A PROPOS DU MARIAGE POUR TOUS

 

  "Le nuancier se rétrécit" (La Croix 1er juin 2013)

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 Message de Monseigneur Marc Aillet aux diocésains à propos de la « Manif pour tous » du 26 mai 2013


A trois reprises, je vous ai écrit à propos du dit « mariage pour tous ».
Sans doute le Conseil Constitutionnel a-t-il donné le 17 mai un avis favorable et le Président de la République s’est-il empressé, dans la foulée, de promulguer la loi Taubira. Je me risque toutefois à vous adresser encore un message pour vous inviter à prendre la mesure de ce qui se passe en France depuis neuf mois et qui me semble sans précédent. La vague d’opposition au mariage et à l’adoption pour tous n’a cessé de s’amplifier depuis que le Cardinal André Vingt-Trois invitait les catholiques de France à prier pour le mariage et la famille, le 15 août dernier. Il s’agit, à n’en pas douter, d’un mouvement social unique dans la France de ces dernières décennies :
* par son ampleur.
Jamais les français ne s’étaient mobilisés en aussi grand nombre : 1 million le 13 janvier, et selon toute vraisemblance, 1 million 4, le 24 mars à Paris. Sans compter les manifestations régionales et les multiples rassemblements quasi quotidiens, ici ou là. * par sa diversité. Ce sont des français de toutes conditions sociales, confessions et sensibilités politiques, qui se sont mobilisés et pour qui la rue a été le creuset d’une fraternité inédite. * par son caractère intergénérationnel. Toutes les générations se sont retrouvées engagées dans le même combat : grands-parents, parents, enfants… mais aussi de très nombreux jeunes de la génération JMJ et dont l’engagement est particulièrement remarquable. Au fond, ce sont les familles qui sont descendues dans la rue pour défendre la famille, face à des décideurs qui, il faut bien le dire sans les juger pour autant, n’ont plus beaucoup l’expérience de ce qu’est le mariage ou la famille. * par son contenu. Il ne s’agissait pas de revendiquer des intérêts particuliers mais de défendre le « Bien commun » de la société, qui est tout autre chose que la somme des biens particuliers qui mettent des individus et des groupes en concurrence et provoquent des divisions – c’est bien ce que la revendication d’une ultra minorité de citoyens a engendré dans la société française ces derniers mois ; ce Bien que tous peuvent rechercher en commun, car il peut seul garantir à tous, sans exception, les droits fondamentaux de la personne humaine, tel que le droit à être reconnu comme un homme ou une femme, ou encore le droit d’un enfant, né d’un homme et d’une femme, à se référer à ses origines et à être élevé par un père et une mère. * par son caractère non institutionnel. Ce ne sont ni des partis, ni des organisations professionnelles, ni des confessions religieuses qui ont pris l’initiative d’organiser ces manifestations, même si tous sont les bienvenus : élus, militants politiques, religieux, simples citoyens etc. Jusqu’à ce jour, malgré des manœuvres évidentes, ces manifestations n’ont pu être récupérées par aucun parti politique comme si, sans nier l’engagement honnête de nombreux hommes politiques, les partis, d’ailleurs divisés sur la question, ne parvenaient plus à emporter l’adhésion des citoyens. * par son caractère pacifique et responsable. Contrairement à ce qu’on a bien voulu dire, le mouvement n’a conduit àaucun débordement de violence : ni vitrine cassée, ni voiture renversée, ni policier hospitalisé. Cette vague d’opposition a même engendré, parmi ses plus beaux fruits, le mouvement des veilleurs qui se multiplient dans de nombreuses villes de France pour manifester, dans le silence, l’écoute de textes fondamentaux et la non violence, la profondeur de leur conscience. « Je veille », disait naguère le bienheureux Jean Paul II, « cela veut dire : je m’efforce d’être un homme de conscience. Je n’étouffe pas cette conscience et je ne la déforme pas ; j’appelle le bien et le mal par leur nom, je ne les confonds pas ; j’accrois le bien en moi et j’essaie de corriger le mal, le surmontant en moi-même ». Là se trouve le prélude véritable à une action politique digne de ce nom. * par son respect des personnes. Le mouvement a été porté par une argumentation fondée en raison, qui conteste l’inscription dans la loi du mariage entre personnes de même sexe en vue d’adopter des enfants, mais n’a en aucun cas stigmatisé quiconque. Faut-il rappeler qu’il n’y a discrimination que lorsqu’ on traite différemment des personnes dont la situation est identique : or il y a une différence fondamentale entre un couple de personnes de sexes différents et un couple de personnes de même sexe, car dans un cas il peut engendrer, et dans l’autre pas. Au fait, n’y a-t-il pas une discrimination plus grande encore à réduire une personne à son orientation sexuelle ? Il n’y a pas des homosexuels, il y a des hommes et des femmes qui peuvent avoir une orientation homosexuelle, qu’ils n’ont pas nécessairement choisie, mais dont l’identité est plus large que leur orientation. Et une personne a toujours droit a être respectée : il me semble que « la manif pour tous » a toujours condamné toute forme de rejet et de violence envers une personne, en raison de son orientation sexuelle. * par l’importance de la prière qui enveloppe tout ce mouvement. S’il s’agit d’abord d’une démarche citoyenne, apolitique et aconfessionnelle, jamais les catholiques n’auront autant supplié le Seigneur publiquement, ou bien dans le secret des cloîtres et des cœurs, de venir en aide à la France en cette période troublée de son histoire.

