ACTUALITE DE L'EGLISE

 

La Croix - lundi 7 novembre 2016

question du jour

Quel peut être l’impact du texte des évêques sur la politique ?

 
Les évêques de France ont publié jeudi 13 octobre un livre intitulé « Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique », dans lequel ils appelaient à « repenser le contrat social ». Ce texte défend également la place des religions dans la société à travers « une laïcité ouverte ». Le journal « Le Monde » en a fait sa une et a salué « un message aussi fort qu’inédit à l’aube d’une élection présidentielle ». « Messieurs les évêques, la République vous remercie », a écrit le quotidien « Libération », appelant chacun à « lire ce texte ».

Les évêques de France ont publié jeudi 13 octobre un livre intitulé « Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique ». Une longue réflexion qui fait suite à l’appel au discernement, publié le 20 juin 2016, en vue de l’élection présidentielle de 2017.

En une dizaine de chapitres, le document du Conseil permanent de la Conférence des évêques de France analyse la situation de la France et appelle à redonner du sens au politique et à « repenser le contrat social ». Le texte défend également la place des religions dans la société à travers « une laïcité ouverte ». « Chacun, à son niveau, est responsable de la vie et de l’avenir de notre société. Cela demandera toujours courage et audace. Des qualités qui n’ont jamais déserté le cœur de notre pays », écrivent dans leur conclusion les évêques de France.

Le journal Le Monde en a fait sa « Une » et a salué « un message aussi fort qu’inédit à l’aube d’une élection présidentielle ». « Messieurs les évêques, la République vous remercie », a de son côté écrit le quotidien Libération, appelant chacun, qu’il soit « laïcard, agnostique, catho ou musulman » à « lire ce texte ».

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« Les évêques prennent au sérieux les défis actuels »

Philippe Portier

Directeur d’études à l’École pratique des hautes études, historien et sociologue des religions (1)

« Les évêques de France avaient déjà publié d’autres textes sur la politique : ils n’avaient pas eu, cependant, un écho aussi important que le dernier, Retrouver le sens du politique. Cela tient, je crois, à la fois au contexte et à son contenu. Nous manquons aujourd’hui d’une véritable pensée structurée dans l’espace public : le discours politique, souvent bien pauvre dans son contenu, est décrédibilisé, démonétisé. Je pense que le traitement réservé au texte au moins par la presse s’explique d’abord par ce vide : « Pour une fois, une pensée argumentée vient animer le débat public ! » Les évêques montrent que la religion peut lui apporter sa contribution.

Mais cet écho tient aussi au contenu du texte, à sa logique interne : il part du réel pour le transformer, dans l’esprit du Concile ou du « voir-juger-agir » de l’Action catholique, il est construit aussi sur le mode du débat. Il est donc en phase avec une société marquée par la subjectivité, à la fois en quête d’enracinement et de certitudes mais qui refuse les leçons autoritaires. Cela ne signifie pas que les évêques de France soient devenus relativistes mais seulement qu’ils ont compris que, dans notre société, la vérité ne peut être recherchée qu’avec les autres, dans le dialogue.

Je pense aussi que Retrouver le sens du politique prend au sérieux deux défis majeurs qu’affronte aujourd’hui notre pays, et dont paradoxalement on parle peu : la fracture économique, avec ce chômage et cette exclusion du marché du travail qui peuvent frapper une famille, parfois sur deux, voire trois générations, mais aussi la fracture culturelle. Une fracture à la fois religieuse et ethno-culturelle, entre une population musulmane de plus en plus identitaire et des « Français de souche »– avec beaucoup de guillemets – taraudés eux aussi par une identité calcifiée.

Le ton des évêques peut ne pas plaire à ceux qui s’inscrivent davantage dans une logique de choc des cultures, et donc peut-être à une partie de la militance catholique. Mais il répond à une partie de l’opinion publique qui s’inquiète de ces clivages et de la violence symbolique qui marquent notre société. Dans la lignée du pape François plus que celle de Benoît XVI et de ses « principes non-négociables », les évêques de France choisissent manifestement de ne pas donner dans l’autoritarisme mais plutôt d’essayer de réduire les fractures, de participer à reconstruire la société sur la base du dialogue et de l’altérité. Au passage, ils font aussi la leçon aux politiques : ce n’est pas un discours « d’eau tiède ». Mais on sent que leur obsession est plutôt la reconstruction du lien, la pacification. »

Recueilli par Anne-Bénédicte Hoffner

(1) Intervention aujourd’hui devant l’Assemblée plénière des évêques à Lourdes.

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« Ce constat, on l’attendrait des politiques »

Dominique Reynié

Professeur à l’Institut d’études politiques et directeur général de la Fondation pour l’innovation politique

C’est la première fois, à mes yeux, qu’un texte – qui n’est pas un essai individuel mais un geste collectif et institutionnel – prend acte de la gravité de la situation actuelle : la nécessité de repenser le contrat social, les problèmes de l’éducation, de l’identité, de la solidarité, de la différence culturelle et de l’intégration, la crise de la parole… Ce constat, que je partage complètement, c’est l’Église catholique qui le pose. Mais on l’attendrait des politiques eux-mêmes ! Ces derniers donnent le sentiment d’être dans une sorte de fuite inconsciente. L’un d’eux m’a dit un jour : « On ne pose pas les questions qu’on n’est pas capable de résoudre. » Au contraire, leur rôle devrait être de poser ces questions de fond sur lesquelles nous devons discuter et qui nous préoccupent.

Peut-être certains politiques les considèrent-elles aussi comme « pas assez clivantes », et donc inutiles dans une campagne électorale. Sans doute aussi leur rapport au temps a-t-il changé : on voyait souvent François ­Mitterrand flâner, aujourd’hui ils font du jogging ou du vélo. Ils devraient s’arrêter pendant deux jours, sans voir personne, pour méditer, réfléchir sur la marche du monde, ou juste se poser.

Je regrette aussi que les think tanks (laboratoires d’idées) ne prennent pas suffisamment en charge ce travail. À la Fondation pour l’innovation politique, depuis 2008, nous avons choisi d’inscrire la réflexion sur les valeurs en tête de nos priorités, aux côtés de la croissance, de l’écologie et du numérique : nous avons publié des notes sur la famille, l’engagement, la fraternité, la responsabilité, sur l’islam aussi. Mais nous nous sentons un peu seuls. Or la situation actuelle n’appelle pas que des solutions techniques : c’est en cela qu’elle est grave, ce qui ne signifie pas qu’elle soit catastrophique, mais plutôt qu’elle est sérieuse et qu’elle nécessite une réorganisation, une réaffirmation peut-être, ou même une refondation de notre système de valeurs.

La crise actuelle touche évidemment nos valeurs : l’écologie, le surendettement, l’égalité à l’école ne sont-elles pas des questions morales ? Quel retournement ! Un peu plus d’un siècle après la loi de 1905, c’est l’Église catholique qui vient au secours de la République et qui lui demande de se ressaisir : on a séparé l’Église et l’État, mais il ne faudrait pas que la République se sépare d’elle-même. À la fin du XIXe siècle, les fondateurs de notre laïcité avaient le désir, dans un monde bouleversé, de ne pas heurter le sentiment religieux des Français : ils étaient conscients de l’importance de cette dimension métaphysique propre à faire « tenir » une société et donc à la rendre gouvernable. Nos élites politiques actuelles devraient revenir à cette dimension, mais pour la considérer dans sa richesse substantielle et pas uniquement comme un drapeau que l’on exhibe à l’occasion.

Recueilli par Anne-Bénédicte Hoffner

 

La Croix - lundi 7 novembre 2016

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Chrétiens coptes assassinés : pas seulement des victimes, des martyrs

Les 21 coptes orthodoxes assassinés ne sont pas seulement des victimes.

Ce sont des martyrs, dont le sang versé au nom du Christ est semence d’unité.

 
Ils sont morts comme tant de saints, depuis les premiers martyrs chrétiens jusqu’à Thérèse de Lisieux (et au-delà), en passant par Jeanne d’Arc et tant d’autres : en répétant le nom de Jésus, « Ya Rab Yeshua », leur force et leur salut. L’évêque copte catholique de Gizeh, Mgr Anba Antonios Aziz Mina, a eu à ce propos ces très belles paroles : « Le nom de Jésus est le dernier mot qui a effleuré leurs lèvres. Comme dans la passion des premiers martyrs, ils s’en sont remis à Celui qui peu après, les aura accueillis. Et ainsi, ils ont célébré leur victoire, la victoire qu’aucun bourreau ne pourra leur enlever. Ce nom susurré au dernier instant a été comme le sceau de leur martyre ».

Témoignage rendu au Christ jusqu’à la mortOui, les 21 coptes orthodoxes assassinés par l’EI méritent le nom de martyrs, pas seulement pour l’Église copte orthodoxe, mais pour tous les chrétiens, à commencer par les catholiques, dont le catéchisme affirme que le martyr est celui qui rend témoignage au Christ jusqu’à la mort (CEC, n° 2473). Le Pape lui-même l’a signifié, en demandant, lors de la messe qu’il a célébrée pour eux à Sainte-Marthe le mardi 17 février 2015, de « prier pour eux, pour que le Seigneur les accueille comme martyrs ».

Rendons hommage à nos martyrs coptesPour tous leurs frères chrétiens du Moyen-Orient, orthodoxes ou non, ils l’ont été dès la nouvelle de leur ignoble assassinat. Tandis que S.B. Ibrahim Isaac Sidrak, le patriarche d’Alexandrie des coptes catholiques, présentait « ses condoléances à toutes les familles des martyrs qui ont donné leur vie à cause de leur foi », très rapidement, la liste des victimes avec leur nom est apparue sur différents blogs (dont la page Facebook Chants araméens) avec cette mention : « Rendons hommages à nos martyrs coptes ».Par ailleurs, alors que l’Égypte entière est encore sous le choc, le président Abdel Fattah al-Sissi a annoncé cette nouvelle sans précédent : l’État construira une église dédiée aux « martyrs de Lybie » dans la ville de Minya, dont était originaire une grande partie des victimes.

Leur mort, un trait d’unité entre les chrétiensLa mort de ces innocents, décapités « pour le seul fait d’être chrétiens », comme l’a souligné le Pape, mort associée à celle de tant d’hommes, de femmes et même d’enfants, tués aujourd’hui pour la même raison, a sa part de lumière (au-delà de celle du bonheur éternel dont jouissent déjà – qui pourrait en douter ? – ces si nombreuses victimes) : elle apparait comme un trait d’unité entre des Églises séparées, qui ont pourtant un même chef : le Christ. Des Églises qui, à travers le sang versé en son nom, se retrouvent autour de Lui, comme aux premiers temps où l’Église était Une.

Catholiques, orthodoxes, coptes, luthériens : le sang est le même !Aujourd’hui, les chrétiens sont appelés à marcher sur le chemin de la réconciliation en compagnie de ces martyrs, dont le sang versé est semence d’unité. C’est ce que François a appelé à plusieurs reprises « l’œcuménisme du sang », notamment à l’occasion de cette terrible tragédie. « Le sang de nos frères chrétiens est un témoignage qui hurle. Qu’ils soient catholiques, orthodoxes, coptes, luthériens, peu importe : ils sont chrétiens ! Et le sang est le même », s’est-il  exclamé, le 16 février 2015, en appelant tous les chrétiens à « aller de l’avant avec cet œcuménisme du sang ». Il a par ailleurs lui-même téléphoné à « son ami », le patriarche copte-orthodoxe Tawadros II pour l’assurer de sa proximité dans cette épreuve.

ALETEIA  Elisabeth de BAUDOIN 19 02 2015

 

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Mossoul : l’ultimatum lancé aux chrétiens

Après une série de vexations contre les chrétiens, les voici au pied du mur : conversion, expulsion ou la mort, ils ont jusqu’à samedi pour faire leur choix !

 ALETEIA Sylvain DORIENT 18/7/2014
 
 
United States Forces Iraq / Flickr CC
 
L'ultimatum de l’État Islamique en Irak et au Levant (Daash selon l’abréviation arabe) ne laisse plus de place au doute : les chrétiens de Mossoul n’ont plus droit de cité chez eux. Le document qui nous est parvenu via l’édition en langue arabe de Aleteia a le mérite de la clarté : conversion, exil ou mort. Les chrétiens ont jusqu’à samedi pour quitter la ville, et quarante-cinq familles auraient déjà fui jusqu’à Bagdad. Ceux qui restent devront soit se convertir, et payer un impôt exceptionnel, soit leurs biens et leurs personnes seront « mis à la disposition » des musulmans.
 
