) ! En 70 ans, à part quelques rebonds (417 000 en 1972, 300 000 en l’an 2000), le nombre de mariages n’a cessé de baisser.
Nous descendons vers les 200 000 : la chute est d’autant plus préoccupante que dans ces mariages de 2013, un sur cinq est un remariage (la proportion n’était que de 7,8% de 1973), et que 7 367 unions homosexuelles sont comptabilisées (10 000 sur 241 000 mariages selon les estimations pour 2014, soit 4%). Cette chute est le symptôme d’une crise de confiance bien plus redoutable que celle qui sous-tend la crise économique ou la peur du terrorisme.
 

Des causes multiples et complexes

Les causes de cette désaffection pour le mariage sont multiples et complexes à démêler : bouleversement des modes de vie et des mentalités, travail et autonomie des femmes – « Près de 29% des femmes nées en 1930 avaient déjà été mariées à 20 ans, contre 1% de celles nées en 1990 » (Le Télégramme) –, crainte de l’engagement, besoin d’assurance devant l’avenir qui retarde l’âge où l’on convole – 30 ans en moyenne aujourd’hui, contre 24 ans dans les années 80  (ActuOrange).
La multiplication des divorces joue certainement un rôle important dans la crainte de l’engagement : en 2013 toujours, on a enregistré 125 000 divorces, soit plus de la moitié du nombre de mariages. Or ces ruptures cumulées avec le boom des « unions libres » (24% des couples en Île-de-France) a pour corollaire l’explosion des familles monoparentales, c’est-à-dire réduites dans la plupart des cas à la mère élevant seule ses enfants. Absence du père, solitude et pauvreté des mères, familles décomposées et « recomposées » sont les fruits amers de la révolution sexuelle de 68.

 

Un véritable cancer social

Si la famille est la cellule de base de la société, le mal qui l’affecte dans son origine, le mariage, est un véritable cancer social, bien plus préoccupant que la crise économique. Mais il ne suffit pas de connaître les symptômes de la maladie pour poser un diagnostic : il faut aller aux causes. Pourquoi l’institution du mariage, dont les soixante-huitards avaient fait leur cible privilégiée, ne s’est-elle jamais durablement relevée de ce discrédit ? D’où vient cette défiance généralisée envers la promesse solennelle et publique de fidélité qui fonde l’alliance nuptiale ?
Il y a d’abord le vieux rêve romantique d’un amour libéré et inventif, se régénérant sans cesse, qui paraît d’autant plus contraire à la fidélité et à l’indissolubilité inhérentes à l’engagement du mariage (« Jusqu’à ce que la mort nous sépare ») que les aînés n’ont guère été fidèles à leurs promesses. On sait en outre qu’il faudra « tenir » pendant des décennies : l’allongement de la durée de la vie porte l’horizon de la vie du couple à près d’un demi-siècle.

 

On voudrait pouvoir « refaire sa vie »

Mais à tout prendre, c’est l’individualisme, pour ne pas dire l’autisme qui sous-tend cette crise du mariage, qui paraît le plus pernicieux parce qu’il est le plus asocial. On conçoit son amour à deux comme si l’on vivait sur une île déserte. On se charge « d’inventer » son amour sans que la famille, la société, l’Église n’aient leur mot à dire. On veut « se réaliser » en juxtaposant deux subjectivités enfermées sur elles-mêmes, sans ouverture à la société, à la vie, à Dieu. On veut tout, tout de suite sans laisser à la relation le temps de mûrir pour laisser place au consentement. On charge la sexualité de donner du sens à la relation alors qu’au contraire, c’est à la relation de fonder la sexualité. Et comme cela ne peut pas marcher très longtemps, on voudrait qu'il soit possible de « refaire sa vie » en reconstruisant un nouveau lien comme si le premier n'avait jamais existé, comme si l’on pouvait tout effacer… Résultat : tout le monde trinque, à commencer par les enfants, écartelés entre leur père et leur mère partis chacun de leur côté.
 

 Pourtant, si les temps changent, la nature humaine reste toujours la même. « Modernité » ou pas, chacun aspire aujourd'hui comme hier à être comblé par un amour total et sans réserve, qui donne toute sa place au sentiment et à la sexualité, à la liberté et à la fidélité, et aussi à une intimité apte à s'ouvrir à la vie et à la société. Cette aspiration est sans doute plus forte que jamais mais, à cause de tous les drames intimes qui minent notre société, jusqu’au flou sur l’identité sexuelle, elle paraît irréalisable. On n’ose plus croire à la possibilité d’une alliance harmonieuse et durable entre un homme et une femme.

La responsabilité des chrétiens face à la rupture d’alliance

« Alliance », c’est un mot biblique, un mot chrétien. C’est le chemin de l’alliance que notre société « postchrétienne » a perdu : la crise de la foi est à la racine de la crise du mariage et de la famille. C’est donc aux chrétiens de relever ce défi en étant là aussi, là d’abord, des précurseurs, « sel de la terre » et « lumière du monde ».  Aux chrétiens de donner l’exemple d’un engagement total et sans réserve dans le mariage sacramentel ou dans le célibat, selon la vocation de chacun. Aux couples chrétiens de montrer qu’on ne se marie pas seulement « parce qu'on s'aime », mais « pour s'aimer », à travers les petites choses de la vie quotidienne, les attentions, les efforts, les sacrifices, les pardons échangés, autant que par les plaisirs partagés. Aux chrétiens de grandir dans une lucidité beaucoup plus aiguë qu'autrefois sur les enjeux de l'amour humain, mais avant tout dans une confiance totale envers le projet divin : « homme et femme, Il les créa ».
Face à cette rupture d’alliance, notre responsabilité est immense mais elle n’a rien d’écrasant sitôt que nous nous mettons au cœur de l'Alliance : avec foi, c'est-à-dire en toute confiance, entre les mains de Dieu.

 

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Supplique à la Vierge Marie

 

La Vierge Marie, patronne principale de la France est l’objet d’une prière collective et nationale  pour obtenir  un secours exceptionnel qui n’est pas sans rappeler  le vœu de Louis XIII  du 15août 1638. Cette fois ce n’est plus le chef du Royaume qui s’engage, mais des membres du pays qui est menacé par  un changement de civilisation ou plutôt d’un effondrement de civilisation.

Nous invoquons la Vierge en l’appelant à notre secours au cours d’une neuvaine de 9 mois, du 15 novembre 2014 au 15 août 2015.

Vierge Immaculée, Fille du Père, Mère du Fils, Epouse non épousée de l’Esprit Saint, vous avez montré au cours  des siècles  une attention  toute spéciale pour la France, Fille aînée de l’Eglise. Depuis  deux siècles  des révolutions  et vos apparitions se sont  multipliées et nous arrivons aujourd’hui à l’aboutissement d’un drame annoncé dès  la Salette(1846) à savoir  l’apostasie de ce pays.

Il y a eu au cours de son histoire des moments tragiques et  nul pays n’a connu une délivrance comparable à celle de Jeanne d’Arc dont l’intervention spirituelle et politique n’a pas d’équivalent dans l’histoire de l’Eglise. La sainteté  a donné des  fruits  bien remarquables et continue à le faire, mais la Foi n’est plus vécue par le grand nombre .L’athéisme  est devenu une croyance généralisée autorisant des législations opposées non seulement à la vérité évangélique mais aussi à la loi naturelle. On assiste à des mouvements de protestation mais une sorte de paralysie  a gagné la vie politique.

La raison profonde de cette léthargie est une désuétude de la pratique de la  prière devenue habituelle chez les croyants malgré tant de rappels de votre part et l’enseignement de l’Eglise. Les églises  de pierres encore si nombreuses sont vides et la vie paroissiale a perdu ce qui faisait sa force sans  que les chrétiens  ne réagissent à cette mort lente de la vie spirituelle .Au moment même où les musulmans, de plus en plus nombreux, montrent l’exemple d’une dévotion oubliée par les baptisés. Un grand nombre de chrétiens n’a gardé du christianisme  que  des coutumes sans rencontrer dans la prière la Personne du Christ qui est le Cœur même de la dévotion et de l’Amour.

Vierge très sainte vous savez tout cela, mais le dire et le redire  indique où est le mal et quelle est la guérison attendue. Il faut prier, c’est-à-dire  s’adresser  à notre Sauveur en sollicitant votre aide secourable. Les sacrements et en premiers lieux l’Eucharistie et la réconciliation qui la prépare  deviennent vite des routines sans âme lorsque la prière ne fait plus vivre en nous ces trésors surnaturels.

Marie très sainte, Mère de Dieu et notre Mère, notre Sœur aussi (Paul VI) écoutez notre supplication. Tout est possible à Dieu mais la Grâce  sollicite notre liberté de créature  à l’image et à la ressemblance de Dieu. L’Amour de Dieu attend l’amour de l’homme  et la prière en est l’expression nécessaire .Face à une «  civilisation de la mort », nous chrétiens de France nous voulons préparer une civilisation de l’amour qui est l’orientation de la doctrine sociale  de l’Eglise.

Ô Marie conçue sans péché priez pour nous qui avons recours à Vous.

ABDENNOUR BIDAR : LETTRE OUVERTE AU MONDE MUSULMAN  

Abdennour Bidar est normalien, philosophe et musulman. Il a produit et présenté sur France Inter une émission intitulée « France-Islam questions croisées ». Il est l’auteur de 5 livres de philosophie de la religion et de nombreux articles.

Cette lettre ouverte au monde musulman fait suite aux événements des jours passés, notamment l’assassinat de Hervé Gourdel. De nombreux musulmans ont manifesté leur indignation nécessaire et salutaire (en France et dans le monde, avec le mouvement Not In My Name – « pas en mon nom ». Au delà de cette dénonciation indispensable, Abdennour Bidar pense qu’il faut aller plus en profondeur, et entrer dans une autocritique de l’Islam comme religion et civilisation dans ce moment de transition cruciale de sa longue histoire. Pour le meilleur de l’Islam.

Dans un esprit de fraternité entre croyants de bonne volonté, c’est avec joie que nous pouvons lire ce texte, découvrir un autre visage de l’Islam, et peut-être prendre nous aussi quelque chose de cette sagesse qui consiste à vouloir se réformer pour être plus fidèle.

Lettre ouverte au monde musulman

Cher monde musulman, je suis un de tes fils éloignés qui te regarde du dehors et de loin – de ce pays de France où tant de tes enfants vivent aujourd’hui. Je te regarde avec mes yeux sévères de philosophe nourri depuis son enfance par le taçawwuf (soufisme) et par la pensée occidentale. Je te regarde donc à partir de ma position de barzakh, d’isthme entre les deux mers de l’Orient et de l’Occident.

Et qu’est-ce que je vois ? Qu’est-ce que je vois mieux que d’autres sans doute parce que justement je te regarde de loin, avec le recul de la distance ? Je te vois toi, dans un état de misère et de souffrance qui me rend infiniment triste, mais qui rend encore plus sévère mon jugement de philosophe ! Car je te vois en train d’enfanter un monstre qui prétend se nommer Etat islamique et auquel certains préfèrent donner un nom de démon : DAESH. Mais le pire est que je te vois te perdre – perdre ton temps et ton honneur – dans le refus de reconnaître que ce monstre est né de toi, de tes errances, de tes contradictions, de ton écartèlement entre passé et présent, de ton incapacité trop durable à trouver ta place dans la civilisation humaine.

Que dis-tu en effet face à ce monstre ? Tu cries « Ce n’est pas moi ! », « Ce n’est pas l’islam ! ». Tu refuses que les crimes de ce monstre soient commis en ton nom (hashtag #NotInMyName). Tu t’insurges que le monstre usurpe ton identité, et bien sûr tu as raison de le faire. Il est indispensable qu’à la face du monde tu proclames ainsi, haut et fort, que l’islam dénonce la barbarie. Mais c’est tout à fait insuffisant ! Car tu te réfugies dans le réflexe de l’autodéfense sans assumer aussi et surtout la responsabilité de l’autocritique. Tu te contentes de t’indigner alors que ce moment aurait été une occasion historique de te remettre en question ! Et tu accuses au lieu de prendre ta propre responsabilité : « Arrêtez, vous les occidentaux, et vous tous les ennemis de l’islam de nous associer à ce monstre ! Le terrorisme ce n’est pas l’islam, le vrai islam, le bon islam qui ne veut pas dire la guerre mais la paix ! »

J’entends ce cri de révolte qui monte en toi, ô mon cher monde musulman, et je le comprends. Oui tu as raison, comme chacune des autres grandes inspirations sacrées du monde,  l’islam a créé tout au long de son histoire de la Beauté, de la Justice, du Sens, du Bien, et il a puissamment éclairé l’être humain sur le chemin du mystère de l’existence… Je me bats ici en Occident, dans chacun de mes livres, pour que cette sagesse de l’islam et de toutes les religions ne soit pas oubliée ni méprisée ! Mais de ma position lointaine je vois aussi autre chose que tu ne sais pas voir… Et cela m’inspire une question – LA grande question : pourquoi ce monstre t’a-t-il volé ton visage ? Pourquoi ce monstre ignoble a-t-il choisi ton visage et pas un autre ? C’est qu’en réalité derrière ce monstre se cache un immense problème, que tu ne sembles pas prêt à regarder en face. Il faudra bien pourtant que tu finisses par en avoir le courage.