Unique aussi et sans précédent par le traitement dont ce mouvement a bénéficié de la part des pouvoirs publics et de la grande presse : * mensonges sur les chiffres pour tenter de minimiser l’ampleur populaire du mouvement dans l’opinion publique. * silence délibéré de la plupart des grands media, se rendant ainsi complices de l’Etat et des lobbies minoritaires qui ont défendu ce projet. * répression policière disproportionnée, n’hésitant pas à faire usage de la force, voire de la violence, à l’encontre de manifestants désarmés et pacifiques. * mépris du peuple par un gouvernement qui prétend être sur le terrain et à l’écoute de la rue. C’est un peu le monde à l’envers : héritiers directs de ces étudiants qui lançaient des pavés sur les CRS en mai 68, nos ministres ne se déplacent plus sans la présence de CRS en nombre pour se protéger de groupes inoffensifs, qui n’ont pour arme que leur présence tapageuse, leurs banderoles et leur voix. * Passage en force de la loi, quand bien même l’opinion publique est en train de basculer : 56% des français interrogés par les Instituts de sondage ne sont pas favorables à la loi Taubira, ce qui la fait reposer sur un socle démocratique bien fragile. Sans aucun doute les réseaux sociaux ont permis à ce vaste mouvement populaire de faire connaître la vérité à de nombreux citoyens privés d’informations objectives.
Je tiens à le dire : la loi Taubira n’est pas juste et la manière dont elle a été imposée aux français n’est pas juste non plus. La poursuite du mouvement d’opposition est donc pleinement légitime, non seulement parce qu’il est légitime de demander l’abrogation d’une loi qui est contraire à la conscience, mais encore parce que cette loi en cache d’autres à venir inéluctablement, au nom même du principe de non discrimination qui fonde toute cette législation en France et en Europe : je veux parler de la reconnaissance de la Procréation Médicalement Assistée (PMA) pour les couples de lesbiennes et de la Gestation Pour Autrui (GPA) pour les couples gays. En outre, il est évident que le mariage pour tous n’est qu’une étape vers la mise en œuvre généralisée de « l’idéologie du gender » qui est le véritable mobile de ce « changement de civilisation », comme l’attestent les programmes imposés de l’Education nationale et qui passeraient du coup presque inaperçus.
Comme citoyen, je soutiens la poursuite du mouvement et la manifestation nationale du 26 mai à Paris. Comme évêque, je ne peux, chers diocésains, qu’encourager ceux d’entre vous qui le peuvent et qui le jugent bon en conscience, à participer à cette manifestation, où je compte vous rejoindre. La manifestation reste en effet un moyen valable, dans le cadre d’une démocratie participative, pour faire entendre sa voix.
Dans la mesure où cette manifestation demeure, dans son organisation, apolitique et aconfessionnelle, pacifique et respectueuse des personnes, j’appelle donc à manifester pour : * demander le retrait ou l’abrogation d’une loi injuste et préjudiciable, non seulement à l’intérêt de l’enfant, mais à la cohésion sociale déjà si fragilisée. * attirer l’attention de nos concitoyens sur la gravité des menaces qui pèsent sur l’avenir de notre société : généralisation de l’idéologie du gender, extension de la PMA et de la GPA aux couples homosexuels, politique familiale en régression. * encourager ceux qui se sont mobilisés durant des mois et dont l’engagement n’a pas faibli, en particulier les jeunes qui sont les cadres de la France de demain. * montrer au gouvernement, qui connaît parfaitement l’ampleur réelle de la mobilisation, que ce mouvement social est irréversible et qu’il peut devenir une force de proposition et d’action politique pour demain.
La prière demeure l’arme principale de notre combat, comme je l’ai déjà écrit en appelant à prier ensemble le chapelet durant ce mois de Marie. « Le chrétien qui prie ne prétend pas changer les plans de Dieu ni corriger ce que Dieu a prévu. Il cherche plutôt à rencontrer le Père de Jésus-Christ, lui demandant d’être présent en lui et dans son action par le secours de son Esprit » (Benoît XVI). Nous pourrons aussi nous unir à beaucoup d’autres en offrant le vendredi 24 mai une journée de jeûne et de prière. Avec mes sentiments dévoués dans le Christ et Son Eglise
 