Voici le décret : Nous avons informé les dirigeants des chrétiens de venir découvrir leur statut sous le régime de l’état du califat dans la province de Ninive. Ils ne se sont pas présentés au rendez-vous fixé. Nous avions prévu les trois choix suivants: 1- devenir musulman 2- accepter le statut des dimmi  3- en cas de refus du premier et le deuxième choix, ils seront exterminés par l’épée. Le prince des croyants, le calife Ibrahim, a généreusement laissé aux chrétiens la possibilité de s’exiler par eux-mêmes à l’extérieur des frontières de l’État islamique Cela doit être fait avant le dernier délai qui est prévu pour le samedi 19 juillet à midi. Après ce délai, il n’y aura que l’épée.
Ce décret a été diffusé à Mossoul et donné à toutes les familles chrétiennes qui étaient restées à Mossoul (soit environ 65 familles).
Alors que les militants du Daash avaient commencé par prétendre qu’ils ne souhaitaient que la chute du gouvernement de Bagdad, lors de la prise de Mossoul, le 9 juin dernier, ils démontrent la vraie nature de leur « état islamique » qui ne supporte aucune autre confession qu’un islam sunnite et radical. Jusqu’à la semaine dernière, des rumeurs d’impôts exceptionnels sur les chrétiens ou de destruction des lieux saints avaient été entendues mais pas confirmées. Les mesures vexatoires contre la minorité chrétienne se sont accélérées en une semaine, avec l’enlèvement de la croix de la cathédrale de Saint Ephrem puis le marquage des maisons des chrétiens. Etant donné que les maisons des musulmans non sunnites ont elles aussi été marquées, on est en droit de craindre que la minorité chiite, devienne elle aussi la cible des membres du Daash.
Depuis hier après-midi, jeudi, les familles chrétiennes ont commencé à quitter la ville de Mossoul, a expliqué par ailleurs le P. Anis Hanna à l'AED. Elles ont pris avec elles tout ce qu’elles pouvaient emporter : des choses de valeurs comme l’argent, les bijoux, des documents, …etc. Mais en quittant la ville, et au point de contrôle, elles ont été dépouillées complètement de tout ce qu’elles avaient! La plupart de ces familles se sont retrouvées de nouveaux réfugiées à Qaraqosh. D’autres familles se sont dirigées vers Érbil, la capitale du Kurdistan.  Actuellement, plus aucune famille, aucun chrétien ne se trouve à Mossoul. Tout a été abandonné.
 
sources: Aide à l'Eglise en Détresse (AED)

 


 

Le pape appelle les prêtres à faire de l’Eglise une « maison aux portes ouvertes »

La Croix du 18/04/2014

Le pape François a appelé hier matin les prêtres à transmettre « la joie » autour d’eux et à faire de l’Église une « maison aux portes ouvertes » . Célébrant la messe chrismale dans la basilique Saint-Pierre devant plusieurs centaines de prêtres et des milliers de fidèles, il a évoqué la joie du ministère sacerdotal. Une joie qui perdure « même dans des moments de tristesse, où tout semble s’obscurcir et où le vertige de l’isolement nous séduit, ces moments d’apathie et d’ennui que parfois nous connaissons dans la vie sacerdotale », a-t-il assuré, confiant être passé, lui aussi, par de tels moments. « Personne n’est plus petit qu’un prêtre laissé à ses seules forces », a-t-il reconnu, ajoutant que c’était précisément cette petitesse qui permettait d’accueillir la joie, indissociable de la relation avec le peuple. « Si tu ne sors pas de toi-même, a-t-il prévenu, l’huile devient rancie, et l’onction ne peut pas être féconde… La disponibilité du prêtre fait de l’Église la maison aux portes ouvertes. » Il a aussi médité sur les trois piliers de cette joie : la pauvreté, la fidélité et aussi l’obéissance, notamment à la hiérarchie de l’Église, rappelant son importance pour tous les prêtres, où qu’ils soient.

 


 

Cendres: chemin d'Evangile (La Croix 5/3/2014) 

 Pour lire ou imprimer cliquez >>>   cendres-chemin-d-evangile.pdf cendres-chemin-d-evangile.pdf


 

 

Divorcés remariés: les cinq conditions du cardinal Kasper (La Croix 4/3/2014)

 divorces-remaries-les-5-conditions-du-cardinal-kasper.pdf divorces-remaries-les-5-conditions-du-cardinal-kasper.pdf


 

Entretien P. Jean-François Noël, curé à Istres, psychanalyste « Des prêtres vivants plutôt qu’efficaces »

 

Recueilli par Samuel Lieven (La Croix du 21/02/2014)

 

Pour ce prêtre et psychanalyste, qui reçoit des prêtres et religieux en consultation, l’Église gagnerait à prendre davantage en compte les charismes de chaque prêtre.

À quel malaise les prêtres sont‑ils le plus confrontés ?

P. Jean-François Noël : Beaucoup de prêtres sont blessés dans l’image qu’ils ont d’eux-mêmes. Le célibat qu’ils ont choisi est de plus en plus suspecté, incompris, voire raillé depuis les affaires de pédophilie. Dans leurs paroisses, mis à part la petite minorité de pratiquants réguliers ou de laïcs formés et engagés dans les mouvements, ils sont confrontés à un « consumérisme » croissant de la part du public, en particulier pour les baptêmes et les mariages – j’ai déjà reçu des demandes de remboursement pour cause d’insatisfaction ! Cette difficulté de poser des repères dans une société étrangère à leur choix de vie entraîne une souffrance qui n’est pas toujours comprise par leur entourage et leur hiérarchie. Tout prêtre est confronté un jour ou l’autre à cette question : quelle est la fécondité de mon existence ? ma valeur professionnelle ? Quelle trace vais-je laisser sur cette terre, à part dire la messe tous les jours? Le plus regrettable, c’est quand cette souffrance ordinaire – et traitable – est confondue avec de la folie.

Y a‑t‑il un problème d’écoute à l’intérieur de l’Église ?

P. J.-F. N.: La plupart des prêtres que je rencontre disent souffrir d’un manque de reconnaissance de leur évêque. La relation d’autorité qui les lie est trop souvent empreinte d’affect, au détriment d’un jugement objectif sur les compétences. Certains peuvent se sentir culpabilisés par ce qu’ils entendent comme un impératif d’efficacité en matière d’évangélisation.

Plus généralement, c’est la peur de l’échec qui plombe la relation entre prêtre et évêque. À qui la faute ? Face à cette interrogation, l’autoritarisme, l’affect ou le piétisme se substituent trop souvent à l’analyse psychologique et sociale du mal-être des prêtres. Les situations qui nécessitent un vrai suivi thérapeutique sont traitées avec de bons sentiments et un langage décalé qui renvoient les prêtres à leur nudité et à leur solitude. Cela dit, les récents propos du pape François rappelant que l’Église n’est pas une douane mais un hôpital de campagne sont déjà plus proches de ce que nous vivons au quotidien. C’est encourageant !

la réponse est‑elle dans le développement personnel ?

P. J.-F. N. : Le risque des propositions de coaching qui se multiplient un peu partout, c’est encore de renvoyer l’individu à lui-même : qu’estce qui, en moi, fait que ça ne marche pas ? Or, le problème est d’abord d’être vivant, pas d’être efficace ! Seul un laboratoire à huis clos, dans un environnement extérieur à l’Église, permet au prêtre de réinterroger librement sa foi, sa relation à Dieu et sa vocation, pour pouvoir repartir ensuite sur de nouvelles bases.

Un autre axe consisterait à prendre davantage en compte les richesses personnelles de chaque prêtre dans l’exercice de sa mission, plutôt que de tenter de combler les trous dans un organigramme. Contrairement à ce que j’entends, ce n’est pas un luxe. Cela implique de repenser la pastorale de façon plus ciblée, en respectant les charismes de chacun, sinon le célibat risque d’apparaître comme un pur sacrifice dont personne ne voudra plus.

  


 

Pour le Carême, le pape François invite à combattre les misères

La Croix du 5/2/2014 pour lire la suite cliquez >>>   pape-careme.pdf pape-careme.pdf

 


 

  

Famille, le recul du gouvernement ne clôt pas le débat

MARINE LAMOUREUX et CORINNE LAURENT La Croix du 5/2/2014

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«Nous devons donner un signe visible que l’œcuménisme ne s’essouffle pas»

De passage à Paris pour y recevoir un doctorat honoris causa de l’Institut catholique, le patriarche Bartholomeos Ier de Constantinople a répondu aux questions de La Croix.Il s’exprime notamment sur sa future rencontre avec le pape François, en mai à Jérusalem, son souci de l’environnement et la situation des chrétiens au Proche-Orient.

Lire la suite cliquez >>>bartholomeos-ier-1.pdf bartholomeos-ier-1.pdf       suite>>>bartholomeos-ier-2.pdf bartholomeos-ier-2.pdf

 

 


 

Les évêques tirent les leçons d’une année de mobilisation

Anne-Bénédicte Hoffner et céline Hoyeau (La Croix du 3/2/2014)

Un an après le début des manifestations contre le « mariage pour tous », les évêques, qui, pour quelques-uns, participaient à la manifestation d’hier, assument pleinement leur opposition au texte.

Ils restent partagés sur la manière de se faire entendre publiquement     pour lire la suite cliquez >>>     les-eveques-mpt.pdf les-eveques-mpt.pdf

 


 

Pape François : Nous avons en nous un germe de résurrection !

 

Sur fond d’inquiétude pour les religieuses enlevées, suite et fin de la catéchèse consacrée à la résurrection de la chair. (Aleteia 6/12/2013)

Jésus est ressuscité, et parce qu’il est ressuscité, nous ressusciterons nous aussi. En attendant, Il est vivant ! Durant cette vie, nous devons en être convaincus et nous préparer, dans l’Espérance, à la résurrection finale, à laquelle déjà, nous participons.
C’est ce que le Pape François a dit aux fidèles réunis Place Saint Pierre, mercredi 4 décembre 2013, pour le second (et dernier) volet de sa catéchèse consacrée à la « résurrection de la Chair ». (Premier volet : « Celui qui pratique la charité ne craint pas la mort » - Aleteia, 27.11.2013)

Cette fois, Place Saint Pierre, l’ambiance n’était pas à la fête, en raison de l’enlèvement des 12 religieuses syriennes de la ville chrétienne de Maaloula par une bande armée (cf Aleteia…). Manifestement meurtri par ce drame, tout comme les fidèles présents, le Pape a appelé à prier pour les religieuses, ainsi que pour toutes les personnes séquestrées. A la fin de l’Ave Maria récité avec la foule, François a commencé une invocation à « Marie Reine de la Paix », qu’il n’a pas pu terminer en raison de l'émotion et de sa fatigue…

Extraits d’une catéchèse qui aurait du être un grand moment de liesse et d’espérance, si ce drame, particulièrement odieux, ne l’avait pas terni :
 
 « Lui, le Verbe incarné, mort pour nous et ressuscité, donne à ses disciples l’Esprit Saint, comme acompte de la pleine communion à son Règne glorieux, que nous attendons, vigilants. Cette attente est la source et la raison de notre espérance. Si nous cultivons et protégeons cette espérance – notre espérance – elle devient lumière qui illumine notre histoire personnelle et l’histoire communautaire. Souvenons-nous en toujours : nous sommes disciples de celui qui est venu,  qui vient chaque jour et qui viendra à la fin. Si nous réussissions à avoir plus présente cette réalité, nous serions moins fatigués par le quotidien, moins prisonnier de l’éphémère, et plus disposé à marcher  avec un cœur miséricordieux sur la voie du salut ».
 
« Parce que Jésus est ressuscité, nous ressusciteront. Cette transformation, cette transfiguration de notre corps se prépare durant cette vie, par notre relation avec  Jésus, dans les sacrements, spécialement l’Eucharistie. Nous qui, durant cette vie, nous sommes nourris de son Corps et de son Sang, nous ressusciteront comme Lui, avec Lui et par Lui (…) Mais non, ce n’est pas un mensonge ! C’est vrai ! Nous croyons que Jésus est ressuscité, qu’en ce moment, Il est vivant ! Vous croyez que Jésus est vivant ? Vous croyez ou vous n’y croyez pas ? Et si Jésus est vivant, pensez-vous qu’il nous laissera mourir sans nous ressusciter ? Non, il nous attend. Et parce qu’Il est ressuscité, la force de sa résurrection nous ressuscitera tous.
 
« Déjà, durant cette vie, nous avons en nous une participation à la résurrection du Christ (…) Avec Lui, nous sommes déjà ressuscités. La vie éternelle est déjà commencée (…) Durant cette vie, qui est orientée vers le moment de la résurrection finale (…) nous sommes déjà ressuscités ; par le baptême, nous sommes insérés dans la mort et la résurrection du Christ et nous participons à la vie nouvelle, qui est sa Vie (…) nous avons en nous un germe de résurrection, anticipation de la résurrection pleine, que nous recevrons  en héritage. Ainsi, le corps de chacun de nous est résonnance d’éternité et doit être respecté ».

 

 


 

Le programme du pape pour l’Eglise:

Le pape François a publié hier sa première exhortation apostolique, 

 « Evangelii gaudium » (« La joie de l’Évangile »), 

 qui invite les catholiques à témoigner de leur foi dans la société (La Croix 27 11 2013)

cliquez pour lire >>>   l-invitation-a-la-joie-du-pape-francois-1.pdf l-invitation-a-la-joie-du-pape-francois-1.pdf  suite.pdf suite.pdf

la-joie-de-l-evangile-1.pdf la-joie-de-l-evangile-1.pdf la-joie-de-l-evangile-2.pdf la-joie-de-l-evangile-2.pdf

Evangelii gaudium (la joie de l'Evangile) extraits

cliquez pour lire >>>  eg-chapitre1.pdf eg-chapitre1.pdf  eg-chapitre2.pdf eg-chapitre2.pdf  eg-chapitre-2-suite.pdf eg-chapitre-2-suite.pdf  eg-chapitre3.pdf eg-chapitre3.pdf  eg-chapitre4.pdf eg-chapitre4.pdf  eg-chapitre-4-suite.pdf eg-chapitre-4-suite.pdf  eg-chapitre5.pdf eg-chapitre5.pdf


 

Le Pape François prescrit la Miséricordine, un tonifiant pour le cœur

Le Saint-Père a promu ce médicament pas assez connu, distribué gratuitement Place Saint-Pierre après l’Angélus du 17 novembre.