Ce problème est celui des racines du mal. D’où viennent les crimes de ce soi-disant « Etat islamique » ? Je vais te le dire, mon ami. Et cela ne va pas te faire plaisir, mais c’est mon devoir de philosophe. Les racines de ce mal qui te vole aujourd’hui ton visage sont en toi-même, le monstre est sorti de ton propre ventre – et il en surgira autant d’autres monstres pires encore que celui-ci tant que tu tarderas à admettre ta maladie, pour attaquer enfin cette racine du mal !

Même les intellectuels occidentaux ont de la difficulté à le voir : pour la plupart ils ont tellement oublié ce qu’est la puissance de la religion – en bien et en mal, sur la vie et sur la mort – qu’ils me disent « Non le problème du monde musulman n’est pas l’islam, pas la religion, mais la politique, l’histoire, l’économie, etc. ». Ils ne se souviennent plus du tout que la religion peut être le cœur de réacteur d’une civilisation humaine ! Et que l’avenir de l’humanité passera demain non pas seulement par la résolution de la crise financière mais de façon bien plus essentielle par la résolution de la crise spirituelle sans précédent que traverse notre humanité tout entière ! Saurons-nous tous nous rassembler, à l’échelle de la planète, pour affronter ce défi fondamental ? La nature spirituelle de l’homme a horreur du vide, et si elle ne trouve rien de nouveau pour le remplir elle le fera demain avec des religions toujours plus inadaptées au présent – et qui comme l’islam actuellement se mettront alors à produire des monstres.

Je vois en toi, ô monde musulman, des forces immenses prêtes à se lever pour contribuer à cet effort mondial de trouver une vie spirituelle pour le XXIème siècle ! Malgré la gravité de ta maladie, il y a en toi une multitude extraordinaire de femmes et d’hommes qui sont prêts à réformer l’islam, à réinventer son génie au-delà de ses formes historiques et à participer ainsi au renouvellement complet du rapport que l’humanité entretenait jusque là avec ses dieux ! C’est à tous ceux-là, musulmans et non musulmans qui rêvent ensemble de révolution spirituelle, que je me suis adressé dans mes ouvrages ! Pour leur donner, avec mes mots de philosophe, confiance en ce qu’entrevoit leur espérance !

Mais ces musulmanes et ces musulmans qui regardent vers l’avenir ne sont pas encore assez nombreux ni leur parole assez puissante. Tous ceux là, dont je salue la lucidité et le courage, ont parfaitement vu que c’est l’état général de maladie profonde du monde musulman qui explique la naissance des monstres terroristes aux noms de Al Qaida, Al Nostra, AQMI ou « Etat Islamique ». Ils ont bien compris que ce ne sont là que les symptômes les plus visibles sur un immense corps malade, dont les maladies chroniques sont les suivantes : impuissance à instituer des démocraties durables dans lesquelles est reconnue comme droit moral et politique la liberté de conscience vis-à-vis des dogmes de la religion; difficultés chroniques à améliorer la condition des femmes dans le sens de l’égalité, de la responsabilité et de la liberté; impuissance à séparer suffisamment le pouvoir politique de son contrôle par l’autorité de la religion; incapacité à instituer un respect, une tolérance et une véritable reconnaissance du pluralisme religieux et des minorités religieuses.

Tout cela serait-il donc la faute de l’Occident ? Combien de temps précieux vas-tu perdre encore, ô cher monde musulman, avec cette accusation stupide à laquelle toi-même tu ne crois plus, et derrière laquelle tu te caches pour continuer à te mentir à toi-même ? Depuis le XVIIIe siècle en particulier, il est temps de te l’avouer, tu as été incapable de répondre au défi de l’Occident. Soit tu t’es réfugié de façon infantile et mortifère dans le passé, avec la régression obscurantiste du wahhabisme qui continue de faire des ravages presque partout à l’intérieur de tes frontières – un wahhabisme que tu répands à partir de tes lieux saints de l’Arabie Saoudite comme un cancer qui partirait de ton cœur lui-même ! Soit tu as suivi le pire de cet Occident, en produisant comme lui des nationalismes et un modernisme qui est une caricature de modernité – je veux parler notamment de ce développement technologique sans cohérence avec leur archaïsme religieux qui fait de tes « élites » richissimes du Golfe seulement des victimes consentantes de la maladie mondiale qu’est le culte du dieu argent.

Qu’as-tu d’admirable aujourd’hui, mon ami ? Qu’est-ce qui en toi reste digne de susciter le respect des autres peuples et civilisations de la Terre ? Où sont tes sages, et as-tu encore une sagesse à proposer au monde ? Où sont tes grands hommes ? Qui sont tes Mandela, qui sont tes Gandhi, qui sont tes Aung San Suu Kyi ? Où sont tes grands penseurs dont les livres devraient être lus dans le monde entier comme au temps où les mathématiciens et les philosophes arabes ou persans faisaient référence de l’Inde à l’Espagne ? En réalité tu es devenu si faible derrière la certitude que tu affiches toujours au sujet de toi-même… Tu ne sais plus du tout qui tu es ni où tu veux aller, et cela te rend aussi malheureux qu’agressif… Tu t’obstines à ne pas écouter ceux qui t’appellent à changer en te libérant enfin de la domination que tu as offerte à la religion sur la vie toute entière.

Tu as choisi de considérer que Mohammed était prophète et roi. Tu as choisi de définir l’islam comme religion politique, sociale, morale, devant régner comme un tyran aussi bien sur l’Etat que sur la vie civile, aussi bien dans la rue et dans la maison qu’à l’intérieur même de chaque conscience. Tu as choisi de croire et d’imposer que l’islam veut dire soumission alors que le Coran lui-même proclame qu’« Il n’y a pas de contrainte en religion » (La ikraha fi Dîn). Tu as fait de son Appel à la liberté l’empire de la contrainte ! Comment une civilisation peut-elle trahir à ce point son propre texte sacré ?

De nombreuses voix que tu ne veux pas entendre s’élèvent aujourd’hui dans la Oumma pour dénoncer ce tabou d’une religion autoritaire et indiscutable… Au point que trop de croyants ont tellement intériorisé une culture de la soumission à la tradition et aux « maîtres de religion » (imams, muftis, shouyoukhs, etc.) qu’ils ne comprennent même pas qu’on leur parle de liberté spirituelle, ni qu’on leur parle de choix  personnel vis-à-vis des « piliers » de l’islam. Tout cela constitue pour eux une « ligne rouge » si sacrée qu’ils n’osent pas donner à leur propre conscience le droit de le remette en question ! Et il y a tant de familles où cette confusion entre spiritualité et servitude est incrustée dans les esprits dès le plus jeune âge, et où l’éducation spirituelle est d’une telle pauvreté que tout ce qui concerne la religion reste quelque chose qui ne se discute pas !

Or cela de toute évidence n’est pas imposé par le terrorisme de quelques troupes de fous fanatiques embarqués par l’Etat islamique. Non ce problème là est infiniment plus profond ! Mais qui veut l’entendre ? Silence là-dessus dans le monde musulman, et dans les médias occidentaux on n’entend plus que tous ces spécialistes du terrorisme qui aggravent jour après jour la myopie générale ! Il ne faut donc pas que tu t’illusionnes, ô mon ami, en faisant croire que quand on en aura fini avec le terrorisme islamiste l’islam aura réglé ses problèmes ! Car tout ce que je viens d’évoquer – une religion tyrannique, dogmatique, littéraliste, formaliste, machiste, conservatrice, régressive – est trop souvent l’islam ordinaire, l’islam quotidien, qui souffre et fait souffrir trop de consciences, l’islam du passé dépassé, l’islam déformé par tous ceux qui l’instrumentalisent politiquement, l’islam qui finit encore et toujours par étouffer les Printemps arabes et la voix de toutes ses jeunesses qui demandent autre chose. Quand donc vas-tu faire enfin cette révolution qui dans les sociétés et les consciences fera rimer définitivement spiritualité et liberté ?

Bien sûr dans ton immense territoire il y a des îlots de liberté spirituelle : des familles qui transmettent un islam de tolérance, de choix personnel, d’approfondissement spirituel ; des lieux où l’islam donne encore le meilleur de lui-même, une culture du partage, de l’honneur, de la recherche du savoir, et une spiritualité en quête de ce lieu sacré où l’être humain et la réalité ultime qu’on appelle Allâh se rencontrent. Il y a en Terre d’islam, et partout dans les communautés musulmanes du monde, des consciences fortes et libres. Mais elles restent condamnées à vivre leur liberté sans reconnaissance d’un véritable droit, à leurs risques et périls face au contrôle communautaire ou même parfois face à la police religieuse. Jamais pour l’instant le droit de dire « Je choisis mon islam », « J’ai mon propre rapport à l’islam » n’a été reconnu par « l’islam officiel » des dignitaires. Ceux-là au contraire s’acharnent à imposer que « La doctrine de l’islam est unique » et que « L’obéissance aux piliers de l’islam est la seule voie droite » (sirâtou-l-moustaqîm).

Ce refus du droit à la liberté vis-à-vis de la religion est l’une de ces racines du mal dont tu souffres, ô mon cher monde musulman, l’un de ces ventres obscurs où grandissent les monstres que tu fais bondir depuis quelques années au visage effrayé du monde entier. Car cette religion de fer impose à tes sociétés tout entières une violence insoutenable. Elle enferme toujours trop de tes filles et tous tes fils dans la cage d’un Bien et d’un Mal, d’un licite (halâl) et d’un illicite (harâm) que personne ne choisit mais que tout le monde subit. Elle emprisonne les volontés, elle conditionne les esprits, elle empêche ou entrave tout choix de vie personnel. Dans trop de tes contrées tu associes encore la religion et la violence – contre les femmes, les « mauvais croyants », les minorités chrétiennes ou autres, les penseurs et les esprits libres, les rebelles – de sorte que cette religion et cette violence finissent par se confondre, chez les plus déséquilibrés et les plus fragiles de tes fils, dans la monstruosité du jihad !

Alors ne fais plus semblant de t’étonner, je t’en prie, que des démons tels que le soi-disant Etat islamique t’aient pris ton visage ! Les monstres et les démons ne volent que les visages qui sont déjà déformés par trop de grimaces ! Et si tu veux savoir comment ne plus enfanter de tels monstres, je vais te le dire. C’est simple et très difficile à la fois. Il faut que tu commences par réformer toute l’éducation que tu donnes à tes enfants, dans chacune de tes écoles, chacun de tes lieux de savoir et de pouvoir. Que tu les réformes pour les diriger selon des principes universels (même si tu n’es pas le seul à les transgresser ou à persister dans leur ignorance) : la liberté de conscience, la démocratie, la tolérance et le droit de cité pour toute la diversité des visions du monde et des croyances, l’égalité des sexes et l’émancipation des femmes de toute tutelle masculine, la réflexion et la culture critique du religieux dans les universités, la littérature, les médias. Tu ne peux plus reculer, tu ne peux plus faire moins que tout cela ! C’est le seul moyen pour toi de ne plus enfanter de tels monstres, et si tu ne le fais pas tu seras bientôt dévasté par leur puissance de destruction.