+ Marc Aillet Evêque de Bayonne, Lescar et Oloron

 


 

Monseigneur Christophe Dufour : A propos de la manif du 26 mai

 

Le 26 mai prochain, les organisateurs de la « Manif pour tous » appellent à se rassembler à nouveau à Paris. Parmi ceux qui ont participé aux précédentes manifestations, certains s’interrogent : pourquoi manifester encore alors que le projet de loi sur le mariage a été voté par les sénateurs et les députés ?

A cette question je réponds tout d’abord que le vote doit être respecté, comme doivent l’être les assemblées parlementaires  de notre démocratie. Ce n’est pas pour autant que doit cesser le mouvement suscité par l’opposition au projet de loi. Notre devoir est d’éveiller les consciences, à la manière des veilleurs.  Nous portons l’ultime espoir que la loi sur le mariage soit retirée après son examen par le Conseil constitutionnel. D’autres projets  nécessiteront aussi notre vigilance. Et surtout, le moment est venu d’élargir le mouvement  à une nouvelle dimension, celle de l’écologie humaine. Elle est une « nécessité impérative » disait Benoît XVI. « Lorsque l’Eglise catholique prend la défense de la Création, œuvre de Dieu, elle ne doit pas seulement défendre  la terre, l’eau et l’air… mais aussi protéger l’homme contre sa propre destruction ».

Que chacun, en citoyen responsable, choisisse de participer ou non à la manifestation du 26 mai prochain. Pour ma part j’y encourage, mais je presse avec insistance les participants à le faire dans le calme et le refus de la violence, à la manière du Christ, sans répondre aux provocations éventuelles. « Notre approche des problèmes n’est jamais conduite par un désir de dominer les contradicteurs par la violence, qu’elle soit verbale ou physique » (André VINGT TROIS, discours de clôture de l’assemblée des évêques, le jeudi 18 avril 2013).

Quant aux quêtes à la sortie des églises, on évitera de provoquer des dissensions  au sein des communautés ; je laisse donc à chaque curé le soin de prendre la décision la plus sage.

Le mercredi  15 mai 2013

+ Christophe DUFOUR Archevêque d’Aix en Provence et Arle


 

LETTRE OUVERTE A TOI QUI AIMES DIFEREMMENT (LA CROIX 18 05 2013)

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NOTRE CORPS ET NOTRE SEXUALITE, UN LIEU D'ESPERANCE ! (LA CROIX 04 05 2013) 

Fr. FRANÇOIS-MARIE HUMANN  abbaye Saint-Martin de Mondaye

 

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ANTOINE GUGGENHEIM, directeur du pôle de recherche du Collège des Bernardins à Paris

La double mission de l’Eglise (LA CROIX 24 04 2013)

 

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VOTE A MAIN LEVEE SUR LE MARIAGE HOMOSEXUEL : LE NOUVEAU BRIGANDAGE D'EPHESE

C’est parce qu’il n’avait pas la majorité au Sénat que le gouvernement a fait passer le projet de loi Taubira à main levée...

Seuls les spécialistes de l’Antiquité tardive savent ce que fut le « brigandage d’Ephèse ».  Réunissant en 449 un concile réticent, l’empereur byzantin Théodose II  utilisa tous les moyens en sa possession : exclusion de la salle de réunion, intimidation, manipulation du  vote pour obtenir l’approbation des thèses  christologiques qui avaient sa faveur. Ce concile n’a finalement pas été  reconnu par la tradition.

C’est un peu ce qui s’est passé au Sénat le vendredi 12 avril  lors du vote de la loi en faveur du « mariage »  dit pour tous. Le gouvernement a fait adopter  le projet par la Haute-Assemblée en  décidant brusquement un vote à main levée qui a pris tout le monde de court.  Même légale, cette procédure n’en est  pas moins étonnante,  d‘abord par sa soudaineté,  mais surtout par son caractère expéditif, eu égard à l’importance du texte que Mme Taubira elle–même n’hésite pas à appeler un « changement de civilisation » !