 

 18.11.2013 extrait d'ALETAIA         
Elisabeth de Baudoüin                
   
Dimanche 17 novembre, ambiance Place Saint Pierre. Après l’Angélus, des religieuses aidées par des bénévoles ont distribué aux fidèles des milliers de boîtes de « Miséricordine ». Un « médicament spirituel » dont le pape lui-même a fait la promotion, depuis la fenêtre des anciens appartements pontificaux, pour la plus grande joie de tous.
Disponible en quatre langues (polonais, italien, espagnol et anglais), chaque boîte de Miséricordine  contient un chapelet, une petite image de la Divine Miséricorde et une « notice » spirituelle sur fond d’humour. Celle-ci encourage (notamment) à prier le chapelet de la miséricorde promu par Sainte Faustine Kowalska, polonaise canonisée par Jean Paul II en 2000.
L’initiative, qui vient de Pologne, a été organisée et promue à Rome par Mgr  Konrad Krajewski, aumônier Pontifical de François, pour  « concrétiser les fruits de l’année de la foi qui arrive à son terme », comme l’a dit le Pape lui même. Elle signe, non seulement le sens de l’humour du nouveau Pontife, mais son attachement à la miséricorde. « Pour moi, je le dis humblement, le message le plus fort du Seigneur est la miséricorde » avait-il dit, le dimanche suivant son élection à la paroisse Sainte Anne du Vatican… 
 
Et si on se soignait à la Miséricordine ?
Rebondissant sur le clin d'œil du pape François, Aleteia propose cette « digression autour d’une boîte » d’Elisabeth de Baudoüin :
« Docteur, j’ai mal à mon âme et à mon cœur ». Derrière son bureau, le Docteur Krajewski m’écoute attentivement. Son sourire bienveillant me met en confiance. Je vide le sac de ma vie. Tout y passe, pêle-mêle : « Mes bobos me pèsent, j’ai des décisions à prendre et j’ai besoin d’aide, je manque de force pour les combats de la vie quotidienne, j’ai glissé sur une peau de banane que mon voisin avait collé devant ma porte et je n’arrive pas à lui pardonner, mon beau frère est mourant... Et dire que je voudrais tant voir la vie en rose ! » A la fin, je risque un : « docteur, c’est grave ? »
Eau de vie sacramentelle et paroissiale 
 Après auscultation, le bon docteur se veut rassurant. Il me parle d’un « virus vieux comme la condition humaine » et d’un « remède de grand-mère, que les laboratoires ont essayé de copier, en vain ». Puis il chausse ses lunettes et écrit : « Miséricordine, une prise par jour, le matin de préférence, avec un  grand verre d’eau de vie sacramentelle (Eucharistie et confession). QSP (quantité suffisante pour) une vie. A renouveler ». « Le médicament n’est pas pris en charge par la sécurité sociale, s’excuse-t-il, mais vérifiez : certaines paroisses remboursent »
Fait du bien au cœur, à l’âme et à toute la vie
En sortant, je me rends à la pharmacie la plus proche, Place Saint Pierre. Monsieur François, le pharmacien, me délivre l’ordonnance, avec le bon sourire qui a fait sa notoriété  (et la fortune de son officine). « Vous verrez, cela fait du bien au cœur,  à l’âme et à toute la vie » me dit-il. « A consommer sans modération », ajoute-t-il avec un clin d’œil et en secouant la boîte !
Efficacité garantie par les paroles de Jésus
Avec son dessin anatomique d’un cœur humain entouré d’une tresse d’épines et son inscription « 59 grains « entre  cœurs », celle-ci n’a pas tout à fait la tête d’une boîte de médicament ordinaire. Je l’ouvre. Dedans : une image (ma grand-mère, qui était polonaise, avait la même sur sa table de nuit) un chapelet et une notice, qui complète les explications de mon médecin. Je lis : « Médicament spirituel qui fait arriver la miséricorde dans l’âme. Effets positifs : paix du cœur, joie extérieure et désir de répandre le bien. Pas d’effets secondaires indésirables. Efficacité garantie par les paroles de Jésus. Posologie pour adultes et enfants : une dose par jour minimum. A prendre dans un endroit calme (chambre ou église), de préférence à genoux devant l’image contenue dans la boîte, en récitant les prières de la divine miséricorde. Durée de la prise : 7 minutes ». Je m’assieds, je ferme les yeux et j’en prends une dose. Le remède n’a pas mauvais goût. Je laisse agir… Et là, ô miracle, je me sens beaucoup mieux !

 

 


 

LA NOUVELLE TRADUCTION DE LA BIBLE (La Croix du 16/11/2013)

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Un site sur Jésus lancé par l'Episcopat français

(extrait de LaCroix du 8/11/2013)

 

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Les évêques proclament l'état d'urgence en faveur de l'Europe  

 (extrait de La Croix du 8/11/2013) 

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LE VATICAN CONSULTE LES EVÊQUES EN VUE DU SYNODE SUR LA FAMILLE 

  (extrait de La Croix du 5/11/2013) 

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Les diacres ministres à part entière (extrait de La Croix du 29/10/2013)

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LE POUVOIR DANS L'EGLISE, VASTE CHANTIER AUQUEL LE PAPE S'ATTELLE EN PRIORITE AVEC LA REFORME DE LA CURIE, MAIS PAS SEULEMENT. ANALYSE 

(extrait  du journal LA VIE du 10 octobre 2013) 

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L'Eglise valide une nouvelle traduction du "Notre Père"

(La Croix du 16 10 2013)

Une nouvelle traduction liturgique de la Bible, fruit de dix-sept ans de travail, a été validée par le Vatican avec une nouvelle version de la prière du Notre Père.

 Cette nouvelle version du Notre Père n’entrera pas en vigueur avant 2014 dans les lectionnaires, et pas avant 2015 dans les missels...                   lire la suite cliquez >>>  notre-pere-1.pdf notre-pere-1.pdf           suite >>>   notre-pere-2.pdf notre-pere-2.pdf


 

 

Voici la prière de consécration au Coeur Immaculé de Marie prononcée par le pape François à la fin de la messe de ce dimanche 13 octobre 2013, devant la Vierge de Fatima, place Saint-Pierre, au terme de la messe.

    + Prière de consécration au Coeur Immaculé de Marie 

Bienheureuse Vierge Marie de Fatima, avec une reconnaissance renouvelée pour ta présence maternelle nous unissons notre voix à celle de toutes les générations qui te disent bienheureuse. Nous célébrons en toi les grandes œuvres de Dieu, qui jamais ne se lasse de se pencher avec miséricorde sur l’humanité, affligée par le mal et blessée par le péché, pour la guérir et pour la sauver. Accueille avec ta bienveillance de Mère l’acte de consécration qu'aujourd'hui nous faisons avec confiance, devant ta statue qui nous est si chère. Nous sommes certains que chacun de nous est précieux à tes yeux et que rien de ce qui habite nos cœurs ne t'est étranger. Nous nous laissons toucher par ton regard très doux et nous recevons la caresse consolante de ton sourire. Garde notre vie entre tes bras ; bénis et renforce tout désir de bien ; ravive et nourris la foi ; soutiens et éclaire l'espérance ; suscite et anime la charité ; guide-nous tous sur le chemin de la sainteté. Enseigne-nous ton amour de prédilection pour les petits et les pauvres, pour les exclus et les souffrants, pour les pécheurs et ceux qui sont égarés dans leur cœur : rassemble tous sous ta protection et remets-nous tous à ton Fils bien-aimé, Notre Seigneur Jésus. Amen.

 

 

Index

       

MESSE POUR LA JOURNÉE MARIALE À L'OCCASION DE L' ANNÉE DE LA FOI

HOMÉLIE DU PAPE FRANÇOIS

Place Saint-Pierre Dimanche 13 octobre 2013

Vidéo

 

Dans le Psaume, nous avons récité : « Chantez au Seigneur un chant nouveau, car  il a fait des merveilles » (Ps 97, 1).

        Aujourd’hui nous sommes devant une des merveilles du Seigneur : Marie !  Une créature humble et faible comme nous, choisie pour être Mère de Dieu, Mère  de son Créateur.

        En regardant justement Marie, à la lumière des lectures que nous avons  écoutées, je voudrais réfléchir avec vous sur trois réalités : La première,Dieu nous surprend ; la deuxième, Dieu nous demande la fidélité ;  la troisième, Dieu est notre force.

        1. La première : Dieu nous surprend. L’épisode de Naaman, chef de  l’armée du roi d’Aram, est singulier : pour guérir de la lèpre, il s’adresse au  prophète de Dieu, Élisée, qui n’accomplit pas de rites magiques, ni ne lui  demande des choses extraordinaires, mais d’avoir seulement confiance en Dieu et  de se plonger dans l’eau du fleuve ; non pas cependant dans l’eau des grands  fleuves de Damas, mais du petit fleuve Jourdain. C’est une demande qui laisse  Naaman perplexe, et mêmesurpris : quel Dieu peut être celui qui demande  quelque chose d’aussi simple ? Il veut faire marche arrière, mais ensuite il  fait le pas, il se plonge dans le Jourdain et il guérit immédiatement (cf. 2 R 5, 1-14). Voici, Dieu nous surprend ; il est vraiment dans la  pauvreté, dans la faiblesse, dans l’humilité qui se manifeste et nous donne son  amour qui nous sauve, nous guérit et nous donne force. Il demande seulement que  nous suivions sa parole et que nous ayons confiance en Lui.

        C’est l’expérience de la Vierge Marie : devant l’annonce de l’Ange, elle  ne cache pas son étonnement. C’est la stupeur de voir que, pour se faire homme,  Dieu l’a vraiment choisie, elle, une simple jeune fille de Nazareth, qui ne vit  pas dans les palais du pouvoir et de la richesse, qui n’a pas accompli des  exploits, mais qui est ouverte à Dieu, sait se fier à Lui, même si elle ne  comprend pas tout : « Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi  selon ta parole » (Lc 1, 38). C’est sa réponse.Dieu nous surprend  toujours, il rompt nos schémas, bouleverse nos projets, et nous dit : fais-moi  confiance, n’aie pas peur, laisse-toi surprendre, sors de toi-même et suis-moi !

        Aujourd’hui demandons-nous tous si nous avons peur de ce que Dieu  pourrait me demander ou de ce qu’il me demande. Est-ce que je me laisse  surprendre par Dieu, comme a fait Marie, ou est-ce que je m’enferme dans mes  sécurités, sécurités matérielles, sécurités intellectuelles, sécurités  idéologiques, sécurités de mes projets ? Est-ce que je laisse vraiment Dieu  entrer dans ma vie ? Comment est-ce que je lui réponds ?

        2. Dans le passage de saint Paul que nous avons écouté, l’Apôtre  s’adresse à son disciple Timothée en lui disant de se souvenir de Jésus Christ,  si nous persévérons avec Lui, avec Lui aussi nous règnerons (cf. 2 Tm 2,  8-13). Voici le deuxième point : se souvenir toujours du Christ, la mémoire de  Jésus Christ, et cela c’est persévérer dans la foi : Dieu nous surprend  avec son amour, mais il demande la fidélité dans le fait de le suivre.  Nous pouvons devenir « non-fidèles », mais lui ne le peut pas, il est « le  fidèle » et il nous demande la même fidélité. Pensons à toutes ces fois où nous  nous sommes enthousiasmés pour quelque chose, pour une initiative, pour un  engagement, mais ensuite, face aux premiers problèmes, nous avons jeté l’éponge.  Et malheureusement, cela arrive aussi dans les choix fondamentaux, comme celui  du mariage. La difficulté d’être constants, d’être fidèles aux décisions prises,  aux engagements pris. Il est souvent facile de dire « oui », mais ensuite, on  n’arrive pas à répéter ce « oui » chaque jour. On ne réussit pas à être fidèles.

        Marie a dit son « oui » à Dieu, un « oui » qui a bouleversé son humble  existence de Nazareth, mais ce « oui » n’a pas été l’unique, au contraire il a  été seulement le premier de beaucoup de « oui » prononcés dans son cœur dans ses  moments joyeux, comme aussi dans les moments de douleur, beaucoup de « oui » qui  atteignent leur sommet dans celui dit au pied de la Croix. Aujourd’hui, il y a  ici beaucoup de mamans ; pensez jusqu’où est arrivée la fidélité de Marie à  Dieu : voir son Fils unique sur la Croix. La femme fidèle, debout, détruite à  l’intérieur, mais fidèle et forte.

        Et je me demande : suis-je un chrétien “par à-coups”, ou suis-je un  chrétien toujours ? La culture du provisoire, du relatif pénètre aussi dans la  vie de la foi. Dieu nous demande de lui être fidèles, chaque jour, dans les  actions quotidiennes et il ajoute que, même si parfois nous ne lui sommes pas  fidèles, Lui est toujours fidèle et avec sa miséricorde il ne se lasse pas de  nous tendre la main pour nous relever, de nous encourager à reprendre la marche,  pour revenir à Lui et lui dire notre faiblesse pour qu’il nous donne sa force.  Et cela c’est le chemin définitif : toujours avec le Seigneur, même dans nos  faiblesses, même dans nos péchés. Ne jamais aller sur la route du provisoire.  Cela nous tue. La foi est fidélité définitive, comme celle de Marie.