Cher monde musulman… Je ne suis qu’un philosophe, et comme d’habitude certains diront que le philosophe est un hérétique. Je ne cherche pourtant qu’à faire resplendir à nouveau la lumière – c’est le nom que tu m’as donné qui me le commande, Abdennour, « Serviteur de la Lumière ». Je n’aurais pas été si sévère dans cette lettre si je ne croyais pas en toi. Comme on dit en français, « Qui aime bien châtie bien ». Et au contraire tous ceux qui aujourd’hui ne sont pas assez sévères avec toi – qui veulent faire de toi une victime – tous ceux-là en réalité ne te rendent pas service ! Je crois en toi, je crois en ta contribution à faire demain de notre planète un univers à la fois plus humain et plus spirituel ! Salâm, que la paix soit sur toi.

 

 


 

 

Le pape François et les 7 dons de l’Esprit Saint (ALETEIA 13/06/2014)

Vous avez aimé la catéchèse du pape François sur les dons de l’Esprit Saint, ou vous voulez simplement la découvrir ? (Re)vivez-la, à travers une sélection d’extraits.

 
Ils sont méconnus comme leur auteur, Le grand Oublié. Esprit SaintEglise catholique, n° 1830).
En y consacrant sept audiences générales, entre le 9 avril et le 11 juin 2014, le pape François, avec son style et son charisme de pasteur, a su les présenter comme des réalités concrètes et utiles, et donner envie aux fidèles de les réclamer à l’Esprit Saint. Extraits de ces catéchèses, où les souvenirs personnels, les images et les expressions qui frappent servent la théologie la plus profonde.
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Sagesse (Aleteia du 09/04/2014) « La sagesse, c’est quand la maman prend son enfant, le gronde doucement et lui explique, avec patience : « on ne fait pas cela, parce que… » ; Ou quand le couple - qui s’est disputé - se dit : « bon, la tempête est passée, faisons la paix… C’est voir toute chose avec les yeux de Dieu, entendre avec Ses oreilles, parler avec Ses mots, aimer avec Son cœur, juger avec Son jugement »
Intelligence (Aleteia du 30/04/2014) « Jésus a voulu nous envoyer l’Esprit Saint pour que nous ayons ce don ; pour que tous, nous puissions comprendre les choses comme Dieu les comprend, avec l’intelligence de Dieu. C’est un beau cadeau que le Seigneur nous a fait à tous. C’est le don avec lequel l’Esprit Saint nous introduit dans l’intimité avec Dieu et nous rend participant au dessein d’amour qu’il a sur nous ».
Conseil (Aleteia du 07/05/2014) « Je me souviens, une fois, j’étais au confessionnal, dans le sanctuaire de Lujàn ; et il y avait une longue file d’attente. Il y avait un jeune homme « tout moderne », avec boucles d’oreilles, tatouages et compagnie… Il était venu pour m’expliquer ce qui lui arrivait. Il avait un gros problème, quelque chose de difficile… Il m’a dit : j’ai tout raconté à ma mère, et ma mère m’a dit : va voir la Sainte Vierge, et elle te dira ce que tu dois faire… Voilà une femme qui avait le don du conseil. Elle ne savait pas comment débrouiller le problème de son fils, mais elle lui a indiqué la bonne route : va voir la Sainte Vierge, et elle te dira quoi faire : c’est cela, le don du conseil. Cette femme humble, simple, a donné à son fils le conseil le plus juste. Ce garçon m’a dit en effet : j’ai regardé la Sainte Vierge, et j’ai senti que je devais faire ceci, ceci et cela. Je n’ai rien ajouté : cette maman et son fils avait tout dit ».
Force (Aleteia du 14/05/2014)) « Par la force, l’Esprit Saint libère le terrain de notre cœur ; il le libère de la torpeur, des incertitudes et de toutes les peurs et obstacles qui peuvent le freiner, pour que la Parole du Seigneur puisse être mise en pratique de façon authentique et joyeuse ». « Quand nous affrontons la vie ordinaire, quand surviennent les difficultés, rappelons-nous ceci : « Je puis tout en celui qui me fortifie (Ph 4,13). Le Seigneur nous donne toujours sa force, elle ne saurait nous manquer. Il ne nous éprouve pas au dessus de nos forces. Il est toujours avec nous. Demandons à l’Esprit Saint de nous donner cette force qui soulève notre cœur ».
Science ( Aleteia du 22/05/2014) « Un jour, j’étais à la campagne, et une personne simple, qui aimait beaucoup les fleurs et les cultivait, m’a dit : « nous devons protéger les belles choses que Dieu nous a données. La création est faite pour nous, pour que nous en profitions bien, et non pour que nous l’exploitions. Parce que Dieu pardonne toujours, l’homme parfois, mais la création ne pardonne jamais : si tu ne la protèges pas, elle te détruira »
 
Piété (Aleteia du 04/06/2014) « Ce don indique notre appartenance à Dieu, et notre lien profond avec lui ; un lien qui donne sens à toute notre vie et qui nous maintient en communion avec Lui, même dans les moments les plus difficiles. Elle est cette amitié avec Dieu que Jésus nous a donné, une amitié qui change notre vie et la remplit d’enthousiasme et de joie. Elle est synonyme d’esprit religieux authentique, de confiance filiale vis-à-vis de Dieu, de cette capacité de le prier avec amour et simplicité qui est le propre des gens humbles de cœur ». « Etre pieux, ce n’est pas fermer les yeux et prendre un air d’image de communion, faire semblant d’être saint. C’être vraiment capable de se réjouir avec celui qui est dans la joie, de pleurer avec celui qui pleure, d’être proche de celui qui est seul et angoissé, de corriger celui qui est dans l’erreur, de consoler celui qui est affligé, d’accueillir et secourir celui qui est dans le besoin ».
Crainte de Dieu (Aleteia du 12/06/201 « La crainte de Dieu ne signifie pas avoir peur de Dieu : nous savons bien que Dieu est Père, qu’il nous aime et veut notre salut, et qu’il nous pardonne toujours, toujours. Nous n’avons donc pas de raison d’avoir peur de Lui ! Elle est au contraire ce don de l’Esprit Saint qui nous rappelle combien nous sommes petits face à Dieu et à son amour ; et que notre bien est de nous abandonner avec humilité, respect et confiance entre ses mains. L’abandon à la bonté de notre Père qui nous aime tant : voilà ce qu’est la crainte de Dieu ». « Le don de la crainte de Dieu est aussi une alarme face à l’obstination dans le péché (…) Je pense à ceux qui fabriquent des armes pour fomenter la guerre. Mais quel métier ! Ces gens là fabriquent la mort, ils sont marchands de mort, ils font commerce de mort. Que la crainte de Dieu leur fasse comprendre qu’un jour, tout finira, et qu’ils devront rendre des comptes à Dieu ».

 


 

Le pain vivant

Jean-François LeFebvre (Notre-Dame de Vie) extrait du journal La Croix du 21 06 2014

«Gagner son pain »… « Manger son pain blanc »… « Lui retirer le pain de la bouche »… « Du pain et des jeux »… Les expressions familières qui mentionnent le pain ne manquent pas. Même si les habitudes alimentaires ont changé, le pain désigne encore symboliquement la nourriture au sens le plus large du terme. La nourriture fait partie de nos besoins élémentaires. Lorsqu’elle est insuffisante, notre estomac ne manque pas de nous le faire sentir et à long terme, c’est notre physionomie qui peut changer.

Et notre nourriture spirituelle ? La considérons-nous comme un besoin nécessaire à notre survie ? Nous n’avons pas d’estomac spirituel pour crier famine et nous avertir d’un manque qui mettrait en péril notre santé. Pourtant, des signaux peuvent nous alerter : la lassitude, la fièvre dans l’action, le manque de zèle à annoncer l’Évangile, la tiédeur dans l’amour du prochain et la routine dans la prière. Notre physionomie spirituelle change, notre visage taciturne n’est plus le reflet de la lumière qui devrait nous habiter…

Jésus aujourd’hui est formel : le pain vivant nous est indispensable pour la vie éternelle qui commence dès ici-bas lorsque nous connaissons et aimons Dieu, l’Éternel. Et le pain vivant c’est lui, Jésus en personne, dont il faut manger la chair et boire le sang. Comment comprendre ces paroles qui firent fuir bon nombre de ses disciples tant elles paraissaient inacceptables ?

La sagesse des anciens l’avait déjà reconnu depuis bien longtemps : « Les propos du juste nourrissent la multitude » (Pr 10, 21). De tout temps des maîtres ont guidé des disciples en quête de sens pour leur vie. Plus simplement, des personnes de bon conseil, cachées au milieu de nous, nourrissent notre faim de sagesse par leur hauteur de vue et leur absence de parti pris. Le bon sens, la droiture, alliés à la générosité d’un don de soi gratuit leur donne une sorte d’autorité naturelle. On vient spontanément à eux pour se nourrir de leur humanité rayonnante.

Mais il en faut plus encore pour nous rassasier. La Sagesse de Dieu se donne elle-même en nourriture à l’homme affamé en criant : «  Venez, mangez de mon pain, buvez le vin que j’ai préparé. Quittez l’étourderie et vous vivrez, prenez le chemin de l’intelligence » (Pr 9, 5-6).

En Jésus, la Sagesse de Dieu vient à nous. Dans l’Eucharistie, le Christ se donne en nourriture sur la table de la Parole et du Pain. L’une ne va pas sans l’autre. C’est le même qui enseignait la foule et qui multipliait les pains avant de la renvoyer, le même qui expliquait l’Écriture aux pèlerins d’Emmaüs et qui rompait le pain pour eux. Dans sa charité concrète, besoins du corps et besoins du cœur sont inséparables.

Pain vivant, il nous transmet la vie par le contact de sa chair avec notre chair parce que nous sommes corps et esprit. C’est notre corps qui reçoit la chair crucifiée et transfigurée du Christ. La communion devient ainsi pour nous un gage de la résurrection future : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. »

La présence de l’hostie consacrée en nous est de courte durée mais elle fait grandir une communion avec le Christ qui s’inscrit dans les profondeurs de notre être : « Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi je demeure en lui. » Lorsqu’il demeure en chacun de nous, unique pain qui nourrit la multitude, il fait l’unité entre nous dans le même Esprit.

Celui qui fait en nous sa demeure est celui qui se donne par amour jusqu’au sacrifice de sa vie. Par le don de son Esprit, il nourrit en nous cette capacité de nous donner, nous aussi, jusqu’au sacrifice de notre vie, dans la charité concrète pour nos frères, dès la sortie de la célébration.

Seule nourriture capable de nous donner la lumière et de fortifier l’amour en nous, le pain vivant est indispensable à notre santé spirituelle.

La présence de l’hostie consacrée en nous est de courte durée mais elle fait grandir une communion avec le Christ qui s’inscrit dans les profondeurs de notre être.

 

 


 

Franc-maçonnerie : Quelle attitude pour les catholiques ?

Clairvoyance et charité, dialogue sans connivence et espérance…Pour l’Église, ce sont les clefs des relations entre les catholiques et les francs-maçons.

Élisabeth de Baudoüin ALETIA 07/04/2014

L’appartenance à une loge maçonnique ou la proximité avec la Franc-maçonnerie de nombreuses personnalités politiques (le nouveau premier ministre, Manuel Valls, fut initié au Grand Orient de France, avant de s’en éloigner) pose une nouvelle fois la question des relations entre les « fils de la veuve » et ceux de l’Eglise. Quelle doit-être l’attitude des catholiques ? Entre naïveté et agressivité, complaisance et rejet, il y a une troisième voie, faite de clairvoyance et de charité, sur fond de dialogue sans connivence. C’est la voie promue aujourd’hui par les responsables de l’Eglise.

Clairvoyance entretenue
La condamnation par l’Eglise des idées portées par la franc-maçonnerie assortie de l’interdiction pour un catholique de s’y affilier, est sans équivoque, elle l’a toujours été et elle le reste (cf. « Les enseignements originaux des papes sur la Franc-maçonnerie, de 1717 à nos jours », éditions Téqui). Le texte le plus récent qui fait autorité  en la matière est la déclaration de la Congrégation pour la doctrine de la foi du 26 novembre 1983 (époque où le cardinal Ratzinger en était le préfet). Ce texte, approuvé par Jean Paul II,  affirme que : « Le jugement négatif de l’Église sur la franc-maçonnerie demeure inchangé. Les catholiques qui en font partie sont en état de péché grave et ne peuvent approcher de la sainte communion ». La formule du pape Léon XIII (1892) aux évêques d’Italie : « s’agréger avec l’une, c’est divorcer d’avec l’autre » - est toujours d’actualité.

