NOVES

 

 

 

 

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Jeudi 19 à partir de 15h00 visite des classes de l’école St Joseph 

 

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Le 4 mai 1664, la Vierge de Lumieres daigna operer une réunion de miracles éclatants en faveur d'une demoiselle de Noves, agée de 13 ans, nommée Claude Maynaud .

(D'aprés le Père Michel du Saint-Esprit commissaire général de la réforme des Carmes en Provence 1666)

Le bienfait suivant, et un des miracles plus publics, et une des merveilles plus notoires qu'on ait vu en la sainte Chapelle de Goult. 

Claude Meynaud, fille de Pierre Meynaud, et d'Anne Giraude, demeurant dans la la ville de Noves, Diocèse d'Avignon, était estropiée, infirme et affligée de diverses manières. Car elle était paralytique de tout le côté gauche depuis son âge de sept ans.

  Elle ne voyait rien du tout de l'œil droit, ses pieds étaient hors de leur siège, et situation ordinaire, elle ne marchait qu'avec deux potences, et jamais sans une personne qui la soutint, outre cette aide, elle ne pouvait se servir de ses bras ni de ses mains, vu même que pour manger, il fallait, ou qu'elle prit avec sa bouche l'aliment ordinaire, baissant sa tête et ses lèvres sur le bord de la table, de la chaise ou du banc tout ainsi que les bêtes, ou que quelqu'un lui donnât la nourriture avec la main, comme on fait aux petits enfants du berceau, lorsqu’on leur donne la bouille.

  Comme on ne parlait presque d'autres choses dans la ville de Noves, que des miracles que Dieu faisait à Goult, par l'invocation et intercession de N. Dame de Lumières, et que des personnes y allaient en procession, dévotion et pèlerinage.

  Cette pauvre, affligée, pitoyable et innocente fille, âgée lors de treize ans, fut inspirée de s'y faire conduire. Elle pria ses parents de l'y faire porter, et leur fit pour ce sujet si grandes et pressantes instances, que leur amour et leur piété ne purent l'éconduire.

  Ils communiquèrent leur dessein à Mr. Le Vicaire Ecclésiastique de probité connue, de vie sans tache et d'érudition rare. Se résolurent sur son avis d'y aller avec elle, et dans la compagnie des Pèlerins du lieu.

  Ils partirent ensemble de Noves, le 3 mai 1664, jour de l'invention de la sainte Croix, et étant arrivés le soir de la grande Begude de Goult, chez Mr. Janselme, Claude fut l'objet de la compassion d'une grande multitude de peuple, qui était dedans et à l'entour de ce fameux logis.

  Le lendemain, qui était le dimanche, ayant été apportée dans la Chapelle miraculeuse de N. Dame de Lumières, et ayant fait sa prière avec ses père et mère, animés d'une ferme foi, résignation et confiance, dans le pouvoir, la bonté et les mérites de la très sainte Vierge; elle fut le sujet tout à la fois, de cinq ou six miracles surprenants, manifestés et signalés.

  Car elle fut en même temps, et comme en un instant, entièrement délivrée de toutes les susdites infirmités.

  Je vous laisse à penser (cher Lecteur, et dévot Pèlerin) qu'elle consolation intérieure elle eut en son cœur, lorsqu'elle se sentit touchée dans l'âme d'un mouvement de dévotion, et dans le corps d'une main bienfaisante, qui la tirait amoureusement d'un si grand nombre de misères.

  Quelle joie eurent ses parents, leurs compatriotes, et tous les Assistants, quand ils l'ouïrent s'écrier dans son transport cordial, et insigne métamorphose "Ah, sainte Vierge ! Ah, notre Dame de Lumières, je suis guérie, vous m'avez guérie !"

  Les potences sur lesquelles elle appuyait ses épaules, et soutenait avant sa guérison, son pitoyable corps, comme sur des colonnes mouvantes, et mobiles, portantes, et portatives, restèrent dehors sur le lieu. v Elles furent relevées, et sont attachées dans la Chapelle miraculeuse comme des bâtons triomphants, et des étendards victorieux de N. Dame de Lumières, sur les diverses infirmités, et différentes maladies.

  Or comme on courait de toutes parts au bruit de ces miracles si visibles, opérés à la même heure, et en faveur d'une même personne, et qu'on étouffait dans la presse qui était dans la saint Chapelle (laquelle étant rebâtie sur les vieux fondements, ne contient en dedans que deux Cannes de largeur, et six de longueur, jusqu'au milieu du haut du Presbytère) on en fit sortir ce trophée de l'Auguste Marie. 