3. Le dernier point : Dieu est notre force. Je pense aux dix lépreux de  l’Évangile guéris par Jésus : ils vont à sa rencontre, ils s’arrêtent à distance  et ils crient : « Jésus, maître, prends pitié de nous ! » (Lc 17, 13).  Ils sont malades, ils ont besoin d’être aimés, d’avoir de la force et ils  cherchent quelqu’un qui les guérisse. Et Jésus répond en les libérant tous de  leur maladie. C’est impressionnant, cependant, de voir qu’un seul revient sur  ses pas pour louer Dieu, haut et fort, et le remercier. Jésus lui-même le  remarque : dix ont crié pour obtenir la guérison et un seul est revenu pour  crier à haute voix son merci à Dieu et reconnaître que c’est Lui notre force.  Savoir remercier, savoir louer pour ce que le Seigneur fait pour nous.

        Regardons Marie : après l’Annonciation, le premier geste qu’elle  accomplit est un geste de charité envers sa vieille parente Élisabeth ; et les  premières paroles qu’elle prononce sont : « Mon âme exalte le Seigneur »,  c’est-à-dire un chant de louange et d’action de grâce à Dieu, non seulement pour  ce qu’il a fait en elle, mais aussi pour son action dans toute l’histoire du  salut. Tout est donné par lui. Si nous pouvons comprendre que tout est don de  Dieu, quel bonheur dans notre cœur ! Tout est donné par lui. Il est notre  force ! Dire merci est si facile, et pourtant si difficile ! Combien de fois  nous disons-nous merci en famille ? C’est un des mots-clés de la vie en commun.  « Vous permettez », « excusez-moi », « merci » : si dans une famille on se dit  ces trois mots, la famille progresse. « Vous permettez », « excusez-moi »,  « merci ». Combien de fois disons-nous « merci » en famille ? Combien de fois  disons-nous merci à celui qui nous aide, nous est proche, nous accompagne dans  la vie ? Souvent nous tenons tout pour acquis ! Et cela arrive aussi avec Dieu.  C’est facile d’aller chez le Seigneur demander quelque chose, mais aller le  remercier : « Bah, je n’y pense pas ».

En continuant la célébration eucharistique invoquons l’intercession de  Marie, pour qu’elle nous aide à nous laisser surprendre par Dieu sans opposer de  résistance, à lui être fidèles chaque jour, à le louer et à le remercier, car  c’est lui notre force. Amen.

* * *

ACTE DE CONFIANCE À MARIE

 


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Le « Conseil des cardinaux » ouvre le chantier du rôle des laïcs et des évêques

(La Croix du 07 10 2013)

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 La gouvernance d'une paroisse

(La Croix du 04 10 2013)

 

Dans le code de droit canonique, la paroisse est définie comme la communauté de fidèles confiée à un curé. Mais des exceptions sont prévues en cas de pénurie de prêtres. Aujourd’hui, ces exceptions sont devenues d’application courante en France.Elles pourraient, sous certaines conditions, être l’occasion d’une participation accrue des laïcs ...

 

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Le Pape François invite les catéchistes à "savoir changer" 

(La Croix du 30 09 2013)    cliquez pour voir l'article >>>> francois-aux-catechistes-savoir-changer.pdf francois-aux-catechistes-savoir-changer.pdf

 

 DISCOURS DU PAPE FRANÇOIS AUX CATÉCHISTES EN PÈLERINAGE À ROME À L'OCCASION DE L'ANNÉE DE LA FOI ET DU CONGRÈS INTERNATIONAL DES CATÉCHISTES

Salle Paul VI Vendredi 27 septembre 2013

Vidéo

 

Chers catéchistes, bonsoir !

Il me plaît qu’il y ait, durant l’Année de la foi, cette  rencontre pour vous : la catéchèse est un pilier pour l’éducation de la foi, et  nous voulons de bons catéchistes ! Merci de ce service à l’Église et dans  l’Église. Même si parfois ça peut être difficile, si on travaille beaucoup, si  on s’engage et qu’on ne voit pas les résultats voulus, éduquer dans la foi c’est  beau ! C’est peut-être le meilleur héritage que nous pouvons donner : la foi !  Éduquer dans la foi pour qu’elle grandisse. Aider les enfants, les jeunes, les  adultes à connaître et à aimer toujours plus le Seigneur est une des plus belles  aventures éducatives, on construit l’Église ! “Être” catéchiste !  Non pas travailler comme catéchistes : cela ne va pas ! Je  travaille comme catéchiste parce que j’aime enseigner… Mais si tu n’es pas  catéchiste cela ne va pas ! Tu ne seras pas fécond, tu ne seras pas fécond !  Catéchiste c’est une vocation : “être catéchiste”, c’est cela la vocation, non  travailler comme catéchiste. Attention, je n’ai pas dit “faire” le catéchiste,  mais “l’être”, parce que cela engage la vie. On conduit à la rencontre avec  Jésus par les paroles et par la vie, par le témoignage. Rappelez-vous ce que  Benoît XVI nous a dit : « L’Église ne grandit pas par le prosélytisme. Elle  grandit par attraction ». Et ce qui attire, c’est le témoignage. Être catéchiste  signifie donner le témoignage de la foi ; être cohérent dans sa vie. Et ce n’est  pas facile. Ce n’est pas facile ! Nous aidons, nous conduisons à la rencontre  avec Jésus par les paroles et par la vie, par le témoignage. J’aime rappeler ce  que saint François d’Assise disait à ses frères : « Prêchez toujours l’Évangile,  et, si c’est nécessaire aussi par les paroles ». Les paroles viennent… mais  d’abord le témoignage : que les gens voient l’Évangile dans notre vie, qu’ils  puissent lire l’Évangile. Et “être” catéchiste demande de l’amour, un  amour toujours plus fort pour le Christ, un amour pour son peuple saint. Et cet  amour ne s’achète pas dans les commerces, il ne s’achète pas non plus ici à  Rome. Cet amour vient du Christ ! C’est un cadeau du Christ ! C’est un cadeau du  Christ ! Et s’il vient du Christ, il part du Christ et nous devons repartir du  Christ, de cet amour que Lui nous donne.

Que signifie ce repartir du Christ pour un catéchiste, pour  vous, pour moi aussi, parce que moi aussi je suis catéchiste ? Qu’est-ce-que  cela signifie ?

Je parlerai de trois choses : un, deux, trois comme faisaient les vieux  jésuites… un, deux et trois !

1. Avant tout, repartir du Christ signifie avoir une familiarité  avec Lui, avoir cette familiarité avec Jésus : à la dernière Cène,  Jésus le recommande instamment aux disciples, quand il était en passe de vivre  le plus grand don d’amour, le sacrifice de la Croix. Jésus utilise l’image de la  vigne et des sarments et dit : demeurez dans mon amour, demeurez attachés à moi,  comme le sarment est attaché à la vigne. Si nous sommes unis à Lui, nous pouvons  porter du fruit, et c’est cela la familiarité avec le Christ. Demeurer en  Jésus ! C’est demeurer attachés à Lui, à l’intérieur de Lui, avec Lui, parlant  avec Lui : demeurer en Jésus.

Pour un disciple, la première chose est de rester avec le Maître,  l’écouter, apprendre de Lui. Et cela vaut toujours, c’est un cheminement qui  dure toute la vie ! Je me rappelle tant de fois dans le diocèse, dans le diocèse  que j’avais auparavant, d’avoir vu à la fin des cours du séminaire catéchétique,  les catéchistes qui sortaient en disant : " J’ai le titre de catéchiste ! " Cela  ne va pas, tu n’as rien, tu as fait un petit bout de chemin. Qui t’aidera ? Cela  vaut toujours ! Ce n’est pas un titre, c’est une attitude : rester avec Lui ; et  durant toute la vie ! C’est rester en présence du Seigneur, se laisser regarder  par Lui. Je vous demande : comment êtes-vous en présence du Seigneur ? Quand tu  vas près du Seigneur, que tu regardes le Tabernacle, que faites-vous ? Sans  paroles… Mais je dis, je dis, je pense, je médite, j’écoute… Très bien ! Mais te  laisses-tu regarder par le Seigneur ? Nous laisser regarder par le Seigneur. Lui  nous regarde et cela, c’est une manière de prier. Te laisses-tu regarder par le  Seigneur ? Mais comment fait-on? Regarde le tabernacle et laisse-toi regarder…  c’est simple ! C’est un peu ennuyeux, je m’endors… Endors-toi, endors-toi ! Lui  te regarderas lui-même, Lui te regarderas lui-même. Mais sois sûr que Lui te  regarde ! Et cela est beaucoup plus important que le titre de catéchiste : cela  fait partie de l’être catéchiste. Cela réchauffe le cœur, garde allumé le  feu de l’amitié avec le Seigneur, te fait sentir que Lui te regarde vraiment,  qu’il est proche de toi et qu’il t’aime. Dans une des sorties que j’ai faites,  ici à Rome, lors d’une Messe, un monsieur relativement jeune s’est approché de  moi et m’a dit : "Père je suis heureux de vous connaître, mais moi, je ne crois  en rien ! Je n’ai pas le don de la foi ! ". Il comprenait que c’était un don. "  Je n’ai pas le don de la foi ! Qu’est-ce que vous me dites ? ". " Ne te  décourage pas. Lui t’aime. Laisse-toi regarder par Lui ! Rien de plus". Et cela  je vous le dis à vous : laissez-vous regarder par le Seigneur ! Je  comprends que pour vous ce n’est pas si simple : particulièrement pour la  personne mariée et qui a des enfants, c’est difficile de trouver un long temps  de calme. Mais, grâce à Dieu, il n’est pas nécessaire que tous fassent de la  même manière ; dans l’Église il y a variété de vocations et variété de formes  spirituelles ; ce qui est important c’est de trouver la façon convenable pour rester avec le Seigneur ; et cela est possible, c’est possible dans chaque  état de vie. En ce moment, chacun peut se demander : comment je vis “ce fait de  rester” avec Jésus ? C’est une question que je vous pose : "Comment est-ce que  je vis ce fait de rester avec Jésus, ce fait de demeurer en Jésus ? ".  Ai-je des moments durant lesquels je reste en sa présence, en silence, je me  laisse regarder par Lui ? Est-ce que je laisse son feu réchauffer mon cœur ? Si  dans notre cœur il n’y a pas la chaleur de Dieu, de son amour, de sa tendresse,  comment pouvons-nous, nous, pauvres pécheurs, réchauffer le cœur des  autres ? Pensez à cela !

2. Le deuxième élément est ceci. Deuxièmement : repartir du Christ signifie l’imiter dans le fait de sortir de soi et d’aller à la rencontre de  l’autre. C’est une expérience belle et un peu paradoxale. Pourquoi ? Parce  que celui qui met le Christ au centre de sa vie se décentre ! Plus tu t’unis à  Jésus et Lui devient le centre de ta vie, plus Lui te fait sortir de toi-même,  te décentre et t’ouvre aux autres. C’est le vrai dynamisme de l’amour, c’est le  mouvement de Dieu même ! Dieu est le centre, mais il est toujours don de soi,  relation, vie qui se communique… Ainsi devenons-nous, nous aussi, si nous  restons unis au Christ, Lui nous fait entrer dans ce dynamisme de l’amour. Là où  il y a véritable vie dans le Christ, il y a ouverture à l’autre, il y a sortie  de soi pour aller à la rencontre de l’autre au nom du Christ. Et cela c’est le  travail du catéchiste : sortir constamment de soi par amour pour témoigner de  Jésus et parler de Jésus, prêcher Jésus. C’est important parce que le Seigneur  le fait : c’est vraiment le Seigneur qui nous pousse à sortir.

Le cœur du catéchiste vit toujours ce mouvement de « systole –  diastole » : union avec Jésus – rencontre avec l’autre. Ce sont les deux  choses : je m’unis à Jésus et je sors à la rencontre des autres. S’il  manque un de ces deux mouvements, le cœur ne bat plus, ne peut plus  vivre. Le cœur du catéchiste reçoit en don le kérygme, et à son tour, il l’offre  en don. Ce petit mot : don. Le catéchiste est conscient qu’il a reçu un don, le  don de la foi et il le donne en don aux autres. C’est beau ! Et il n’en prend  pas pour soi un pourcentage ! Tout ce qu’il reçoit, il le donne ! Il ne s’agit  pas d’un marché ! Ce n’est pas un marché ! C’est un pur don : don reçu et don  transmis. Et le catéchiste est là, à ce croisement de dons. C’est ainsi  dans la nature même du kérygme : c’est un don qui génère la mission, qui pousse  toujours au-delà de soi-même. Saint Paul disait : « L’amour du Christ nous  pousse », mais on peut aussi traduire ce « nous pousse » par « nous possède ».  C’est ainsi : l’amour t’attire et t’envoie, te prend et te donne aux autres.  Dans cette tension le cœur du chrétien, en particulier le cœur du catéchiste, se  met en mouvement. Demandons-nous nous tous : est-ce ainsi que bat mon cœur de  catéchiste : union avec Jésus et rencontre avec l’autre ? Avec ce mouvement de  « systole – diastole » ? S’alimente-t-il dans la relation avec Lui, mais est-ce  pour le porter aux autres et non pour le retenir ? Je vous dis une  chose : je ne comprends pas comment un catéchiste peut rester ferme, sans ce  mouvement. Je ne comprends pas !