Si l’Eglise condamne la Franc-maçonnerie, c’est parce que ses principes ne sont pas compatibles avec la foi catholique. La vision du monde, le concept de vérité et l’idée de Dieu des deux institutions sont en effet antinomiques. Le relativisme doctrinal prôné par la Franc-maçonnerie, avec ses implications en matière de morale, celle-ci devenant contingente et évolutive, exclut notamment l’appartenance conjointe à l’une et à l’autre ( pour en savoir plus : « Peut-on être chrétien et franc-maçon » de Mgr Rey, Ed Salvator, ou « Catholique et franc-maçon, est-ce possible » de Maurice Caillet ou son blog : et aussi l’interview de Mgr Brincard par RCF-le Puy ).

Pour Mgr Brincard, « l’ignorance [étant] le plus grand ennemi de la foi », chaque catholique est invité à « approfondir sans cesse la foi chrétienne », afin de rester clairvoyant. Une clairvoyance qui consiste par ailleurs, ni à exagérer l’influence de la Franc-maçonnerie, ni à la sous-estimer.

Charité envers l’adversaire
Cela étant rappelé, l’Eglise invite aujourd’hui à en en finir avec la diabolisation, les insultes et les anathèmes. Parce que cette attitude mène à tout sauf à la paix, et qu’il faut toujours faire la différence entre l’erreur et celui qui la professe, comme entre le péché et  le pécheur (que nous sommes tous, comme le rappelle si souvent le pape François).  Il faut distinguer entre les idées et les personnes, explique Mgr Brincard : « Il arrive que les hommes soient bien meilleurs que les doctrines auxquelles ils adhèrent. Il faut s’en souvenir quand nous rencontrons des francs-maçons ». De son côté, Mgr Rey souligne : « Il ne faut pas  diaboliser [les francs-maçons]. Parmi eux, il se trouve beaucoup de personnes intègres, généreuses, qualifiées, attachées au service du bien commun et à un humanisme authentique ».
Pour le chrétien, la charité prend sa source dans le mystère de la Trinité, qui fait de tous les hommes les fils d’un même Père, tous frères en Jésus Christ. Le Christ invite tout homme à une conversion permanente de son regard sur l’autre, qui doit être considéré, même s’il est objectivement un adversaire ou un ennemi, comme un frère à aimer (Matthieu 5). Cela vaut  bien sûr pour le regard porté sur les francs-maçons.

Dialogue sans connivence
Entre 1974 et 1980, des conversations ont eu lieu entre l’Eglise catholique allemande et les grandes loges unies d’Allemagne. De la part de l’Eglise, la démarche s’appuyait sur le concile Vatican II, qui encourageait au dialogue avec tout homme « de bonne volonté », quelle que soit sa croyance. Ces conversations, qui se sont déroulées dans un climat d’ouverture et de respect de part et d’autre, n’ont pas modifié la position de l’Eglise. Mais elles auront aidé au « changement de ton », dans la relation entre les deux institutions.
Ce n’est pas le pape François qui s’opposera au dialogue entre les chrétiens et les francs-maçons, lui qui invite en permanence à la « culture de la rencontre et du dialogue », entre les instances mais plus encore entre les personnes. Cette culture fait tomber le mur de la peur, qui engendre souvent la haine.
Pour Mgr Brincard, du côté chrétien, le dialogue doit se faire en « prenant appui sur Jésus Christ, lui seul capable de changer les cœurs ». Il ne peut faire l’économie de la prière. « Priez pour vos ennemis » dit le Christ. Les catholiques de France ont aujourd’hui quelques raisons de se sentir concernés par cette injonction.

Le tout guidé par l’espérance
En 1936, Marthe Robin déclarait au Père Finet que « parmi les erreurs qui allaient sombrer, il y aurait le communisme, le laicisme et la franc-maçonnerie » (cf. « Prends ma vie, Seigneur », de Raymond Perret, Ed Desclée de Brouwer). Le début de réalisation de cette prophétie donne aux chrétiens des raisons de « ne pas se laisser voler l’espérance », comme dit le pape François. Et de ne pas avoir peur, comme y exhortait Jean Paul II.

 

 


 

Témoignage d'André : Dans ma prison, « une lumière apparut »

André Levet, cet ancien gangster est né en 1932, dans une famille « athée » et ce n’est pas à la maison qu’il entendit parler de Dieu. La seconde guerre mondiale frappe la France et André a déjà perdu sa mère lorsque son père est déporté à Auschwitz. Il n’a pas dix ans ! Recueilli dans une ferme des Pyrénées, il y a reçu « plus de coups de pieds au cul que de caresses », selon ses propres mots. Son père libéré en 1945 tente un remariage qu’André n’accepte pas. A 13 ans, il fuit... son enfer commence.

Je n’ai pas accepté ma nouvelle belle-mère et je me suis enfui à Marseille à l’âge de 13 ans, couchant dans les rues et déchargeant des camions.

A cette époque, la police m’arrêta et me mit en prison, aux Baumettes, en attendant de me rendre à ma famille. Au contact des autres prisonniers, je suis devenu un petit délinquant, apprenant toutes les ficelles du « métier ».Une fois rendu à mes parents, je me suis à nouveau enfui, et j’ai commencé une carrière de délinquant. A 15 ans j’ai été arrêté pour une attaque à main armée, et mis en prison jusqu’à ma majorité. A 18 ans, on avait la possibilité de s’engager pour faire la guerre d’Indochine, ce que j’ai fait pour éviter la prison. J’ai été blessé et rapatrié en France.

Je me lance dans « les affaires »

Après cela, fort de mes expériences militaires et carcérales, je suis devenu le chef d’une bande de gangsters, spécialisée dans le braquage des banques.

Un jour, alors que j’étais venu à Laval pour une « affaire », j’ai aperçu un curé en robe, de l’autre côté de la route. Je suis allé vers lui et, n’en ayant jamais vu auparavant, je lui ai demandé s’il était un homme ou une femme. Il m’a répondu : « je suis un serviteur de Dieu ». Dieu, c’est mon patron ! Je lui ai dit : « ton Dieu, où il est ? On ne le voit pas ». Il a répliqué : « je vois que tu ne connais pas Dieu, mais si un jour tu as du temps, viens en discuter avec moi, 12 bis rue de Solférino ». Je n’ai jamais oublié cette adresse.

Plusieurs mois après, alors que j’étais de passage à Laval pour une autre « affaire », je suis tombé par hasard dans cette rue. Je suis allé voir le curé, il était là et m’a dit : « je t’attendais ». Ce curé est devenu mon ami, il me donnait des conseils, que je ne suivais pas, et chaque fois qu’il me parlait de Dieu, je lui disais : « laisse ton Dieu où il est ». Quelque temps plus tard, je me trouvais à Rennes pour attaquer une banque. Là, l’affaire a mal tourné, mon copain a été tué et j’ai été arrêté. Je me suis évadé, j’ai gagné l’Amérique du sud où j’ai organisé un trafic de drogue...

3 fois évadé 3 fois repris

Revenu en France, je suis arrêté de nouveau, pour m’évader encore. 3 fois évadé, 3 fois repris. Toutes mes affaires vont me valoir 120 ans de prison, s’il fallait tout cumuler. On me transfert à Clairvaux dans la prison des durs et avec des copains je vais tenter une évasion en creusant un tunnel, comme dans le film « la grande vadrouille ». L’évasion a failli réussir, mais nous avons été repris. J’ai encore tenté une autre évasion, seul, en crochetant un gardien avec une arme. Là encore je me suis fait prendre. Ils ont décidé de m’envoyer à Château Thierry. Le directeur m’a reçu avec ces paroles : « ici, tu marches ou tu crèves ! » J’ai répondu en lui balançant le bureau sur la tête. Ils m’ont mis dans une toute petite cellule avec un lit scellé. Mon curé ne m’a pas abandonné, il m’a envoyé une lettre par mois ou de temps en temps il me parlait de Dieu me disant qu’il était bon. Je lui ai répondu : « si ton Dieu est bon, pourquoi faut il qu’il y ait tant de guerres, de misère, pourquoi certains crèvent de faim alors que d’autres ont trop ? Pourquoi certains ont plusieurs maisons alors que d’autres n’en ont pas ? »

Le curé m’a répondu : « André, c’est toi le responsable ». Quoi ? Moi ? Je voulais bien être responsable des braquages, mais pas de la misère du monde ! Et puis un jour, le curé m’a envoyé un gros bouquin en me disant : « André, ce bouquin tu pourras le lire tout le temps, même après ta mort, en commençant par n’importe quelle page ». Le gardien me l’a apporté en me disant : « c’est bien ce bouquin, tu devrais le lire, tu pourras même l’emporter au cachot ».  « Ca parle de quoi ? »  « Du bon Dieu », il me répond. « Quoi ! C’est pas vrai ! il m’a ramené son bon Dieu dans ma cellule ! »

Mon curé m’écrivait tout le temps, en me suppliant de lire le livre. Je commence à lire la Bible.

Alors, pour lui faire plaisir, en 10 ans je l’ai ouvert 9 fois. J’ai commencé par lire les noces de Cana, où Jésus change l’eau en vin. J’ai tourné le robinet de mon lavabo en disant : « mec, fais couler du vin ! » Ca n’a pas marché. Je l’ai écrit au curé en disant : « ton bouquin, ça ne marche pas ». Mon curé m’a répondu : « André tu lis de travers, persévère ». J’ai lu l’histoire de la Samaritaine, l’histoire de la résurrection de Lazare. Avec cette histoire j’ai été révolté, je ne pouvais pas la croire, et mon copain qui s’est fait descendre par les flics, il n’est pas ressuscité lui ? Puis j’ai repris la lecture, longtemps après, et j’ai lu combien Jésus avait fait de bien aux gens et combien ils l’avaient maltraité, ils lui avaient craché dessus, ils l’avaient fouetté, injurié, puis cloué sur une croix. J’étais révolté je ne comprenais pas pourquoi on faisait autant de mal à quelqu’un qui faisait autant de bien.

Rendez vous à 2 heures du matin

J’abandonnais la lecture et je cherchais toujours à m’évader. J’attendais une arme et une lime, mais ces objets ont été interceptés. Il ne me restait plus aucun espoir, alors en désespoir de cause j’ai fait appel à Jésus. Je lui ai dit : si tu existes je te donne un rancart. Viens cette nuit à 2 heures du matin dans ma cellule et tu m’aideras à m’évader.

Je me suis endormi cette nuit là et d’un coup au milieu de la nuit j’ai été réveillé. Prêt à bondir, j’ai senti une présence dans ma cellule, mais je ne voyais personne. Puis j’ai entendu une voix claire et forte à l’intérieur de moi : "André, il est 2h du matin, on a rendez-vous." J’appelais le gardien en criant : c’est toi qui m’appelle ? Non me dit il.  "Quelle heure est-il", demandais je ?  "2 heures." "2 heures combien ?" "2 heures pile", me répondit le gardien.

Puis la voix se fit entendre à nouveau : "Ne sois pas incrédule, je suis ton Dieu, le Dieu de tous les hommes." Mais je ne te vois pas ! répondis-je.

A ce moment là, vers les barreaux de la lucarne une lumière apparut. Et dans cette lumière, un homme avec les mains et les pieds percés et un trou au côté droit. Il me dit : "C’est aussi pour toi." A ce moment là ,les écailles de mes yeux, lourdes de 37 ans de péché, sont tombées et j’ai vu toute ma misère et toute ma méchanceté. Je suis tombé à genoux et suis resté dans cette position jusqu’à 7 heures du matin. J’ai pleuré devant Dieu et tout le mal est sorti de moi. J’ai compris que pendant 37 ans j’avais enfoncé les clous dans ses mains et dans ses pieds.

A 7 heures les gardiens m’ont ouvert, ils m’ont vu à genoux et pleurant, je leur dis : Je ne vous cracherais plus dessus, je ne frapperais plus personne, je ne volerais plus personne, car chaque fois que je le ferais c’est à Jésus que je le ferais. Les gardiens ont été surpris, ils ont cru dans un premier temps à une ruse de ma part. Puis rapidement, ils ont compris que j’avais totalement changé.

Plusieurs détenus ont été interpellés et ont pu eux aussi rencontrer ce Dieu merveilleux et changer de vie.

Je suis maintenant libéré, ma vie a totalement changé et je passe tout mon temps à parler aux autres de l’amour de ce Dieu."