Alors Claude remuait ses pieds remis dans l'état naturel, elle se servait de ses mains, comme elle le voulait, voyait de ses deux yeux en perfection, et marchait comme si elle n'eut jamais été malade. Quod vidimus testamur.

  Elle monta à la Chapelle de saint Michel, où on n'avait point encore dit la Messe depuis plusieurs années (et où je faisais seulement rebâtir le Presbytère, pour la bénir par l'autorité de l'Ordinaire, et y célébrer, comme je le fis le jour de l'Apparition de ce divin Archange, le 8 du même mois de mai de la susdite année,) son père et sa mère l'accompagnaient, suivis d'une grande troupe de personnes et de pieux Pèlerins.

  Elle en revint saine et dispose, et parce que j'avais pris durant ce temps, information, et que les miracles étaient évidents, notoires, et manifestés, je commençai le Te Deum qui fut chanté avec joie par plusieurs Prêtres séculiers, et Religieux de divers Ordres, tous ravis de cette universelle guérison.

  Cet hymne étant fini, je dis les Oraisons de la sur adorable Trinité, de la sacrée Vierge, et du glorieux S. Michel Primat de tous les Esprits Angéliques, et fis exhortation. Ce fut pour exciter les Pèlerins à louer Dieu de ses bienfaits, à honorer la sainte Vierge, et à représenter à la guérie, qu'elle devait être toute sa vie une fille de lumières, et vraie servante de la Mère de Dieu, en fuyant les ténèbres des vices, et en aimant les clartés des vertus durant tout le cours de sa vie.

  Après que les parents de Claude eurent dînés, salués la sainte Vierge, et reçus la bénédiction que je leur donnais, avec consolation extrême, dedans le lieu miraculeux, ils s'en retournèrent à Noves, avec la compagnie.

  Plusieurs des Pèlerins arrivés à diverses devant Claude, son père et sa mère (qu'on avait attesté en chemin à raison des grâces si insignes) avaient déjà publié dans la ville la guérison miraculeuse de cette fille affligée auparavant en diverses manières.

  On attendait à Noves avec impatience de voir la vérité de la nouvelle, et un chacun déférant bien plus à ses propres yeux, qu'à ses oreilles, désirait à tout moment son retour, et son arrivée.

 Enfin lorsque Claude, illustre objet et merveilleux sujet des bontés de l'Auguste Marie Mère de Dieu, fut rendue dans la ville, et que tous les grands et les petits voulaient la voir, et ne pouvaient sans de très grandes incommodités pour les uns, et les autres, entrer en la même maison, il fallut trouver le suivant expédient.

  Monsieur le Vicaire de Noves, personne de probité connue à tout le pays, et Monsieur de Merindeau savant gentil homme du lieu, et pour lors premier Consul ayant admiré ce précieux ouvrage de la sacrée Mère de Dieu, trouvèrent à propos de la mener par toutes les rues, et endroits de la ville.

  Ils la conduisirent tous deux, et voulurent, qu'elle fut vue dans cette parfaite guérison, et entière santé, par tous les habitants, pour exhorter un chacun à glorifier Dieu, et honorer la sainte Vierge.

  Mais ce n'est pas là tout. O Dieu ! Que vos conduites sont admirables et vos secrets impénétrables ! Cette fille ne mange, ni ne boit quoi que ce soit, à Noves, douze jours consécutifs et entiers, après son retour, et sa parfaite, et merveilleuse guérison.

  Cependant elle voit clairement de l'œil gauche dont elle ne voyait point du tout auparavant, et de l'œil droit mieux qu'elle ne faisait. Elle manie ses bras et ses mains comme elle veut, elle remue ses pieds, et va où elle désire sans béquille, sans guide, et sans difficulté.

  Elle a le teint vermeil, belle couleur, et le visage bon. Elle est forte, serviable à la maison, et elle se porte bien. O merveilles admirables du Tout-puissant ! O faveurs signalées de Marie !

  En suite de cet état d'une totale guérison, et d'entière abstinence, Claude Meynaud but et mangea, et vint faire une neuvaine à N. Dame de Lumières avec sa bonne mère, pour lui rendre grâce plus amplement, et lui demander la continuation de sa sauvegarde, et de sa protection. 

Et depuis ses pieux parents l'y ont encore accompagnée deux fois, et le jour de l'anniversaire de la grâce reçue.

O quelle obligation elle a de bien servir et honorer toute sa vie la Vierge ! Et quel motifs n'avons-nous point, d'avoir recours en nos besoins spirituels et corporels, à la Reine du Ciel, à N. Dame de Lumières.