3. Et le troisième élément – trois  ‑  se situe toujours dans cette ligne : repartir du Christ signifie ne pas avoir peur d’aller avec Lui dans les  périphéries. Ici me vient à l’esprit l’histoire de Jonas, une figure  vraiment intéressante, particulièrement à notre époque de changements et  d’incertitude. Jonas est un homme pieux, avec une vie tranquille et ordonnée ;  cela l’amène à avoir ses schémas bien clairs, et à juger tout et tous en  fonction de ces schémas, de manière rigide. Tout est clair pour lui, la vérité  est celle-là. Il est rigide ! C’est pourquoi, quand le Seigneur l’appelle  et lui dit d’aller prêcher à Ninive, la grande ville païenne, Jonas n’y avait  pas le cœur. Aller là ! Mais j’ai toute la vérité ici ! Il n’a pas le cœur…Ninive est au-delà de ses schémas, elle est à la périphérie de son monde. Et  alors il s’échappe, il s’en va en Espagne, il s’enfuit, et il s’embarque  sur un navire qui va par là. Allez relire le livre de Jonas ! Il est bref, mais  c’est une parabole très instructive, spécialement pour nous qui sommes dans  l’Église.

Qu’est-ce qu’il nous enseigne ? Il nous enseigne à ne pas avoir peur de  sortir de nos schémas pour suivre Dieu, car Dieu va toujours au-delà. Mais  savez-vous une chose ? Dieu n’a pas peur ! Savez-vous cela, vous ? Il n’a pas  peur ! Il est toujours au-delà de nos schémas ! Dieu n’a pas peur des  périphéries. Mais si vous allez aux périphéries, vous l’y trouverez. Dieu est  toujours fidèle, il est créatif. Mais, s’il vous plaît, on ne comprend pas un  catéchiste qui ne soit pas créatif. Et la créativité est comme la colonne du  fait d’être catéchiste. Dieu est créatif, il ne s’enferme pas, et pour cela il  n’est jamais rigide. Dieu n’est pas rigide ! Il nous accueille, il vient  à notre rencontre, il nous comprend. Pour être fidèles, pour être créatifs, il  faut savoir changer. Savoir changer. Et pourquoi je dois changer ? Pour  m’adapter aux circonstances dans lesquelles je dois annoncer l’Évangile.  Pour rester avec Dieu, il faut savoir sortir, ne pas avoir peur de sortir. Si un  catéchiste se laisse prendre par la peur, c’est un lâche ; si un catéchiste  reste tranquille il finit par être une statue de musée ; et nous en avons  beaucoup ! Nous en avons beaucoup ! S’il vous plaît, pas de statues de musée !  Si un catéchiste est rigide il devient rabougri et stérile. Je vous le demande :  quelqu’un parmi vous voudra-t-il être un lâche, une statue de musée ou stérile ?  Quelqu’un a-t-il ce désir ? [Les catéchistes : Non !] Non ? Vraiment ? C’est  bien ! Ce que je vais dire maintenant, je l’ai dit bien des fois, mais cela me  vient du cœur de le dire. Quand nous, chrétiens, nous sommes fermés sur notre  groupe, sur notre mouvement, sur notre paroisse, sur notre milieu, nous restons  fermés et il arrive ce qu’il arrive à tout ce qui est fermé ; quand une pièce  est fermée, elle commence à sentir l’humidité. Et si une personne est dans cette  pièce, elle tombe malade ! Quand un chrétien est fermé sur son groupe, sur sa  paroisse, sur son mouvement, il est fermé, il tombe malade. Si un chrétien sort  dans les rues, les périphéries, il peut lui arriver ce qui arrive à des  personnes qui vont dans les rues : un accident. Bien des fois nous avons vu des  accidents de la route. Mais je vous dis : je préfère mille fois une Église  accidentée, et non une Église malade ! Une Église, un catéchiste qui a le  courage de courir le risque de sortir, et non un catéchiste qui étudie, qui sait  tout, mais toujours fermé : celui-là est malade. Et parfois, il est malade de la  tête…

Mais attention ! Jésus ne dit pas : allez, débrouillez-vous. Non, il ne  dit pas cela ! Jésus dit : Allez, je suis avec vous ! C’est cela notre  beauté et notre force : si nous allons, si nous sortons porter son Évangile avec  amour, avec un vrai esprit apostolique, avec vérité (parresia), Lui  marche avec nous, nous précède, – je le dis en espagnol  –  il nous “primerea”.  Le Seigneur nous “primerea” toujours. Désormais vous avez appris  le sens de ce mot. Et c’est la Bible qui le dit, ce n’est pas moi qui le dis. La  Bible dit, le Seigneur dit dans la Bible : Je suis comme la fleur d’amandier.  Pourquoi ? Parce que c’est la première fleur qui fleurit au printemps. Lui est  toujours “primero” ! Il est le premier ! C’est fondamental pour nous :  Dieu nous précède toujours ! Quand nous pensons aller loin, dans une extrême  périphérie, et nous avons peut-être un peu peur, en réalité Lui s’y trouve  déjà : Jésus nous attend dans le cœur de ce frère, dans sa chair blessée, dans  sa vie opprimée, dans son âme sans foi. Mais savez-vous une des périphéries qui  me fait si mal que j’en ressens la douleur – je l’avais vu dans le diocèse que  j’avais auparavant ? C’est celle des enfants qui ne savent pas faire le Signe de  la Croix. À Buenos Aires, il y a beaucoup d’enfants qui ne savent pas faire le  Signe de la Croix. C’est une périphérie ! Il faut aller là ! Et Jésus est là, il  t’attend, pour aider cet enfant à faire le Signe de la Croix. Lui nous précède  toujours.

Chers catéchistes, les trois points sont finis. Toujours repartir du  Christ ! Je vous remercie pour ce que vous faites, mais surtout parce que vous  êtes dans l’Église, dans le Peuple de Dieu en marche, parce que vous marchez  avec le Peuple de Dieu. Restons avec le Christ, – demeurer dans le Christcherchons à être toujours davantage une seule chose avec Lui ; suivons-le,  imitons-le dans son mouvement d’amour, dans son mouvement à la rencontre de  l’homme ; et sortons, ouvrons les portes, ayons l’audace de tracer des voies  nouvelles pour l’annonce de l’Évangile.

Que le Seigneur vous bénisse et que la Vierge Marie vous accompagne.  Merci !

Marie est notre Mère, Marie nous conduit toujours à Jésus !

Prions la Vierge Marie les uns pour les autres.

[Ave Maria]

[Bénédiction]

Merci beaucoup !

 


 

LETTRE ENCYCLIQUE "LUMEN FIDEI" DU SOUVERAIN PONTIFE FRANÇOIS

AUX ÉVÊQUES AUX PRÊTRES ET AUX DIACRES

AUX PERSONNES CONSACRÉES ET À TOUS LES FIDÈLES LAÏCS

SUR LA FOI

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SYRIE: LE SAINT SIEGE OPPOSE A L'INTERVENTION MILITAIRE OCCIDENTALE 

 (La Croix 29/08/2013)

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SYRIE : LES CHRETIENS RESISTENT PENIBLEMENT AUX MENACES

 

(LA CROIX du 27 08 2013)

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Egypte, 80 églises attaquées : Stoppez les terroristes !

Les gouvernements occidentaux essuient les critiques de l’un des principaux évêques égyptiens, qui les appelle à coopérer avec le nouveau régime pour réprimer les extrémistes responsables de la vague de terrorisme dirigée contre près de 80 églises et autres centre coptes.

L’évêque catholique copte d’Assiout, Mgr Kyrillos William Samaan, affirme que depuis les 48 heures d’émeutes antichrétiennes lancées par les partisans du président destitué Mohamed Morsi la semaine dernière, un grand nombre de chrétiens n’osent plus sortir de chez eux – surtout dans la province de Minya (en Moyenne-Égypte) qui est la plus affectée. À travers ces propos, Mgr Samaan réagit aux déclarations de l’évêque catholique copte Youhannes Zakaria décrivant de quelle manière il a été « sauvé » par la police qui, à Louxor, a empêché des islamistes de mettre le feu à son domicile lors du déchaînement de violence qui a contraint la communauté chrétienne de la région – y compris l’évêque, les prêtres, les sœurs et les laïcs – à se terrer dans ses maisons.

« Les gouvernements occidentaux ne voient pas ce qui se passent »

Assurant que près de 80 églises, monastères, écoles confessionnelles, hôpitaux et autres centres ont été pris pour cible depuis mardi 13 août, Mgr Samaan a critiqué l’Occident, qui ne reconnaît pas l’ampleur des attaques injustifiées menées par les partisans des Frères musulmans de Mohamed Morsi contre des communautés innocentes.

Dans une interview accordée à l’Aide à l’Église en détresse, Mgr Samaan constate que « les gouvernements occidentaux parlent de droits de l’homme ; alors : oui, ces groupes ont le droit de manifester ; mais sans armes. Les gouvernements occidentaux ne voient pas ce qui se passe vraiment sur le terrain. »

« Un groupe de terroristes a pris des armes pour nous attaquer. [Les gouvernements occidentaux] ne devraient pas supporter cela. »

Mgr Samaan, qui se trouve à Assiout, a ajouté : « Les [Frères musulmans] pensent que les chrétiens sont la cause de l’éviction de Morsi. Mais les chrétiens n’étaient pas tout seuls – ce sont 35 millions de gens qui sont descendus dans la rue pour manifester contre Morsi. » « On punit les chrétiens. Nous servons de bouc émissaire. » Mgr Samaan a souligné qu’en dépit d’efforts répétés – notamment de la part des gouvernements des États membres de l’UE – visant à inciter les Frères musulmans à entamer un dialogue, la mouvance islamiste a répondu par la violence.

Ses commentaires font suite à la déclaration en date de lundi 19 août du patriarche copte catholique d’Alexandrie, Mgr Ibrahim Sidrak, qui assure « toutes les institutions publiques, notamment les forces armées et la police, de notre appui libre, massif et délibéré dans leurs efforts pour protéger notre patrie. »

Chrétiens et musulmans défendent les églises

Tout comme Mgr Samaan, Mgr Sidrak a fait remarquer qu’un grand nombre de musulmans se sont tenus aux côtés des chrétiens pour défendre les églises et autres bâtiments coptes contre les attaques. D’après Mgr Samaan, « les membres de notre communauté sont proches des musulmans normaux, des musulmans modérés. Lorsque les fondamentalistes ont voulu s’attaquer aux chrétiens dans la vieille ville [d’Assiout], les musulmans ont pris des armes pour les chasser. » « Dans d’autres villes, chrétiens et musulmans se sont unis pour protéger les églises et sont restés à proximité directe pendant toute la journée. » Selon lui, de nombreux musulmans estiment, tout comme les chrétiens, qu’il devrait y avoir une séparation stricte entre la religion et l’État.

« Toutes les églises sont désormais fermées »

Bon nombre d’évêques rapportent à quel point les attaques de la semaine dernière ont été surprenantes. Selon Mgr Samaan, « nous nous attendions à une réaction [de la part des Frères musulmans], mais pas à ce degré de brutalité. » À Louxor, Mgr Youhannes Zakaria a dépeint à l’Aide à l’Église en détresse la mauvaise tournure prise par la manifestation musulmane de vendredi 16 août dernier lorsque des extrémistes ont tenté de pénétrer à l’intérieur du domicile de l’évêque pour y mettre le feu. Les forces armées sont intervenues « et nous ont sauvés, Dieu soit loué ». Assurant que toutes les églises sont désormais fermées, il a ajouté que « moi-même, l’évêque, les prêtres, les sœurs et les membres de la communauté ne pouvons pas nous déplacer [librement]. Nous restons chez nous pour nous protéger contre toute forme de violence. » L’évêque a affirmé qu’à Louxor comme dans les villages alentours, « quelques » églises et maisons chrétiennes ont été incendiées et que quelques boutiques tenues par des chrétiens ont été détruites. Il a ajouté qu’à Dabbiah, un village à proximité de Louxor, cinq chrétiens et un musulman ont été tués. Tous les évêques ont appelé à la prière.

« Nous avons besoin de vos prières »

Dans un message adressé au directeur de l’antenne britannique de l’Aide à l’Église en détresse, Neville Kyrke-Smith, Mgr Zakaria a déclaré : « Nous sommes prêts à souffrir, à être pris pour cible, à perdre nos églises, nos maisons et nos moyens de subsistance afin de sauver l’Égypte pour les chrétiens et les musulmans. »

« Nous avons besoin des prières de tout le monde pour résoudre nos problèmes. Nous sommes préoccupés par l’avenir de nos enfants ; ce que nous voulons, c’est que les bons chrétiens et les bons musulmans puissent vivre côte à côte. »

John Pontife

 


 

Les coptes plus que jamais dans la tourmente

Martine DE SAUTO (La Croix 19 08 2013)

Les attaques se multiplient contre les communautés chrétiennes d’Égypte, notamment dans le sud du pays.Les chrétiens redoutent les violences des islamistes chassés du pouvoir et réprimés par l’armée.