Source : http://viechretienne.catholique.org 

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L'Amour conjugal à évangéliser (La Croix du 22/02/2014)

ALEX ET MAUD LAURIOT PRÉVOST

 

Depuis son élection, le pape François est habité par un très grand zèle missionnaire auquel il veut associer toute l’Église. À cette fin, il s’investit auprès de tous : il stimule les courageux, il réveille les endormis, il bouscule l’entre-soi ecclésial, il dénonce la mondanité et le cléricalisme, il vilipende les tièdes ou les pisse-vinaigre qui «contredisent l’Évangile et ne sont plus habités par la joie de croire et d’évangéliser».

 

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L'or, l'encens et la myrrhe (La Croix 4/1/14)

 P ourquoi l’Évangile de Matthieu fait-il allusion à ces trois présents ? Les cadeaux apportés par les Mages peuvent s’expliquer par référence au Livre d’Isaïe : «Debout (…) elle est venue, ta lumière (…) Les nations marcheront vers ta lumière, et les rois, vers la clarté de ton aurore. (…) Tous les gens de Saba viendront, apportant l’or et l’encens ; ils annonceront les exploits du Seigneur» (Is 60, 1-6). Matthieu, sans reprendre la citation, signie que Jésus est bien ce nouveau Messie attendu, et l’offrande des parfums est celle de toutes les nations à ce «roi» nouveau-né.             

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Qu’est-ce que l’espérance ? 

C’est, nous dit le Catéchisme, « la vertu théologale par laquelle nous désirons comme notre bonheur le Royaume des cieux et la vie éternelle, en mettant notre confiance dans les promesses du Christ et en prenant appui, non sur nos forces, mais sur le secours de la grâce du Saint-Esprit » (§ 1 817).

Voilà une définition qui peut paraître bien compliquée et loin de notre vie quotidienne ! Pourtant, ce don de Dieu répond à l’aspiration la plus universelle, celle qui est au cœur de tout homme, et qu’il poursuit vaille que vaille tout au long de sa vie : être heureux.

L’Avent nous invite à entrer dans l’espérance. Toute la liturgie de l’Avent nous répète que nous sommes appelés à être heureux et que Jésus est justement venu nous délivrer de ce qui nous empêchait de prendre part au bonheur même de Dieu. L’Avent, comme le temps de Noël, est profondément joyeux.

Le temps de la joie

« La joie de Noël, c’est bon pour les enfants », pensent beaucoup d’adolescents et d’adultes blasés, blessés, brisés par les difficultés, la solitude, les désillusions de toutes sortes. Mais de quelle joie parle-t-on ? La fierté d’aller à la messe en pleine nuit comme les grands, le plaisir de découvrir des jouets neufs, l’émerveillement devant la crèche illuminée sont, peut-être, des privilèges de l’enfance.

Mais la joie de Noël, la vraie, n’est pas là : voilà ce que nous apprend l’espérance. Notre joie, c’est de savoir que le Seigneur veut à ce point notre bonheur que, pour nous le donner, il s’est fait petit enfant. Notre joie, c’est d’être certains de pouvoir compter sur lui à chaque instant. « La petite fille Espérance » est la vertu des petits qui osent s’abandonner à l’amour du Père.

Une joie au-delà des péchés et des doutes

Maintenant, là où vous en êtes de votre vie chrétienne, avec les difficultés qui sont les vôtres, avec vos péchés et vos doutes, vous pouvez vraiment vous appuyer sur le Seigneur. Totalement et sans réserve. Vous pouvez remettre toute préoccupation entre ses mains : ce chagrin d’avoir à passer Noël dans la solitude ou le deuil, ces soucis dus aux divisions qui déchirent votre famille, votre enfant ou votre époux gravement malade, votre déception de ne pouvoir gâter vos enfants à cause du chômage… Vous pouvez vraiment tout Lui donner, comme un petit enfant dépose ce qui l’encombre entre les mains de son père et ne s’en tracasse plus.

L’espérance est don de Dieu : comme ses deux « sœurs aînées », la foi et la charité, elle nous est donnée par lui « pour nous rendre capables d’agir comme ses enfants » (§ 1 813). À nous d’accueillir ce don : sinon, il restera comme en germe et ne pourra se déployer dans notre vie. Nous avons reçu l’espérance, vivons-la ! Plus nous la vivrons, plus elle grandira et plus elle portera ses fruits de courage, de paix et de confiante allégresse.

Nous ne pouvons pas chasser les soucis à coup de volonté, mais nous pouvons refuser de les entretenir en les confiant encore et toujours au Seigneur, au lieu de les alimenter en imaginant le pire. Nous ne pouvons pas reprendre courage d’un coup de baguette magique, mais nous pouvons puiser le courage là où il est : en Dieu. Nous ne pouvons pas éliminer la souffrance, mais nous pouvons choisir de la vivre avec Jésus, en nous appuyant sur lui.

Disponibles pour aimer

L’espérance nous dit que Dieu est la source de notre bonheur : ne le cherchons pas ailleurs. En préparant la fête de Noël, remettons les cadeaux, la dinde et autres réjouissances à leur juste place. Il est important que les fêtes liturgiques soient célébrées à travers tout ce qui fait notre vie d’homme : les repas, par exemple. Mais tout ça n’est que secondaire. Il serait paradoxal que cela prenne la première place dans notre emploi du temps et nos préoccupations !

En nous désencombrant de tout souci, l’espérance nous rend disponibles pour aimer. N’est-ce pas la priorité ? Ne laissons pas les futilités prendre le pas sur l’essentiel. Pendant ces jours qui nous séparent de Noël, même si nous avons mille choses à faire, gardons sa vraie place à la prière, et restons disponibles aux autres.

Une dizaine de chapelet égrenée en allant chercher les enfants à l’école, quelques minutes de conversation avec une voisine qui est seule, un moment paisible pour lire l’Évangile en famille autant de « petits riens » qui nous ancrent dans l’espérance.

† *Christine Ponsard † : Rappelée à Dieu à l’âge de 47 ans le 16 février 2004, Christine Ponsard, mère de 3 enfants, ancienne Commissaire nationale éclaireuses des Guides d’Europe, était journaliste et animait des retraites spirituelles pour familles. Elle était responsable notamment de la rubrique La foi en famille de l'hebdomadaire « Famille Chrétienne » qu’elle anima jusqu’à sa mort, chaque semaine, pendant 17 ans. Son rayonnement considérable auprès des familles, des personnes souffrantes, des prêtres...perdure à travers ses écrits -ses chroniques de Famille Chrétienne et ses nombreux livres pour les petits et les grands parus aux éditions Mame et Edifa/Mame, et éditions des Béatitudes

 

 


 

La première exhortation apostolique du Pape vise le cœur de la vie chrétienne et de l'évangélisation.

En voici la synthèse ci-dessous.

Le livre complet est disponible ici



"Evangelii Gaudium", La joie de l’Evangile : c’est le titre de la première exhortation apostolique du Pape François, sur l'annonce de l'Evangile au monde actuel. Un texte très personnel du pape François. Il y dévoile sa conception de l’évangélisation, ainsi que les lignes directrices de son pontificat.


+ VOICI UNE SYNTHESE DU LIVRE : LA JOIE DE L'EVANGILE

« La joie de l’Évangile remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus» :
c’est par ces mots que s’ouvre l’Exhortation apostolique « Evangelii Gaudium » dans laquelle le Pape François développe le thème de l’annonce de l’Evangile dans le monde actuel, en se basant, entre autres, sur la contribution offerte par les travaux du Synode qui s’est déroulé au Vatican du 7 au 28 octobre 2012 sur le thème « La nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne».


« Je désire – écrit le Pape - m’adresser aux fidèles chrétiens, pour les inviter à une nouvelle étape évangélisatrice marquée par cette joie et indiquer des voies pour la marche de l’Église dans les prochaines années » (1). Il s’agit d’un appel vibrant à tous les baptisés afin que, avec une ferveur et un dynamisme nouveaux, ils portent à leurs prochains l’amour de Jésus dans un « état permanent de mission » (25), en évitant « le grand risque du monde d’aujourd’hui » : celui de tomber dans « une tristesse individualiste » (2).

Le Pape invite à « retrouver la fraîcheur originale de l’Evangile », en cherchant « de nouvelles voies » et « des méthodes créatives », et à ne pas enfermer Jésus dans nos « schémas ennuyeux » (11). Il faut une « conversion pastorale et missionnaire, qui ne peut laisser les choses comme elles sont » (25) et une « réforme des structures » ecclésiales pour les rendre plus missionnaires (27).

Le Souverain Pontife pense aussi à une « conversion de la papauté » pour qu’elle soit « plus fidèle à la signification que Jésus Christ entend lui donner et aux besoins actuels de l’évangélisation ». Le souhait que les Conférences épiscopales puissent offrir leur contribution afin que « le sentiment collégial se réalise concrètement » - affirme-t-il – « ne s’est pas pleinement réalisé » (32). Il est nécessaire de procéder à une « décentralisation salutaire » (16). Dans ce processus de renouveau, il ne faut pas avoir peur de réviser certaines coutumes de l’Eglise qui ne sont pas « directement liées au cœur de l’Evangile… certains usages s’étant très enracinés dans le cours de l’histoire » (43).

Nos églises doivent être ouvertes et accueillantes
Pour témoigner de l’accueil de Dieu, il faut « avoir partout des églises avec les portes ouvertes » afin que ceux qui cherchent ne rencontrent pas « la froideur d’une porte close ». « Même les portes des sacrements ne devraient pas se fermer pour n’importe quelle raison ». Ainsi, l’Eucharistie « n’est pas un prix destiné aux parfaits, mais un généreux remède et un aliment pour les faibles. Ces convictions ont aussi des conséquences pastorales que nous sommes appelés à considérer avec prudence et audace » (47).


Le Pape réaffirme qu’il préfère une Eglise « accidentée, blessée et sale pour être sortie dans la rue, plutôt qu’une Eglise malade de la fermeture et du confort de s’accrocher à ses propres sécurités. Je ne veux pas une Église préoccupée d’être le centre et qui finit renfermée dans un enchevêtrement de fixations et de procédures. Si quelque chose doit saintement nous préoccuper … c’est que tant de nos frères vivent » sans l’amitié de Jésus-Christ (49).

Le Pape énonce les tentations auxquelles sont exposés les agents pastoraux :individualisme, crise d’identité, baisse de ferveur (78). « La plus grande menace » c’est « le triste pragmatisme de la vie quotidienne de l’Église, dans lequel apparemment tout arrive normalement, alors qu’en réalité, la foi s’affaiblit » (83). Le Pape exhorte à ne pas se laisser saisir par un « pessimisme stérile » (84) à être des signes d’espérance (86) en réalisant la « révolution de la tendresse » (88). Il faut repousser la « spiritualité du bien-être » qui refuse « les engagements fraternels » (90) et vaincre « la mondanité spirituelle » qui « consiste à rechercher, au lieu de la gloire du Seigneur, la gloire humaine » (93).

Le Pape parle de ceux qui « se sentent supérieurs aux autres » parce qu’ils sont « inébranlablement fidèles à un certain style catholique propre au passé » et qui « au lieu d’évangéliser, analysent et classifient les autres » et de ceux qui manifestent « un soin ostentatoire de la liturgie, de la doctrine ou du prestige de l’Église, mais sans que la réelle insertion de l’Évangile dans le Peuple de Dieu les préoccupe » (95). Il s’agit là « d’une terrible corruption sous l’apparence du bien … Que Dieu nous libère d’une Église mondaine sous des drapés spirituels et pastoraux ! » (97).

Les hommes d'Eglise doivent être vertueux
Le Pape demande aux communautés ecclésiales de ne pas se laisser aller à l’envie et à la jalousie : « A l’intérieur du Peuple de Dieu et dans les diverses communautés, que de guerres ! » (98). « Qui voulons-nous évangéliser avec de tels comportements ? » (100). Il souligne la nécessité d’accroître la responsabilité des laïcs, qui sont maintenus « en marge des décisions » par « un cléricalisme excessif » (102).

Il affirme « qu’il faut encore élargir les espaces pour une présence féminine plus incisive dans l’Église », en particulier « dans les divers lieux où sont prises des décisions importantes » (103). « Les revendications des droits légitimes des femmes … ne peuvent être éludées superficiellement » (104). Les jeunes doivent avoir un rôle plus important (106). Face à la pénurie des vocations dans certaines régions, il affirme qu’on ne peut pas « remplir les séminaires sur la base de n’importe quelles motivations » (107).

Abordant le thème de l’inculturation, le Pape rappelle que « le christianisme n’a pas un seul modèle culturel » et que le visage de l’Eglise est « multiforme » (116). « Nous ne pouvons pas prétendre que tous les peuples de tous les continents, en exprimant la foi chrétienne, imitent les modalités adoptées par les peuples européens à un moment précis de leur histoire » (118). Le Pape réaffirme « la force évangélisatrice de la piété populaire » (122) et encourage la recherche des théologiens en les invitant à viser la finalité évangélisatrice de l’Eglise et à ne pas se contenter « d’une théologie de bureau » (133).

De l'importance des homélies, courtes et imagées
Le Pape s’attarde « avec soin sur les homélies » parce que « nous ne pouvons pas rester sourds aux nombreuses réclamations concernant cet important ministère » (135). Les homélies « doivent être brèves et éviter de ressembler à une conférence ou à un cours » (138), elles doivent savoir dire « des paroles qui font brûler les cœurs », et surtout ne pas se limiter à faire la morale et à vouloir endoctriner (142). Les homélies, il faut les préparer : « Un prédicateur qui ne se prépare pas n’est pas “spirituel”, il est malhonnête et irresponsable envers les dons qu’il a reçus » (145). « Une bonne homélie… doit contenir une idée, un sentiment, une image » (157). La prédication doit être positive, offrir toujours l’espérance et ne pas laisser les fidèles « prisonniers de la négativité » (159). L’annonce de l’Evangile elle-même doit avoir des connotations positives : « proximité, ouverture au dialogue, patience, accueil cordial qui ne condamne pas » (165).


Le système économique, profondément injuste
Evoquant les défis du monde contemporain, le Pape dénonce le système économique actuel : « il est injuste à sa racine » (59). « C’est une économie qui tue » parce que c’est la « loi du plus fort » qui prévaut. La culture actuelle du déchet a engendré « quelque chose de nouveau » : « Les exclus ne sont pas des ‘exploités’, mais des déchets, ‘des restes’ » (53). Nous vivons « une tyrannie invisible, parfois virtuelle, qui impose ses lois et ses règles, de façon unilatérale et implacable », un « marché divinisé » où règnent « la spéculation financière », « une corruption ramifiée », « une évasion fiscale égoïste » (56). Le Pape dénonce les « atteintes à la liberté religieuse » et les « nouvelles situations de persécution des chrétiens… Dans de nombreux endroits, il s’agit plutôt d’une indifférence relativiste diffuse » (61). La famille – poursuit le Pape – « traverse une crise culturelle profonde ». Réaffirmant « la contribution indispensable du mariage à la société » (66) il souligne que « L’individualisme postmoderne et mondialisé favorise un style de vie qui affaiblit le développement et la stabilité des liens entre les personnes, et qui dénature les liens familiaux » (67).


Une Eglise au coeur de la société, pour le bien des hommes
Le Pape réaffirme par ailleurs « la connexion intime entre évangélisation et promotion humaine » (178) et le droit des Pasteurs « d’émettre des opinions sur tout ce qui concerne la vie des personnes » (182). « Personne ne peut exiger de nous que nous reléguions la religion dans la secrète intimité des personnes, sans aucune influence sur la vie sociale et nationale ». Il cite Benoît XVI lorsqu’il affirme que l’Eglise « « ne peut ni ne doit rester à l’écart dans la lutte pour la justice » (183). Pour l’Eglise, l’option pour les pauvres est une catégorie « théologique » avant d’être sociologique. « Pour cette raison, je désire une Église pauvre pour les pauvres. Ils ont beaucoup à nous enseigner » (198). « Tant que ne seront pas résolus radicalement les problèmes des pauvres … les problèmes du monde ne seront pas résolus » (202). « La politique tant dénigrée - affirme-t-il encore - est … une des formes les plus précieuses de la charité ». « Je prie le Seigneur qu’il nous offre davantage d’hommes politiques qui aient vraiment à cœur la vie des pauvres ! ». (205) Puis cet avertissement : Toute communauté de l’Eglise qui oublie les pauvres « court aussi le risque de la dissolution » (207).


Protéger tous les plus faibles
Le Pape exhorte à prendre soin des plus faibles : « les sans-abris, les toxicomanes, les réfugiés, les populations indigènes, les personnes âgées toujours plus seules et abandonnées » et les migrants et il encourage les nations « à une généreuse ouverture » (210). Il évoque les victimes de la traite et des nouvelles formes d’esclavage : « Ce crime mafieux et aberrant est implanté dans nos villes, et beaucoup ont les mains qui ruissellent de sang à cause d’une complicité confortable et muette » (211). « Doublement pauvres sont les femmes qui souffrent des situations d’exclusion, de maltraitance et de violence » (212). « Parmi les faibles dont l’Eglise veut prendre soin avec prédilection » il y a « aussi les enfants à naître, qui sont les plus sans défense et innocents de tous, auxquels on veut nier aujourd’hui la dignité humaine » (213). « On ne doit pas s’attendre à ce que l’Église change de position sur cette question… Ce n’est pas un progrès de prétendre résoudre les problèmes en éliminant une vie humaine » (214). Suit un appel au respect de toute la création : « nous sommes appelés à prendre soin de la fragilité du peuple et du monde dans lequel nous vivons » (216).


La vraie paix est faite de justice
En ce qui concerne le thème de la paix, le Pape affirme qu’il faut des voix prophétiques car certains veulent instaurer une fausse paix « qui servirait d’excuse pour justifier une organisation sociale qui réduit au silence ou tranquillise les plus pauvres, de manière à ce que ceux qui jouissent des plus grands bénéfices puissent conserver leur style de vie » (218).

Pour la construction d’une société bénéficiant de la paix, de la justice et de la fraternité, le Pape indique quatre principes (221) : « le temps est supérieur à l’espace » (222) cela veut dire « travailler à long terme, sans être obsédé par les résultats immédiats » (223). « L’unité prévaut sur le conflit » (226) cela veut dire œuvrer afin que les oppositions parviennent à une « unité multiforme qui puisse engendrer une nouvelle vie » (228). « La réalité est plus importante que l’idée » (231) cela veut dire éviter que la politique et la foi se réduisent à la rhétorique (232). « Le tout est supérieur à la partie » cela veut dire mettre ensemble globalisation et localisation (234).

Se frotter aux autres réalités, politiques, sociales, religieuses et culturelles
« L’évangélisation – poursuit le Pape – implique aussi un chemin de dialogue » qui permette à l’Eglise de collaborer avec toutes les réalités politiques, sociales, religieuses et culturelles (238). L’œcuménisme est « un chemin incontournable de l’évangélisation ». L’enrichissement réciproque est important : « Nous pouvons apprendre tant de choses les uns des autres ! », par exemple « dans le dialogue avec les frères orthodoxes, nous les catholiques, nous avons la possibilité d’apprendre quelque chose de plus sur le sens de la collégialité épiscopale et sur l’expérience de la synodalité » (246) ; « le dialogue et l’amitié avec les fils d’Israël font partie de la vie des disciples de Jésus » (248) ; « le dialogue interreligieux », qui doit être mené « avec une identité claire et joyeuse », est « une condition nécessaire pour la paix dans le monde » et il n’éclipse pas l’évangélisation (250-251) ; « La relation avec les croyants de l’Islam acquiert à notre époque une grande importance » (252) : le Pape implore « humblement » les pays de tradition musulmane d’assurer la liberté religieuse aux chrétiens, « prenant en compte la liberté dont les croyants de l’Islam jouissent dans les pays occidentaux ! Face aux épisodes de fondamentalisme violent qui nous inquiètent, l’affection envers les vrais croyants de l’Islam doit nous porter à éviter d’odieuses généralisations, parce que le véritable Islam et une adéquate interprétation du Coran s’opposent à toute violence » (253). Et contre la tentative de privatiser les religions dans certains contextes, il affirme que « le respect dû aux minorités agnostiques et non croyantes ne doit pas s’imposer de manière arbitraire qui fasse taire les convictions des majorités croyantes ni ignorer la richesse des traditions religieuses » (255). Le Pape réaffirme l’importance du dialogue et de l’alliance entre croyants et non-croyants (257).

Le dernier chapitre est consacré aux évangélisateurs avec esprit, « ceux qui s’ouvrent sans crainte à l’action de l’Esprit Saint » qui « infuse la force pour annoncer la nouveauté de l’Évangile avec audace, (parresia), à voix haute, en tout temps et en tout lieu, même à contre-courant » (259). Ces « évangélisateurs prient et travaillent » (262), en sachant que « La mission est une passion pour Jésus mais, en même temps, une passion pour son peuple » (268) :
« Jésus veut que nous touchions la misère humaine, la chair souffrante des autres » (270). « Dans notre rapport avec le monde – précise-t-il – nous sommes invités à rendre compte de notre espérance, mais non pas comme des ennemis qui montrent du doigt et condamnent » (271). Pour être missionnaires, il faut chercher le bien du prochain et désirer le bonheur des autres (272) : « si je réussis à aider une seule personne à vivre mieux, cela justifie déjà le don de ma vie » (274).

Le Pape invite à ne pas se décourager face aux échecs ou aux faibles résultats parce que la « fécondité est souvent invisible, insaisissable, elle ne peut pas être comptée » ; « Nous savons seulement que notre don de soi est nécessaire » (279).

L’exhortation s’achève par une prière à Marie « Mère de l’Evangélisation ». « Il y a un style marial dans l’activité évangélisatrice de l’Église. Car, chaque fois que nous regardons Marie nous voulons croire en la force révolutionnaire de la tendresse et de l’affection » (288).



En union de prière pour notre pape François !

Thierry Fourchaud


La Bonne Nouvelle
8 rue Roger Lévy - 47180 Sainte Bazeille (France)
Tel : 05.53.20.99.86
www.labonnenouvelle.fr

 


 

 A Nancy les catholiques se forment pour évangéliser leur quartier

  (La Croix 27 11 2013)

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L'ACCOMPAGNEMENT SPIRITUEL : UN SECOND SOUFFLE DANS LA FOI

(extrait - 2 pages - de La Croix du 16/11/2013)

 l-accompagnement-spirituel-un-second-souffle-dans-la-foi-1.pdf l-accompagnement-spirituel-un-second-souffle-dans-la-foi-1.pdf

l-accompagnement-spirituel-un-second-souffle-dans-la-foi-2.pdf l-accompagnement-spirituel-un-second-souffle-dans-la-foi-2.pdf

 


 

 De l'UDAF 13 :  de la théorie du "genre": ETHIQUE SOCIETE ET FAMILLES   

     extrait du site    www.udaf13.fr

pour lire cliquez >>>  udaf-13.jpg udaf-13.jpg

 


 

La sainteté c'est la réussite du projet de Dieu

Mgr Pierre-Marie Carré évêque de Montpellier

(La Croix du 31 10 2013)

 

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L’homélie au centre de la liturgie eucharistique

 

L’Homélie. De la Parole à l’Eucharistie

de Philippe Béguerie

DDB, 168 p., 14,90 €

En dehors du Guide du prédicateur de Paul Guérin et Terence Sutcliffe (1994) et de L’Appel de la Parole de Patrice Vivarès (2000), il n’y a guère d’ouvrages récents d’auteurs francophones consacrés à l’homélie. La petite synthèse, proposée par le P. Philippe Béguerie, prêtre du diocèse de Paris né en 1925 qui a été un temps responsable du CNPL (Centre national de pastorale liturgique), vient donc à point.

Se référant à de nombreux textes du Magistère, depuis la constitution de Vatican II Sacrosanctum Concilium et la Présentation générale du Missel romain qui a suivi jusqu’à la récente exhortation apostolique de Benoît XVI Verbum Domini (2010), mais à deux passages capitaux pour le sujet tirés de l’Évangile de Luc – le discours initial de Jésus à la synagogue de Nazareth et sa rencontre après sa résurrection avec les disciples d’Emmaüs –, l’auteur insiste sur deux points à ses yeux essentiels.