Protéger les chrétiens en Égypte : c’est une des demandes pressantes formulées par les chancelleries européennes et américaines. Depuis le coup de force de l’armée qui a chassé du pouvoir Mohamed Morsi, et la violente répression de ses partisans, les attaques contre la communauté chrétienne – estimée à 10 % des Égyptiens – se sont multipliées.

Selon l’ONG Initiative égyptienne pour les droits de la personne (EIPR), depuis le 14 août, au moins 25 églises ont été incendiées et des attaques ont visé de nombreuses écoles, maisons et échoppes coptes dans dix des 27 provinces d’Égypte. Le Youth Maspero Union, un mouvement de la jeunesse copte, créé en octobre 2011, parle, lui, d’au moins 39 églises visées, en précisant que des monastères ont été attaqués et des maisons de chrétiens signalées par des croix et des slogans haineux, les désignant comme des cibles.

Deux églises coptes de la province d’Al-Minya (Moyenne-Égypte) ont été brûlées. Sohag, une ville plus au sud, où vivent de nombreux chrétiens, ne serait plus, selon un ingénieur de 27  ans interrogé par l’Agence France-Presse, qu’une « ville fantôme » où les assaillants, qui «  savaient où vivaient les coptes », ont incendié plusieurs églises avant de s’en prendre aux maisons. Ces assaillants étaient, selon lui, « des gens qui scandaient des slogans pro-Morsi ». Les islamistes s’en sont pris à des églises coptes-orthodoxes, protestantes et catholiques, ainsi qu’à des écoles coptes, à des commerces et des maisons appartenant à des chrétiens au Caire, à Alexandrie, Assiout, Al-Minya.

Les coptes sont victimes « d’une guerre de représailles », affirme le Youth Maspero Union. Pour ce mouvement, qui n’a cessé de dénoncer les discriminations à l’encontre des chrétiens durant la présidence Morsi et qui s’organise aujourd’hui pour protéger les édifices religieux, les maisons et les commerces des chrétiens, les Frères musulmans attaquent les coptes « sans qu’ils aient commis aucun crime, excepté celui d’être chrétiens dans un pays dont l’une des factions politiques mène une guerre religieuse ».

Le clergé copte, tout comme le recteur de l’université d’Al-Azhar (la plus haute autorité de l’islam sunnite), avait soutenu la destitution de Mohammed Morsi. Le patriarche copte-orthodoxe Tawadros II et le grand imam d’Al-Azhar, Ahmed Al Tayyeb, étaient apparus aux côtés du général Abdel Fattah Al Sissi lors de l’annonce télévisée du coup de force des militaires, le 3 juillet (lire La Croix du 4 juillet 2013) .

« Les islamistes se vengent sur nous autres chrétiens », estime Mgr Kyrillos William Samaan, évêque copte-catholique d’Assiout, dans une interview accordée à Aide à l’Église en détresse. « Ce sont de vraies représailles contre les chrétiens, coupables, selon les Frères musulmans, d’avoir soutenu les grandes manifestations qui ont mené à la déposition du président Morsi », ajoute le P. Daniel Cima, provincial de l’Institut du VerbeIncarné pour le Moyen-Orient (IVE), qui travaille en Égypte depuis 1995, cité par l’agence catholique italienne SIR.

« Ce sont des représailles contre les chrétiens, coupables, selon les Frères musulmans, d’avoir soutenu les grandes manifestations qui ont mené à la déposition du président Morsi. »

NOS FRERES COPTES SONT MASSACRES LEURS EGLISES BRULEES

 

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Sommes-nous encore une Église capable de réchauffer le cœur ? (Le Figaro)

À Rio, le pape François lève pour la première fois le voile sur sa conception de l'Eglise : donner plus de place aux femmes, adopter une «grammaire de la simplicité» pour l'Eglise, vraiment répondre aux «besoins des gens» sans les condamner.

Envoyé spécial à Rio 

Un Pape ne parle que de Dieu et de l'Eglise. François n'a pas échappé à la règle depuis son élection le 13 mars dernier, mais il n'avait pas encore eu l'occasion de donner sa vision d'ensemble de l'Église catholique. Il avait jusque là procédé par petites touches successives, souvent très acides pour le système ecclésial, mais sans prendre le temps d'expliquer les grands axes de sa conception de l'Église. Cela inquiétait beaucoup certains évêques et cardinaux car le pape donnait non seulement l'impression de ne pas savoir où il allait mais sa méthode d'action faisait penser à de l'à peu près.Il n'en est rien. François sait où il va. Et comment y aller. Profitant des JMJ et de son voyage pastoral au Brésil, il a rencontré, samedi à Rio, les 300 évêques du premier pays catholique du monde en proie toutefois à une chute des vocations, à une désertion des fidèles au profit des Eglises évangéliques en pleine expansion. Il leur a transmis à cette occasion le nouvel élan qu'il voudrait voir mis en œuvre. Sa «politique» en quelque sorte. Il l'a d'ailleurs prononcé en espagnol, sa langue maternelle, en s'excusant de le faire, mais parce qu'il tenait à être au plus près de sa pensée.Un autre très long discours et aussi important, sur le même thème de l'Eglise est attendu, dimanche à midi. Il sera adressé cette fois à tous les évêques d'Amérique Latine (40 % de l'Eglise catholique du monde) que le pape doit rencontrer avant de quitter le Brésil pour Rome, dimanche en fin d'après-midi. Ces interventions complètent celle qu'il doit faire samedi soir lors de la veillée finale des jeunes et lors de la messe de clôture des JMJ, dimanche matin. Mais ces messages là n'ont pas l'importance ecclésiale de ceux, adressés aux évêques, qui resteront comme une étape clé de ce jeune pontificat. 

L'humilité est l'ADN de Dieu 

Premier axe: l'Eglise, selon François, doit adopter «la grammaire de la simplicité» . Pour le pape l'Eglise «ne peut pas s'éloigner de la simplicité» sans quoi «nous perdons ceux qui ne nous comprennent pas» en «exportant, de l'extérieur, une rationalité étrangère à nos gens» . Il ajoute «l'humilité est dans l'ADN de Dieu» . Et assure: «Dieu entre toujours dans les vêtements de la pauvreté» . Ou encore «Dans la maison des pauvres, Dieu se trouve toujours une place» . 

Deuxième axe: la patience. Pour François, Dieu «arrive par surprise» dans les vies. Et souvent «quand il n'est pas attendu» . Il compare la quête de Dieu à une sorte de puzzle, une «mosaïque» avec des «morceaux de mystères» dont les hommes d'Église «voudraient voir trop rapidement le tout et Dieu au contraire se fait voir petit à petit». Par conséquent, «l'Eglise aussi, doit apprendre cette attente» .D'où, ce bel éloge de la lenteur: «La recherche de ce qui est toujours plus rapide attire l'homme d'aujourd'hui: Internet rapide, voitures rapides, avions rapides, rapports rapides… Et cependant on perçoit un besoin désespéré de calme, je veux dire de lenteur. L'Église sait-elle encore être lente: dans le temps, pour écouter ; dans la patience, pour recoudre et recomposer? Ou bien aussi l'Église est-elle désormais emportée par la frénésie de l'efficacité? Retrouvons le calme de savoir accorder le pas avec les possibilités des pèlerins, avec leurs rythmes de marche, la capacité d'être toujours plus proches, pour leur permettre d'ouvrir un passage dans le désenchantement qu'il y a dans leurs coeurs, de manière à pouvoir y entrer.» 

Le chemin de Dieu est le charme 

Troisième axeretrouver la «chaleur» du «mystère» spirituel : ce Pape se plaint souvent de la froideur d'une Eglise devenue inaccessible et peu aimable. Il pense, au contraire que «Dieu demande d'être à l'abri dans la partie la plus chaude de nous-mêmes: le cœur.» Et souhaite, par conséquent une «Eglise qui fait de la place au mystère de Dieu, une Église qui héberge en elle-même ce mystère, de façon qu'elle puisse fasciner les gens, les attirer. Seule la beauté de Dieu peut attirer. Le chemin de Dieu est le charme, l'attrait. Dieu se fait emmener chez soi. Il réveille dans l'homme le désir de le garder dans sa vie, dans sa maison, dans son coeur. (…) La mission naît justement de cet attrait divin, de cet étonnement de la rencontre. (…) Sans la simplicité de cette attitude, notre mission est destinée à l'échec.» 

Quatrième axeNe pas tout attendre des plans d'action pour l'Eglise : «Les filets de l'Église sont fragiles, peut-être raccommodés ; la barque de l'Église n'a pas la puissance des grands transatlantiques qui franchissent les océans. Et toutefois Dieu veut justement se manifester à travers nos moyens, de pauvres moyens, parce que c'est toujours lui qui agit. Chers frères, le résultat du travail pastoral ne s'appuie pas sur la richesse des ressources, mais sur la créativité de l'amour. La ténacité, l'effort, le travail, la programmation, l'organisation servent certainement, mais avant tout il faut savoir que la force de l'Église n'habite pas en elle-même, mais elle se cache dans les eaux profondes de Dieu, dans lesquelles elle est appelée à jeter ses filets» . Le Pape ajoute: «La bureaucratie centrale n'est pas suffisante, mais il faut faire grandir la collégialité et la solidarité ; ce sera une vraie richesse pour tous» 

L'Eglise «prisonnière de ses langages rigides» 

Cinquième axe: Ne pas se décourager, ni «céder à la peur»: «Il ne faut pas céder au désenchantement, au découragement, aux lamentations. Nous avons beaucoup travaillé et, parfois, il nous semble être des vaincus, comme celui qui doit faire le bilan d'une période désormais perdue, regardant ceux qui nous laissent ou ne nous considèrent plus comme crédibles, importants.» 

Sixième axeComprendre pourquoi les gens s'éloignent de l'Eglise : «Le mystère difficile de ceux qui quittent l'Église ; des personnes qui, après s'être laissées illusionner par d'autres propositions, retiennent que désormais l'Église ne peut plus offrir quelque chose de significatif et d'important. Et alors ils s'en vont par les chemins, seuls avec leur désillusion. Peut-être l'Église est-elle apparue trop faible, peut-être trop éloignée de leurs besoins, peut-être trop pauvre pour répondre à leurs inquiétudes, peut-être trop froide dans leurs contacts, peut-être trop autoréférentielle, peut-être prisonnière de ses langages rigides, peut-être le monde semble avoir fait de l'Église comme une survivance du passé, insuffisante pour les questions nouvelles ; peut-être l'Église avait-elle des réponses pour l'enfance de l'homme mais non pour son âge adulte» .Par conséquent, «beaucoup ont cherché des faux-fuyants parce que la «mesure» de la Grande Église apparaît trop haute. Beaucoup ont pensé: l'idée de l'homme est trop grande pour moi, l'idéal de vie qu'elle propose est en dehors de mes possibilités, le but à atteindre est inaccessible, hors de ma portée» 

Former «des prêtres capables de réchauffer le cœur» 

Septième axemettre en œuvre une réforme profonde de la pastorale de l'Eglise : «Aujourd'hui, il faut une Église en mesure de tenir compagnie, d'aller au-delà de la simple écoute ; une Église qui accompagne le chemin en se mettant en chemin avec les personnes, une Église capable de déchiffrer la nuit contenue dans la fuite de tant de frères et soeurs ; une Église qui se rend compte que les raisons pour lesquelles on s'est éloigné contiennent déjà en elles-mêmes aussi les raisons d'un possible retour. Mais il est nécessaire de savoir lire le tout avec courage. Je voudrais que nous nous demandions tous aujourd'hui: sommes-nous encore une Église capable de réchauffer le coeur? (…) Sommes-nous encore en mesure de raconter nos sources de façon à réveiller l'enchantement pour leur beauté? Beaucoup sont partis parce qu'on leur a promis quelque chose de plus haut, quelque chose de plus fort, quelque chose de plus rapide. Mais y-a-t-il quelque chose de plus haut que l'amour révélé à Jérusalem? Rien n'est plus haut que l'abaissement de la Croix, puisque là est vraiment atteint le sommet de l'amour?» 

Huitième axe«avoir le courage d'une révision profonde des structures de formation» des prêtres : «Si nous ne formons pas des ministres capables de réchauffer le coeur des gens, de marcher dans la nuit avec eux, de dialoguer avec leurs illusions et leurs désillusions, de recomposer ce qui a été détruit en eux, que pouvons-nous espérer pour la route présente et future? Il n'est pas vrai que Dieu soit obscurci en eux. Apprenons à regarder plus en profondeur: il manque celui qui réchauffe leur coeur, comme avec les disciples d'Emmaüs. Pour cette raison, il est important de promouvoir et de soigner une formation qualifiée qui fasse des personnes capables de descendre dans la nuit sans être envahies par l'obscurité ni se perdre ; d'écouter les illusions d'un grand nombre, sans se laisser séduire ; d'accueillir les désillusions, sans se désespérer ni tomber dans l'amertume ; de toucher ce qui a été détruit chez les autres, sans se laisser dissoudre ni décomposer dans sa propre identité.» 

L'Eglise sans les femmes est «stérile» 

Neuvième axelancer une véritable «conversion» culturelle de l'Eglise pour rendre l'Eglise accueillante : «À propos de la conversion pastorale je voudrais rappeler que «pastoral» n'est pas autre chose que l'exercice de la maternité de l'Église. Celle-ci engendre, allaite, fait grandir, corrige, alimente, conduit par la main… Il faut alors une Église capable de redécouvrir les entrailles maternelles de la miséricorde. Sans la miséricorde il est difficile aujourd'hui de s'introduire dans un monde de «blessés» qui ont besoin de compréhension, de pardon, d'amour.» 