L’homélie est, sans doute, le moment où se manifeste le mieux la dimension prophétique de la liturgie, souligne-t-il en premier lieu, le prophète étant celui qui « fait apparaître le “sens”, qui est tout à la fois “direction, orientation” et “signification” ». La prédication a alors pour rôle de « nous permettre de découvrir comment la Parole de Dieu qui vient d’être proclamée trouve son accomplissement dans notre vie » . Autrement dit, l’homélie « est dévoilement de la présence de Celui qui aujourd’hui comme hier continue de révéler à ses disciples les mystères du Royaume » !

En second lieu, l’homélie, parce qu’elle est située à la charnière entre les deux temps du « sacrifice de louange » qu’est l’eucharistie, devrait conduire la communauté à l’action de grâce. Le P. Béguerie va jusqu’à affirmer que c’est « à la qualité de l’action de grâce qu’elle fait naître dans notre cœur » que l’on peut mesurer « la justesse d’une homélie » : « C’est toute notre vie qui se met à chanter. Nous menons alors une vie eucharistique, nous parvenons à faire eucharistie en toute chose. »

Ce livre que l’on conseillerait volontiers à tous les prédicateurs , pas seulement aux débutants !  se termine par des conseils pratiques et des extraits de quelques homélies.

 

 


  

Le souhait des juifs et des musulmans d’avoir un jour férié pour Kippour et pour l’Aïd est-il légitime ? (La Croix du 28 09 2013)

 Voir l'article>>>   jour-ferie-kippour-aid.pdf jour-ferie-kippour-aid.pdf


 

Débat : Jésus était juif, le Christ aussi ?

 Par Sébastien Lapaque    sur     www.lavie.fr  le 20/09/2013 

Dans le Christ juif, l'historien américain Daniel Boyarin soutient qu'il fallut attendre le IVe siècle pour que judaïsme et christianisme se distinguent clairement. Que l’on soit juif ou chrétien, que l’on croie au Ciel ou que l’on n’y croie pas, la lecture des livres de Daniel Boyarin est toujours une expérience singulière. L’idée centrale des travaux de cet historien et philosophe, né dans le New Jersey en 1946, est que la « partition » du christianisme et du judaïsme se fit beaucoup plus tard que l’on continue de le croire et de l’enseigner. Contestant ce qu’il appelle la « légende talmudique » d’un grand concile juif qui se serait tenu dans les années 90 pour jeter les bases d’un judaïsme rabbinique bien distinct du christianisme apostolique (par exemple sur la question d’un Messie souffrant, mourant et ressuscitant), ce professeur de culture talmudique à l’université californienne de Berkeley, spécialiste des premiers siècles de notre ère et qui se définit lui-même comme un juif orthodoxe, soutient de manière éloquente qu’il fallut attendre le IVe siècle, peut-être même le Ve siècle, après les conciles de Nicée (325) et de Constantinople (381), pour que les choses soient parfaitement claires : juifs d’un côté, chrétiens de l’autre.

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Le Christ Juif : Discussion à partir de Daniel Boyarin

Par Sr Cécile de Jésus-Alliance – carmel de Montmartre – 4 mai 2013

cliquez pour lire     2013-05-a-propos-de-boyarin-par-soeur-cecile.pdf 2013-05-a-propos-de-boyarin-par-soeur-cecile.pdf

 


 

Que veut dire « évangéliser » ?

 

À l’heure du marketing, nous avons appris à nous méfier de ceux qui nous promettent des bonnes choses. Dans ce contexte, le mot du Nouveau Testament « évangéliser » peut faire peur. On est gêné de proposer sa foi à quelqu’un d’autre, comme s’il s’agissait d’un produit de vente. Et nous avons un sens si affiné du respect de l’autre que nous ne voulons pas donner l’impression d’imposer nos idées ou de chercher à convaincre. Surtout quand il s’agit d’un thème aussi intime que la confiance en Dieu.

Mais savons-nous vraiment ce que le Nouveau Testament entend par « évangéliser » ?
En grec, le verbe est utilisé pour résumer l’expression « annoncer une bonne nouvelle » : quelqu’un « d’évangélisé » est, en somme, quelqu’un qui a été « mis au courant ». Le verbe peut être employé pour l’annonce d’une naissance, d’un armistice ou pour l’avènement d’un nouveau dirigeant, il n’a donc au départ rien de religieux. C’est pourtant ce mot-là, presque trop banal, que les chrétiens ont choisi pour décrire le plus précieux de leur foi : l’annonce de la résurrection du Christ. Ce qui est intéressant, c’est que le verbe a peu à peu perdu son complément. On n’a plus dit : « mettre au courant quelqu’un de la résurrection du Christ », mais simplement : « évangéliser quelqu’un ». C’était bien sûr pour aller plus vite, mais ce manque de complément a aussi un sens plus profond.

Annoncer la Bonne Nouvelle de la résurrection n’est pas pour les chrétiens parler d’une doctrine à apprendre par cœur ou du contenu d’une sagesse à méditer. Évangéliser est avant tout témoigner d’une transformation à l’intérieur même de l’être humain : par la résurrection du Christ, c’est notre propre résurrection qui a déjà commencé. Par son infini respect vis-à-vis de ceux qu’il rencontrait (visible à travers les guérisons rapportées dans les Évangiles), par son abaissement pour ne laisser personne plus bas que lui (c’est le sens de son baptême), le Christ Jésus a redonné valeur et dignité à chacun. Encore plus : Jésus a été avec nous dans la mort, pour que nous puissions être près de lui dans sa communion avec le Père. Par cet « admirable échange » (Liturgie de Pâques), nous découvrons que nous sommes pleinement acceptés en Dieu, pleinement assumés par lui tels que nous sommes. Les chrétiens des premiers siècles ont résumé tout ceci en disant : « Dieu s’est fait homme pour que l’homme soit fait Dieu ! »

Évangéliser n’est donc pas avant tout parler de Jésus à quelqu’un mais, bien plus profondément, le rendre attentif à la valeur qu’il a aux yeux de Dieu. Évangéliser, c’est lui transmettre ces mots de Dieu qui retentissent cinq siècles avant le Christ : « Tu as du prix à mes yeux, et je t’aime » (Isaïe 43, 4). Depuis le matin de Pâques, nous savons que Dieu n’a pas hésité à tout donner pour que jamais nous n’oubliions ce que nous valons.

Peut-on « évangéliser » tout en respectant la liberté de son interlocuteur ?

Faire prendre conscience aux gens de la valeur qu’ils ont aux yeux de Dieu n’a rien d’optionnel. Paul va même jusqu’à dire : « Malheur à moi si je n’évangélise pas ! » (1 Corinthiens 9, 16). Pour lui, l’évangélisation est la conséquence même de son attachement au Christ. Par sa résurrection, le Christ nous unit d’une manière inaliénable à Dieu. Plus personne ne peut se sentir exclu de cette union. Et du même coup, l’humanité n’est plus fragmentée : depuis la résurrection, nous appartenons les uns aux autres.

Pour autant la question demeure : comment communiquer cette nouvelle à des gens qui ne connaissent rien de Dieu et qui semblent ne rien attendre de lui ?
Tout d’abord, par notre attachement personnel au Christ. Paul dit : « Vous avez revêtu le Christ » (Galates 3, 27). L’évangélisation demande avant tout de commencer en soi-même. C’est d’abord par notre vie, et non par des paroles, que nous témoignons de la réalité de la résurrection : « Le connaître, lui, avec la puissance de sa résurrection et la communion à ses souffrances, lui devenir conforme dans sa mort, afin de parvenir si possible à ressusciter d’entre les morts » (Philippiens 3, 10-11).  C’est par notre assurance, par notre joie légère de nous savoir aimés de toute éternité que le Christ devient crédible aux yeux de ceux qui ne le connaissent pas.

Il est des situations où les mots sont pourtant nécessaires. Pierre le dit bien : « Soyez prêts à répondre à quiconque vous demande raison de l’espérance qui est en vous ». (1 Pierre 3, 16). Bien sûr, parler d’un amour intime demande beaucoup de délicatesse. Et les mots manquent parfois, surtout dans les situations où la foi est remise en cause brutalement. Jésus le savait bien, lui qui disait à ses disciples : « Lorsqu’on vous conduira devant (...) les autorités, ne cherchez pas avec inquiétude comment vous défendre ou que dire, car le Saint Esprit vous enseignera à cette heure même ce qu’il faut dire » (Luc 12:11-12).

Puisque le Christ s’est revêtu de notre humanité et que nous avons revêtu le Christ, nous ne devrions plus avoir peur de ne pas savoir parler. Dans la vocation des chrétiens à ne pas choisir ceux qu’ils aiment, mais à recevoir chacun sans faire un tri, il y a une gratuité qui touche, et même plus, qui drape autrui de la vie même du Christ. Dans notre capacité à servir, nous partageons notre vêtement avec ceux que nous servons, un peu comme Jésus qui, au lavement des pieds, « déposa ses vêtements » (Jean 13, 4). C’est avant tout la gratuité de nos gestes qui parlera pour nous, c’est le désintéressement qui donnera crédit aux paroles que nous prononcerons.

 


 

 Jésus, aujourd'hui, pour quoi faire?

par Joseph MOINGT jésuite, ancien professeur de théologie à Paris

pour acceder au texte de la conférence cliquez sur le lien ci-dessous 

moingt-jesus-aujourd-hui-pourquoi-faire.doc moingt-jesus-aujourd-hui-pourquoi-faire.doc 

 


 

LA SECULARISATION OUVRE SES PORTES (La Croix du 6 juillet 2013)

 Cliquez la-secularisation-ouvre-ses-chemins-06-07.pdf la-secularisation-ouvre-ses-chemins-06-07.pdf 

 


 

 NOUVELLE LAÏCITE OU ORDRE MORAL (La Croix du 5 juillet 2013)

cliquez  nouvelle-laicite-ou-ordre-moral-5-7.pdf nouvelle-laicite-ou-ordre-moral-5-7.pdf

 


 L'Esprit Saint premier acteur de la mission (La Croix du 18 mai 2013)

 Cliquez>>> pentecote.pdf pentecote.pdf

 


 

Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix [Édith Stein] (1891-1942), carmélite, martyre, copatronne de l'Europe 

Poésie « Psalm 45 », 28/04/1936 ; paraphrase du psaume 45/46 (trad. Malgré la nuit, Ad solem 2002, p.41)

Quand se déchaînent les tempêtes, tu es, Seigneur, notre force. Nous te louerons, toi le Dieu fort qui es notre constant secours. Nous restons fermes près de toi, mettant en toi notre confiance, même si la terre est secouée et si la mer devient houleuse. Que les flots enflent et déferlent, que vacillent les montagnes, la joie nous illuminera, la cité de Dieu te rend grâce. En elle tu as ta demeure, tu préserves sa sainte paix. Et un fleuve puissant protège la sublime demeure de Dieu. Les peuples en folie se déchaînent, le pouvoir des États s'effondre. Voici qu'il élève la voix, la terre gronde, secouée. Mais le Seigneur est avec nous, le Seigneur, le Dieu Sabaoth. Tu es pour nous lumière et salut, nous ne saurions avoir peur. Venez tous, venez contempler les prodiges de sa puissance : toutes les guerres se meurent, la corde de l'arc se détend. Jetez dans le brasier de feu bouclier et arme de guerre. Le Seigneur, le Dieu Sabaoth nous secourt en toute détresse.

  


 

GROUPES DE LECTURE

 « Trois conditions sont nécessaires pour que la lecture soit féconde »

P. Olivier Bourion, bibliste, chargé de cours à l’université de Lorraine et formateur au séminaire interdiocésain de Metz

LA CROIX 06-04-2013 

« La lecture en groupe de la parole de Dieu peut être assimilée à un repas où c’est Dieu lui-même qui invite. Chacun doit être nourri, non seulement au niveau de l’intelligence, mais aussi de la mémoire, du cœur… Trois conditions sont nécessaires pour que la lecture soit féconde et que le temps de partage biblique ne se transforme pas en débat d’idées :

- se mettre en situation de vivre une aventure.  Plutôt qu’une photocopie du texte sur papier recyclé, choisir un beau support. Allumer une bougie. Entonner un chant.

- ouvrir ses oreilles. Lire la Bible, c’est autre chose qu’observer un texte au microscope. C’est rencontrer quelqu’un qui vient nous dire qui il est et qui nous sommes. Qui nous déclare son amour. Une parole d’amour, on la reçoit, on l’accueille. On vibre d’autant mieux qu’on l’écoute les yeux fermés. On ne comprend rien à une déclaration d’amour si on n’est pas soi-même amoureux !