Dixième axedonner une place aux femmes et à la famille dans l'Eglise : «Dans la mission, également continentale, il est très important de renforcer la famille, qui reste la cellule essentielle pour la société et pour l'Église ; les jeunes, qui sont le visage futur de l'Église ; les femmes, qui ont un rôle fondamental dans la transmission de la foi. Ne réduisons pas l'engagement des femmes dans l'Église, mais promouvons leur rôle actif dans la communauté ecclésiale. En perdant les femmes l'Église risque la stérilité.» 

Jean-Marie Guénois  Rédacteur en chef adjoint chargé des religions

 

 


 

 DOSSIER JMJ    (extrait du journal La Croix du 29/07/2013)diaporama4002136323373041380-jpg-article-popin.jpg

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L'APPEL AU RENOUVEAU      jmj-1.pdf jmj-1.pdf

FEUILLE DE ROUTE    jmj-2.pdf jmj-2.pdf

LE PAPE FRANCOIS APPELLE AU RENOUVEAU DE L'EGLISE    jmj3.pdf jmj3.pdf

RENOUVEAU DE L'EGLISE (SUITE)    jmj4.pdf jmj4.pdf

 ARRIVER NON PAS A L'UNANIMITE MAIS A LA RECONCILIATION  jmj5.pdf jmj5.pdf

VEILLEEN'AYEZ PAS PEUR DE PORTER LE CHRIST EN TOUT MILIEU   jmj6.pdf jmj6.pdf

VEILLEE jmj7.pdf jmj7.pdf

L'ENVOI EN MISSION   jmj8.pdf jmj8.pdf

 

 

 


 

 

 

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Pour nous unir à la ferveur des jeunes rassemblés avec notre merveilleux Pape François, cette prière écrite pour cette fête mondiale de la foi ; que la nôtre en soit renouvelée ou confortée !

Père, tu as envoyé ton Fils éternel pour sauver le monde et tu as choisi des hommes et des femmes pour que, par lui, avec lui et en lui, ils proclament la Bonne Nouvelle à toutes les nations. Accorde, par la puissance de ton Esprit Saint, les grâces nécessaires pour que brille sur le visage de tous les jeunes le bonheur d’être les évangélisateurs dont l’Église a besoin en ce troisième millénaire. Christ, Rédempteur de l’humanité, c’est avec les bras grands ouverts que tu accueilles, du haut du mont Corcovado, tous les peuples. Par ton offrande pascale, tu nous conduis, avec l’aide de l’Esprit Saint, à la rencontre filiale avec le Père. Les jeunes, qui se nourrissent de l’eucharistie, t’écoutent à travers la Bible et Te rencontrent dans les autres. Ils ont besoin de ton infinie miséricorde pour partir sur les chemins du monde comme disciples-missionnaires de la nouvelle évangélisation. Saint-Esprit, amour du Père et du Fils, envoie sur tous les jeunes ta lumière, splendeur de vérité et feu de ton amour. Qu’animés par les Journées Mondiales de la Jeunesse, ils puissent répandre aux quatre coins du monde la foi, l’espérance et la charité, témoins d’une culture de vie et de paix, ainsi qu’acteurs d’un monde nouveau. Amen

 


 

A Aparecida, le pape François exprime sa dévotion mariale

Le pape s’est rendu hier au grand sanctuaire brésilien pour demander à Marie le succès des JMJ et « déposer à ses pieds la vie du peuple latino-américain ». 

 ‣ Il confirme ainsi sa dévotion à la Vierge, à qui il a confié son pontificat. 

 ‣ Sa visite exprime aussi la volonté d’ancrer le travail pastoral dans « la foi simple des pèlerins ».

 

Avant d’entrer de plain-pied dans les JMJ, ce soir à Rio, où il rencontrera pour la première fois la jeunesse du monde entier, le pape François a accompli hier un détour par Aparecida. Cette étape au grand sanctuaire national brésilien (lire La Croix d’hier) n’était pas inscrite au programme initialement prévu pour son prédécesseur, mais le pape latino-américain a fortement voulu l’ajouter. « C’est un acte de dévotion personnelle du pape », a insisté le P. Federico Lombardi, directeur de la Salle de presse du Saint-Siège. Le pape l’a lui-même justifié au début de son homélie, lue en portugais : « J’ai voulu venir ici pour demander à Marie, notre Mère, le succès des Journées mondiales de la jeunesse et pour déposer à ses pieds la vie du peuple latino-américain. » Un peuple dont la ferveur n’a pas été découragée, hier, à l’extérieur de la vaste basilique, par le temps hivernal maussade.

En les rejoignant en ce lieu montagneux, le pape François confirme sa dévotion mariale, qu’il a lui-même rappelée dans son homélie, entrecoupée d’applaudissements nourris. « Au lendemain de mon élection comme évêque de Rome, j’ai visité la basilique Sainte-Marie-Majeure à Rome, afin de confier à la Vierge mon ministère de successeur de Pierre. » Le 14 mars, le nouveau pape fraîchement élu s’était rendu de bon matin, avec un bouquet de fleurs, dans la basilique romaine pour prier devant l’icône byzantine de Maria Salus Populi Romani , vénérée des Romains depuis des siècles, mais aussi de tous les catholiques de langue hispanique, et des jésuites qui lui sont intimement liés.

La dévotion mariale de Jorge Bergoglio est ancienne. Comme cardinal, de passage à Rome, il ne manquait jamais de venir se recueillir devant l’icône à Sainte-MarieMajeure. Et il demandait aux prêtres de Buenos-Aires de passage à Rome d’aller y dire un Ave pour lui. En quatre mois de pontificat, le pape François s’est rendu à trois autres occasions auprès de la Vierge de la basilique romaine, en particulier en mai, mois traditionnellement consacré à Marie. Vendredi dernier, le 19 juillet, juste avant son départ pour Rio, il y est retourné, confiant à Marie son premier voyage apostolique et allumant un cierge à l’emblème de ces JMJ, où est représenté le Christ bras ouverts du Corcovado.

Comme l’a souligné le pape à Aparecida, prier Marie sert à mieux accomplir la volonté de son Fils. « Quand elle cherche le Christ, l’Église frappe toujours à la porte de la maison de sa Mère et demande : “Montre nous Jésus.”» « Elle nous demande maintenant : “Tout ce qu’il vous dira, faites-le”(Jn 2,5). » De la même façon, le 14 juillet, lors de son premier angélus depuis Castel Gandolfo, la résidence estivale des papes, le pape François avait invité à prier « afin que Notre-Dame d’Aparecida, la patronne du Brésil, guide les pas des participants (aux JMJ, NDLR) et ouvre leur cœur pour qu’il accueille la mission que le Christ leur donnera. »

Marie rapproche aussi le pape du peuple. Sa dévotion mariale est inséparable de la religiosité populaire, envers laquelle le pape latino-américain manifeste un profond respect. Sa visite à Aparecida en a offert une nouvelle illustration, priant à son arrivée dans la chapelle du sanctuaire, y déposant un bouquet et y touchant la statue de la Vierge, avant de présider la messe dans la basilique.

Pour un pape qui a invité les pasteurs de l’Église à connaître « l’odeur de (leurs) brebis », un tel site, fréquenté par huit millions de pèlerins par an, est incontournable. Y compris par la haute hiérarchie catholique. Rappelant la tenue dans ce sanctuaire, en 2007, de la cinquième conférence générale de l’épiscopat de l’Amérique latine et des Caraïbes (lire La Croix d’hier) , le pape François, qui en a guidé la rédaction finale, a confié :

« Que Notre-Dame d’Aparecida ouvre le cœur des participants pour qu’il accueille la mission que le Christ leur donnera. »

 

Un fait très beau dont j’ai pu me rendre compte personnellement : voir comment les évêques se sentaient encouragés, accompagnés et, dans un certain sens, inspirés par les milliers de pèlerins qui venaient chaque jour confier leur vie à la Vierge » . Selon le pape, le document issu de la conférence d’Aparecida « est bien connu à cause de cette interaction entre les travaux des pasteurs et la foi simple des pèlerins, sous la protection maternelle de Marie » . « C’est la raison pour laquelle les évêques s’étaient rencontrés dans ce sanctuaire et non dans un palais des congrès ou un hôtel » , souligne le P. Thomas Rosica, dirigeant de la fondation canadienne Sel et lumière, pour qui « la dévotion à Marie, sous des noms différents, est un facteur d’unité dans la diversité culturelle de l’Amérique latine. »

Avant de quitter la Basilique, le pape a promis de revenir « en 2017 », pour le 300e anniversaire de la découverte de la statue de la Vierge.


 

 À son arrivée lundi, à Rio, le pape François a reçu de grandes démonstrations d’affection du peuple brésilien qui ont perturbé les services de sécurité.

‣ Manifestant le souci de proximité et d’humilité qui fait désormais sa marque, le pape s’est mis d’emblée à l’écoute du pays qui l’accueille.

‣ Après une journée de repos, les premières étapes de son voyage le conduisent aujourd’hui au sanctuaire Notre-Dame d’Aparecida et dans un centre de réinsertion de jeunes toxicomanes.

Au Brésil, tensions sociales et joie débordante accueillent le pape

SÉBASTIEN MAILLARD RIO DE JANEIRO

De l’un des envoyés spéciaux du journal LA CROIX 24 07 2013

Dès son arrivée lundi à Rio, en pleine crise sociale, le pape a fait écho aux préoccupations des jeunes, tout en faisant preuve d’humilité devant les Brésiliens.

L’enthousiasme suscité par les premiers pas de ce pape avide de contacts directs soulève des questions sur sa sécurité.

Enthousiasme débordant, scènes de cohue et manifestations. Le pape François a pris, dès son arrivée lundi à Rio, le pouls d’un pays en pleine crise sociale. Retrouvant, à la faveur des Journées mondiales de la jeunesse, « cette Amérique latine bienaimée » , selon ses mots, le pape a pu se sentir le bienvenu sur son continent d’origine, saluant une foule en liesse à son passage dans les rues de la Cidade marvilhosa – la « cité merveilleuse » –, sous le ciel couvert et humide de l’hiver tropical. Aux balcons des immeubles, les habitants ne manquaient pas ce défilé inédit d’un pape latino-américain. En haut des chantiers alentours, des ouvriers cessaient un moment leur labeur, tendant un portable pour capturer l’image d’un pape que chacun cherche à approcher.

Quitte à provoquer un vent de panique. Après s’être écartée par erreur du parcours prévu, la voiture du pape s’est retrouvée prise dans un joyeux mais néanmoins pressant assaut. Si son secrétaire particulier a pris « peur », selon le porte-parole du Saint-Siège et directeur de la Salle de presse, le P. Federico Lombardi, l’ancien archevêque de Buenos Aires, lui, est resté fenêtre ouverte, privilégiant, comme à son habitude place saint-Pierre à Rome, « un contact très direct avec les gens ».

Cette volonté de contact, appelée à se poursuivre toute cette semaine, donne des sueurs froides aux services de sécurité. À l’invitation des autorités brésiliennes, le pape a dû avoir recours, lundi, à un hélicoptère pour gagner le palais du gouverneur de l’État de Rio et rencontrer la présidente, Dilma Rousseff, en raison de violentes manifestations aux abords de l’édifice. Le même jour, l’armée avait annoncé avoir trouvé un engin explosif, « très artisanal », selon le P. Lombardi, au sanctuaire d’Aparecida, où le pape François se rend aujourd’hui (lire p. 3) . Toutefois, le Vatican affiche sa confiance quant à la sécurité du pape au Brésil. Entre 20 000 et 30 000 policiers et militaires sont déployés pour la visite.

Ce dispositif, spectaculaire dans les rues de Rio, rappelle le lourd climat social que font régner depuis juin les mouvements contre la gabegie visant le pouvoir régnant. Tant Dilma Rousseff, par son discours d’accueil lundi, que les manifestants en captant l’attention de la visite pontificale, cherchent à attirer dans leur direction les premiers pas du pape François. Ce dernier, dès l’avion l’amenant à Rio (lire La Croix d’hier), a adopté un ton distancié – il n’a jamais fait référence aux mouvements brésiliens – mais ouvertement social, rejoignant ainsi les préoccupations des jeunes. « Notre génération se révélera à la hauteur de la promesse qui est en chaque jeune quand elle saura lui offrir un espace et lui assurer les conditions matérielles et spirituelles nécessaires à son épanouissement », a-t-il déclaré en portugais devant la chef d’État brésilienne.

Le pape jésuite se garde pour autant d’avancer dans le premier pays catholique du monde comme en terrain conquis, sachant que l’Église y est critiquée et en partie délaissée par les jeunes. C’est par des mots très choisis que le pape s’est présenté aux Brésiliens à son arrivée, avec une attitude humble, à l’image de sa petite voiture de déplacement. « J’ai appris que pour avoir accès au peuple brésilien, il fallait entrer par la porte de son cœur immense, a-t-il déclaré. Qu’il me soit donc permis aujourd’hui de frapper délicatement à cette porte. Je demande la permission d’entrer et de passer cette semaine avec vous », a-t-il poursuivi, prévenant n’avoir « ni or ni argent » – en référence à saint Pierre à la porte du Temple de Jérusalem dans les Actes des Apôtres (chapitre 3) – et espérant gagner « si possible, l’empathie nécessaire pour établir un dialogue entre amis » .

« Je demande la permission de passer cette semaine avec vous. »

 

 

 

 


 

Troisième édition de la Nuit des églises le 6 juillet

 

La troisième édition de la Nuit des églises est organisée le samedi 6 juillet sur l’ensemble du territoire français, a annoncé hier la Conférence des évêques de France (CEF). Plus de 600 églises devraient être concernées par cette manifestation, parrainée cette année par l’animatrice de télévision et de radio Frédérique Bedos, et qui vise à faire redécouvrir le patrimoine religieux. Lancée en 2011, la Nuit des églises permet aux églises souvent fermées le reste de l’année d’être ouvertes au public. En 2012, 540 églises avaient participé à l’événement. La CEF estime à 40 000 le nombre de personnes ayant cette nuit-là franchi le seuil d’une église.

« À travers cet événement, nous souhaitons proposer aux visiteurs des édifices de découvrir que le chrétien est quelqu’un qui entretient une relation avec son Seigneur »,

explique Mgr Jean Legrez, archevêque d’Albi, chargé des questions d’arts sacrés à la CEF, faisant de la Nuit des églises une œuvre d’évangélisation. Mais ces rencontres ont aussi pour but, précise-t-il, de permettre à des habitants d’une région de se réapproprier leur patrimoine.

 

A NOTER CHEZ NOUS LA PARTICIPTION DES EGLISES D'EYRAGUES, NOVES et PALUDS DE NOVES

(voir les compte-rendus sur les pages paroisses)

 


 

VIVRE LES JMJ EN FRANCE (La Croix du 22 06 2013)

Acceder à l'article en cliquant >>>vivre-jmj-1-la-croix.pdf vivre-jmj-1-la-croix.pdf

suite vivre-jmj-2-lacroix.pdf vivre-jmj-2-lacroix.pdf

 

LA PRIERE DES JMJ (La Croix du 22 06 2013)

Acceder au texte en cliquant >>> priere-jmj-la-croix-22-06-13.pdf priere-jmj-la-croix-22-06-13.pdf

 

 

 


 

 

Divers à noter : Un groupe de députés engage une réflexion sur les religions (LA CROIX 28 05 2013)

laicite-la-croix-28-05.pdf laicite-la-croix-28-05.pdf

 


 

L'Unité plurielle (LA CROIX 11 5 2013) 

  cliquez >>> l-unite-plurielle.pdf l-unite-plurielle.pdf

 


 

 


 

 "Servons la Fraternité"

 message final de Diaconia 

 Conférence des évêques de France

            Lourdes samedi 11 mai 2013                      

"Personne n’est trop pauvre pour n’avoir rien à partager. La fraternité n’est pas une option, c’est une nécessité. Nous en avons fait l’expérience forte et joyeuse à 12 000, lors du rassemblement Diaconia, de toutes origines et de toutes conditions, représentant des centaines de milliers de chrétiens engagés au service de leurs frères. A la lecture de l’Evangile, à la suite du Christ serviteur, tous ont appris à écouter la voix des pauvres de notre temps.

Chacun a été entendu dans sa singularité : ceux qui souffrent, malades, handicapés, personnes seules ou abandonnées, sans domicile ou mal logées, chômeurs ou précaires, divorcés, remariés ou non, salariés en souffrance ou menacés dans leur emploi, jeunes sans perspectives d'avenir, retraités à très faibles ressources, locataires menacés d'expulsion, tous ont pris la parole. Leurs mots, leurs colères sont aussi dénonciation d'une société injuste qui ne reconnaît pas la place de chacun. Ils sont une provocation au changement. Il est temps de sortir de nos zones de confort. Comme le dit le Pape François, il est temps d’aller aux périphéries de l’Eglise et de la société.

Ensemble, osons le changement de regard sur les plus fragiles. Abandonnons un regard qui juge et humilie pour un regard qui libère. Nous n’avons pas de prochain clé en main. La proximité se construit chaque jour. Ensemble, osons le changement d'attitude au sein des communautés chrétiennes pour que les pauvres y tiennent toute leur place. Cette conversion passe notamment par un développement des collaborations dans et hors de l’Eglise.

Ensemble, osons le changement de politiques publiques, du local à l’international. Que les décisions prises visent à prendre en compte la situation des plus fragiles dans le respect, la justice et la dignité. Ensemble, osons le changement dans nos modes de vie, pour respecter la création où les liens humains sont premiers et préserver l'avenir des générations futures.

Le rassemblement Diaconia, voulu par l’Eglise de France, est une étape. Le temps de l’engagement se poursuit. Les participants appellent tous les baptisés et tous les hommes et femmes de bonne volonté qui se retrouvent dans les valeurs de l'Evangile, à se mettre en route, ensemble, pour construire une société juste et fraternelle. Une société où l’attention aux pauvres guide toutes nos actions".

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L’Eglise invitée à changer de regard sur les plus fragiles (LA CROIX 10 05 2013)

diaconia.pdf diaconia.pdf 

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A LOURDES du 9 au 12 MAI : Rassemblement national DIACONIA 2013. 

 Notre unité pastorale est représentée par Anie Poulet d’Eyragues.

voir des photos : cliquez >>> Mai 2013 DIACONIA LOURDES

 


 

L'EGLISE FERA-T-ELLE PLACE AUX FEMMES ? (LA CROIX 04 05 2013)

cliquez >>>  l-eglise-fera-t-elle-place-aux-femmes.pdf l-eglise-fera-t-elle-place-aux-femmes.pdf

 


 

A L'ECOLE DES "ANAWIM" DE L'EVANGILE (LA CROIX 04 05 2013)

cliquez >>>a-l-ecole-des-anawim-de-l-evangile.pdf a-l-ecole-des-anawim-de-l-evangile.pdf

  


 

Un site web pour aider les jeunes à découvrir leur vocation (LA CROIX 23 04 2013)

cliquez >>> web-pour-les-vocations.pdf web-pour-les-vocations.pdf

le site  >>>  http://quelleestmavocation.com

 

 


 

Conférence des évêques de France - 17 avril 2013

Choisir le dialogue social

 

Déclaration du Conseil Famille et Société de la Conférence des Évêques de France publié à l'occasion de l'Assemblée plénière d'avril 2013, au sujet des restructurations d'entreprises et des annonces répétées de suppressions d'emplois ou de licenciements.
 
Pour accéder au texte intégral de la déclaration cliquez >>> choisir-le-dialogue-social.pdf choisir-le-dialogue-social.pdf
 

 

 

Diaconia 2013 : Servons la fraternité !

 

« Le service du plus pauvre – la diaconie – est essentiel pour la vie de l’Église. Diaconia 2013 a été voulue par les évêques de France pour le rappeler à chaque baptisé. Servons la fraternité ! » Mgr C. Dufour.

 

Depuis près de deux ans, notre diocèse, avec les services et mouvements, s’est mis en marche. Avec le numéro spécial du journal diocésain qui sera diffusé les 10 et 11 novembre dans les paroisses, notre archevêque élargit la mobilisation à tous, en vue du rassemblement national à Lourdes à l’Ascension 2013. Un tremplin pour des initiatives solidaires.

Site national (initiatives et projets) : http://diaconia2013.fr

Télécharger le dossier Diaconia parue dans la revue Eglise d’Aix et Arles de novembre 2012 : dossier diaconia (pdf)

 

 


 

Monseigneur PONTIER élu président de la Conférence des Evêques de France

Cliquez >>>mgr-pontier-pt-cef.pdf mgr-pontier-pt-cef.pdf

Trois evêques "en conversation" avec le monde

Cliquez >>>3-eveques-en-conversation-avec-le-monde.pdf 3-eveques-en-conversation-avec-le-monde.pdf

 


LE SIGNE DISTINCTIF (LA CROIX 27 03 13)

 

cliquez >>>le-signe-distinctif-27-03-13.pdf le-signe-distinctif-27-03-13.pdf

 


 

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INSCRIPTION  et QUESTIONS cliquez >>> http://www.rio2013.com/fr/questions/inscription

 


La raison et la vérité des mots

 

Forum Mgr Hervé Giraud, évêque de soissons, Laon et saint-Quentin

 

 
 

A-t-on perdu la capacité de se parler, de dialoguer, de raisonner ? Aurions-nous perdu la raison  ellemême ? Il est possible de le penser quand on écoute, même distraitement, les discussions à table, dans les transports en commun et jusqu’aux débats parlementaires. Au diable les arguments… vive le sentiment ! Peut-on pour autant se résigner à cette impossibilité de dialoguer, de réfléchir ensemble, d’argumenter, de raisonner, d’écouter l’autre ? Car, selon Benoît XVI, « le dialogue et le débat peuvent grandir quand on converse et prend au sérieux ceux qui ont des idées différentes des nôtres » et notre société a « besoin de l’engagement de tous ceux qui sont conscients de l’importance du dialogue, du débat raisonné… » Ainsi, quand cette « voix discrète de la raison » est dominée par la rumeur, par des informations excessives, des slogans ou des injures il est plus qu’urgent d’en appeler au retour à la raison. Relisons au besoin l’Évangile selon saint Marc : Jésus redonne le bon sens à un possédé et ce dernier recouvre sa raison et sa maison (Mc 5, 1-20).

Or tout commence par le respect des mots. Notre langue maternelle, celle qui nous est enseignée dès l’école maternelle, nous a transmis des mots dont on peut se demander, comme Louis Massignon dès 1912, s’ils ne deviendront pas le supplice des générations qui viennent parce que ces «  mots mentent à leur sens originel  ». Certes les mots ne trouvent sens que dans une phrase et parler c’est élaborer une proposition : il y a vérité quand il y a phrase. Mais si notre société perd à la fois ses mots et ses phrases, si notre intelligence s’appauvrit, s’affaiblit, se rétrécit au point de perdre le sens de notre vocabulaire, il est à craindre que nous perdions la raison. Nous serions alors dans l’incapacité à fonder une sociabilité et une fraternité. Cependant, notre société croit-elle encore à la raison ? Ne l’a-t-elle pas réduite au rationalisme scientifique, rationalisme qui s’appuie pourtant lui aussi sur un « ordre des choses » dont il cherche à comprendre le sens ? Des personnalités de la société civile font ce même constat, à l’image du docteur Jean Leonetti qui commentait les débats actuels par ce simple tweet : «  Curieuse société ou l’émotion prime sur la pensée, la réaction sur la réflexion, l’immédiat sur le durable, et l’accessoire sur l’essentiel.  »

Dans ce contexte, l’Année de la foi nous amène à nous demander si cette foi ne nous est elle-même pas donnée pour venir également sauver la raison ? Dans la réciprocité de l’une et de l’autre on peut espérer que l’une porte l’autre quand l’autre défaille. Certes fautil encore que la foi elle-même ne tombe pas dans le sentiment ou l’émotion ! Car la foi a aussi besoin d’un tant soit peu de raison, du don de l’esprit et du don de l’Esprit ! La foi ne peut donc vivre sans espérer la réciprocité d’une raison qu’elle sauve aussi. Sans la raison, la foi ne tiendra pas ; elle s’appauvrira et deviendra encore plus affective, sentimentale et fragile. L’effusion mystique ne peut pas guider nos vies sans l’intelligence de la foi. Ainsi, le christianisme a fait le choix de la raison car il y a alliance de la foi chrétienne avec la vérité, et non avec la simple opinion ou le sentiment. Comme l’exprimait Alessio Antonielli, un jeune Italien : «  Il est urgent de traduire le message (de l’Évangile) par le témoignage de vie, avec un raisonnement rationnel qui puisse arriver aux gens de manière simple et rapide d’une part, et d’une manière profonde et compréhensible de l’autre  » (1).

L’intelligence de la foi est une intelligence éclairée par la foi. La foi a besoin de comprendre pour devenir encore plus elle-même. Le mystère est intelligent. S’il faut croire pour comprendre, il faut aussi réfléchir pour mieux croire. Sans la raison, la foi ne risque-t-elle pas de perdre l’interlocuteur indispensable à son affirmation ? Comme chrétiens nous ne devons donc pas abandonner l’intelligence. L’Esprit nous donne la capacité de réfléchir, d’écouter et de dialoguer, quelles que soient nos divergences idéologiques ou religieuses. Les vérités de sagesse contenues dans la Bible, la Vérité qu’est le Christ et l’Esprit de vérité nous donnent la force de ne pas désespérer des capacités de la raison.

Quand Jésus pose la question «  Si je dis la vérité, pourquoi ne me croyez-vous pas ? » (Jn 8, 46), il exprime non pas un doute sur la vérité, mais une crainte que notre intelligence ne s’érode au point de ne plus Le recevoir. Il n’en continuera pas moins pour autant à faire la vérité dans la charité. « À une époque de supercherie universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire » selon les mots de l’écrivain George Orwell (2). Lançons donc en tous lieux ce pari de l’intelligence, le pari de ce que saint Thomas d’Aquin nomme « la raison droite », celle sans laquelle notre monde cherchera en vain à organiser un bien vivre ensemble.

L’Esprit nous donne la capacité de réfléchir, d’écouter et de dialoguer, quelles que soient nos divergences idéologiques ou religieuses.