- ne pas avoir peur du silence. Les chrétiens ont une chance magnifique : ils croient en un Dieu qui parle. Il faut laisser à sa Parole la première place, l’écouter ensemble humblement, en silence, y compris lorsque ce sont les autres qui expriment ensuite la façon dont ils la reçoivent. Nous avons besoin de nous laisser déplacer dans nos convictions et nos habitudes par la parole des autres. Nous nous rendons compte alors que le texte est inépuisable et que nous ne pourrons jamais nous l’approprier. »

 

 


 

L’esprit d’Assise

Jean-Dominique DuranD, professeur d’histoire à l’université Lyon 3

 

Dans son message pour la Journée de la paix du 1er janvier 1983, Jean-Paul II présentait le dialogue comme « une reconnaissance de la dignité inaliénable des hommes (…), un pari sur leur vocation à cheminer ensemble, avec continuité, par le moyen d’une rencontre des intelligences, des volontés, des cœurs, vers le but que le Créateur leur a fixé : rendre la terre habitable pour tous et digne de tous » .

Trois ans plus tard, il proposait aux représentants des religions du monde de se retrouver à Assise, le 27 octobre 1986, faisant naître un esprit nouveau, l’esprit de la rencontre et du dialogue entre les religions, l’esprit d’Assise. De cette initiative, qui avait ses racines dans les grands textes de Vatican II, notamment Nostra aetate et Gaudium et spes , Benoît XVI a dit vingt ans plus tard qu’elle « constitua un message vibrant en faveur de la paix et se révéla être un événement destiné à laisser une trace dans l’histoire de notre temps. Elle revêt le caractère d’une vraie prophétie. »

On n’a sans doute pas encore pleinement mesuré toute la portée théologique, mais aussi spirituelle, sociale, voire politique de cette rencontre. Le théologien Claude Geffré a écrit : « Aujourd’hui, le dialogue interreligieux encouragé par le dernier concile est devenu une donnée majeure de l’expérience historique de l’Église au seuil du XXIe siècle » , et il ajoute : « Il ne vise pas une unité impossible, mais une acceptation mutuelle réciproque faite de respect et d’estime et une émulation réciproque des œuvres de bien. »

Mais comment définir l’esprit d’Assise ? Il s’agit avant tout de souligner la responsabilité des croyants et des religions qui doivent toujours affirmer que seule la paix est sainte, que la guerre n’est pas sainte, et prendre en charge l’ambition d’une nouvelle culture, d’une nouvelle citoyenneté, d’un nouvel humanisme, d’une spiritualité de la paix.

L’esprit d’Assise pourrait alors être défini à travers trois refus, un appel et deux propositions :

– les refus sont ceux de la fatalité, du pessimisme et de la peur qui trop souvent devient résignation et impuissance, et de la culture de guerre qui conduit à accepter la violence comme méthode de résolution des conflits ;

– l’appel, c’est celui à la responsabilité des religions et des croyants pour s’ouvrir à tous les hommes et les femmes de foi, à séparer radicalement la religion de la guerre, à désolidariser les traditions religieuses des instincts de violence, à faire au contraire de la religion un solide facteur de paix en soulignant ce qui est en commun, une certaine idée de l’homme, le message de paix, l’universel ;

– les deux propositions sont celles d’un dialogue libre, sans préjugés, fondé sur le respect, la patience et l’amitié, mûri dans la prière, et de l’affirmation d’une force petite, faible. C’est le mystère de la faiblesse et de l’impuissance de Dieu.

On peut définir aussi l’esprit d’Assise comme un esprit de prière, un esprit de dialogue, un esprit de paix, un esprit de solidarité.

Le cardinal Paul Poupard, alors président du Conseil pontifical de la culture et du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, lors d’un colloque organisé à Assise en octobre 2006, a proposé de voir dans la rencontre de 1986 un « service offert par les Églises et par les religions, un service à l’humanité, une déclaration anthropologique » . Ce fut, pour lui, une « vision utopique, mais une utopie chrétienne, non réductrice ; optimiste, non pessimiste, qui place sa propre part irréalisable en Dieu qui la réalisera. L’homme de la paix, de la réconciliation, de la solidarité, construit un programme nourri de l’esprit des Béatitudes : l’amour de Dieu et l’amour du prochain. »

Poursuivre sur cette voie est significatif d’un mode d’approche des problèmes à partir de l’homme, en Dieu. Les difficultés que le monde traverse, les drames vécus par bien des populations à travers le monde, et en particulier par les chrétiens, objets partout de discriminations, voire de persécutions, ne doivent pas décourager de maintenir toujours le cap sur la recherche d’une paix dont on sait combien elle est fragile.

Ce choix fidèle à la parole de Dieu est au cœur des messages délivrés par Benoît XVI pour qui, a-t-il dit à la Communauté de Sant’Egidio à Naples en 2009 : « Il est important de répéter que jamais les religions ne doivent devenir véhicules de haine. Jamais en invoquant le nom de Dieu on ne doit arriver à justifier le mal et la violence. » On pourrait multiplier ses déclarations sur ce thème, qui montrent que, pour lui, le dialogue entre les religions est bien « une haute priorité » comme il l’a rappelé aux évêques des Philippines en visite à Rome, en mars 2011.

Les difficultés que le monde traverse ne doivent pas décourager de maintenir toujours le cap sur la recherche d’une paix dont on sait combien elle est fragile.

 


 

 

A LIRE

Article du quotidien LA CROIX du 19 01 2013 : LES DEUX ou TROIS PRIERES DE L'EGLISE  cliquez 

  la-croix-19-01-013-prieres.pdf la-croix-19-01-013-prieres.pdf

 


NOËL CHEZ NOUS !

Comme vous le savez tous, la date de mon anniversaire approche.

Tous les ans, il y a une grande célébration en mon honneur et je pense que cette année encore cette célébration aura lieu. Pendant cette période, tout le monde fait du shopping, achète des cadeaux, il y a plein de publicité à la radio et dans les magasins, et tout cela augmente au fur et à mesure que mon anniversaire se rapproche. C’est vraiment bien de savoir, qu’au moins une fois par an, certaines personnes pensent à moi. Pourtant, je remarque que si au début les gens paraissaient comprendre et semblaient reconnaissants de tout ce que j’ai fait pour eux, plus le temps passe, et moins ils semblent se rappeler la raison de cette célébration. Les familles et les amis se rassemblent pour s’amuser, mais ils ne connaissent pas toujours le sens de la fête. Je me souviens, que l’année dernière il y avait un grand banquet en mon honneur. La table de la salle à manger était remplie de mets délicieux, de gâteaux, de fruits et de chocolats. La décoration était superbe et il y avait beaucoup de magnifiques cadeaux emballés de manière très spéciale. 

Mais vous savez quoi ? Je n’étais pas invité…j’étais en théorie l’invité d’honneur, mais personne ne s’est rappelé de moi et ils ne m’ont pas envoyé d’invitation. La fête était en mon honneur, mais quand ce grand jour est arrivé, on m’a laissé dehors, et ils m’ont fermé la porte à la figure…et pourtant moi, je voulais être avec eux et partager leur table. En réalité, je n’étais pas surpris de cela car depuis quelques années, toutes les portes se referment devant moi. Comme je n’étais pas invité, j’ai décidé de me joindre à la fête sans faire de bruit, sans me faire remarquer. Je me suis mis dans un coin et j’ai observé. Tout le monde buvait, certains étaient ivres, ils faisaient des farces, riaient à propos de tout. Ils passaient un bon moment. Pour couronner le tout, ce gros bonhomme à la barbe blanche est arrivé, vêtu d’une longue robe rouge, et il riait sans arrêt : ho ! ho ! ho ! il s’est assis sur le canapé et tous les enfants ont couru autour de lui, criant : « Père Noël ! Père Noël ! Comme si la fête était en son honneur ! A minuit, tout le monde a commencé à s’embrasser, j’ai ouvert mes bras et j’ai attendu que quelqu’un vienne me serrer dans ses bras et… vous savez quoi… ? Personne n’est venu à moi. 

Soudain, ils se sont tous mis à s’échanger des cadeaux. Ils les ont ouverts un par un, en grande excitation. Quand tout a été déballé, j’ai regardé pour voir si, peut-être, un cadeau était resté pour moi. Qu’auriez-vous ressenti si, le jour de votre anniversaire tout le monde s’échangeait des cadeaux et que vous n’en receviez aucun ?  J’ai enfin compris que je n’étais pas désiré à cette soirée et je suis parti silencieusement. 

Tous les ans ça empire. Les gens se rappellent seulement de ce qu’ils boivent et mangent, des cadeaux qu’ils ont reçu, et plus personne ne pense à moi. J’aurais voulu pour la fête de Noël cette année, que vous me laissiez rentrer dans votre vie. J’aurais souhaité que vous vous rappeliez qu’il y a plus de 2000 ans de cela, je suis venu au monde dans le but de donner ma vie pour vous, et en définitive pour vous sauver. Aujourd’hui, je souhaite seulement que vous croyiez à cela de tout votre cœur. Comme nombreux sont ceux qui ne m’ont pas invité à leur fête l’an passé, je vais cette fois organiser ma propre fête et j’espère que vous serez nombreux à me rejoindre . En guise de réponse positive à mon invitation, partagez ce message au plus grand nombre de personnes que vous connaissez. Je vous en serai éternellement reconnaissant. Je vous aime très fort ! 

Jésus

 


 

Reflexion de Joseph Moingt: les laïcs dans l'église

jésuite, ancien professeur de théologie à Paris

cliquez :les-laics-dans-l-eglise-joseph-moingt.pdf les-laics-dans-l-eglise-joseph-moingt.pdf 

 

 


 

Qui d'après-toi répond à cette recherche d'emploi ?

Je recherche:

- un electricien pour rétablir le courant entre les gens,

- un opticien pour changer leur regard,

- un artiste pour dessiner un sourire sur tous les visages,

- un maçon pour bâtir la paix,

- un jardinier pour cultiver la pensée,

- un professeur de maths pour nous réapprendre à compter les uns sur les autres !

 

Connais-tu quelqu'un qui répond à tous ces critères?

Non? Réfléchis bien !

 

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 Dans tous les cas viens vite en parler avec nous !

 

* image internet

 


 

 

La Bible et le téléphone portable.

 

Pouvez-vous imaginer ce qui se passerait si nous traitions la Bible de la même manière que nous traitons notre téléphone portable ?

 

…Si nous transportions la Bible dans notre porte-documents, dans notre mallette, à la ceinture ou dans la poche de notre veste ? … Si nous y jetions un coup d’œil plusieurs fois par jour ? … Si nous retournions la chercher quand nous l’avons oubliée à la maison ou au bureau ? … Si nous l’utilisions pour envoyer des messages à nos amis ? Si nous la traitions comme si nous ne pouvions plus vivre sans elle ? … Si nous l’emmenions en voyage, au cas où nous aurions besoin d’aide ou de secours ? … Si nous y mettions la main en cas d’urgence ?
Contrairement au téléphone portable, la Bible a toujours du réseau.
Nous pouvons nous y connecter dans n’importe quel endroit.
Nous n’avons pas besoin de nous soucier du manque de crédit, parce que Jésus a déjà payé la facture, et les crédits sont illimités.
Encore mieux : la communication n’est jamais coupée, et la batterie est chargé pour la vie entière.
Numéros d’urgence :

Si vous êtes triste, composez * Jean 14. Si les gens parlent contre vous, composez * Psaume 27. Si vous êtes énervé, composez * psaume 51. Si vous êtes inquiet, composez * Matthieu 6, 25-34. Si vous êtes en danger, composez * Psaume 91. Si Dieu vous semble loin, composez * Psaume 63 Si votre foi a besoin d’être fortifiée, Composez * Hébreux 11. Si vous êtes solitaire et apeuré, Composez * Psaume 22. Si vous êtes dur et critique, composez * 1 Corinthiens 13. Pour connaître le secret du bonheur, composez * Colossiens 3,12-17 Si vous vous sentez triste et seul, composez * Romains 8,31-39 Si vous désirez la paix et le repos, composez * Matthieu 11,25-30 Si le monde vous semble plus grand que Dieu, composez * psaume 90.
Notez ces numéros dans votre agenda !

Ils seront peut-être importants pour vous à un moment de votre vie !!!
Et passez–les à d’autres ; il se peut qu’un de ces numéros d’urgence sauve une vie !!!