Plus étonnant  encore : depuis une semaine que durait le débat au Sénat,  tant les motions de procédure qu’au moins une vingtaine d’amendements avaient fait l’objet d’un vote par scrutin public, lequel permet, non seulement à tous les députés de voter, fût-ce  par procuration,  mais aussi au public de savoir précisément qui a voté quoi. Si des amendements mineurs avaient fait ainsi l’objet de procédures formelles,  a fortiori pouvait-on s’attendre à ce qu’il en soit de même  pour le vote sur l’ensemble du texte.

Mais il y a plus : le  décompte des voix ayant été fait très vite, le président du Sénat,  en violation du règlement,  s’en remet aux présidents de groupe (dont aucun n’a objecté) pour lui communiquer ultérieurement  le détail des votes !

 


 

 

Ouvrant mardi 16 avril l’Assemblée plénière de l’épiscopat, le cardinal André Vingt-Trois a rappelé que refuser la différence créait une frustration qui « débouche un jour ou l’autre sur la violence ».

Face à la « radicalisation » du mouvement d’opposition au projet mise en avant par le gouvernement, les évêques dénoncent toute forme violente de manifestation.                                                                                                                                                                                                                                                                 

« Nous ne pouvons pas rester muets devant les périls. » Ouvrant mardi 16 avril l’assemblée plénière de printemps de la Conférence des évêques de France, qui se tient exceptionnellement à Paris jusqu’à jeudi, le cardinal André Vingt-Trois a relayé la grande fermeté avec laquelle les évêques de France continuent de soutenir l’opposition au « mariage pour tous ». En niant la différence entre les sexes, a déclaré le cardinal Vingt-Trois, les promoteurs du « mariage pour tous » contribuent à ce que « se prépare une société de violence ». 

Car refuser la différence, a-t-il affirmé en substance, revient à créer une frustration, dont la compression « débouche un jour ou l’autre sur la violence ». À la sortie de l’hémicycle, la plupart des évêques se ralliaient hier à cette analyse, comprenant « l’agacement », et même « l’exaspération » de certains militants de la « Manif pour tous ».

Pour autant, aucun évêque ne légitimait le recours à la violence : « Ne rien lâcher ne veut pas dire entrer dans la violence », martèle le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, qui a participé à toutes les manifestations. « Il faut une parole extrêmement claire contre la violence. Mais ne nous dites pas : taisez-vous ! De l’issue de cette confrontation dépend aussi notre crédibilité pour nous exprimer dans les prochains débats, comme la fin de vie. » 

« Notre parole la plus forte est celle qui transparaît de notre témoignage »

Les évêques se refusent à voir une « radicalisation » dans les sit-in de jeunes militants ou dans les accueils mouvementés réservés aux ministres en déplacement. (1). « Je parlerais plutôt d’un désir de contourner la fin de non-recevoir qui leur est opposée, souligne Mgr Nicolas Brouwet, évêque de Tarbes et Lourdes. Il existe évidemment plusieurs courants, mais la grande majorité a envie de s’exprimer dans la non-violence même si elle ne sait plus comment se faire entendre. Nous sommes attentifs à cette génération en colère, qui croit au dialogue et au débat, mais se heurte aux matraques et aux gaz lacrymogènes. Elle est confrontée à un déni de démocratie. » 

Dans la droite ligne du cardinal Vingt-Trois, qui appelle les catholiques à « s’impliquer positivement » plus qu’à dénoncer, les évêques encouragent les opposants à une résistance pacifique. « La nouvelle génération de chrétiens comprend peu à peu qu’elle ne doit plus attendre de la société qu’elle soutienne sa vision de l’homme, mais qu’elle peut vivre ses valeurs par des moyens spirituels », poursuit Mgr Éric de Moulins-Beaufort, évêque auxiliaire de Paris.

 « Notre parole la plus forte n’est pas celle que nous disons dans les médias, mais celle qui transparaît de notre témoignage », résume le cardinal Barbarin.

« On ne touche pas le cœur de l’autre en l’agressant »

Pour autant, que peut dire l’épiscopat aux manifestants qui seront désemparés par l’adoption probable de la loi ? « Pour nous, il s’agit, non pas de les encadrer, mais de les encourager à réfléchir aux moyens d’assurer la relève. Se former d’abord, en s’appuyant sur la tradition chrétienne de philosophie politique et s’engager en inventant un nouveau modèle d’homme politique car le système actuel est en panne », préconise Mgr Brouwet.

Les évêques insistent aussi sur la nécessité d’éduquer les manifestants au respect des règles démocratiques : « Manifester lors des premiers mariages entre personnes de même sexe qui seront célébrés ne serait évidemment pas digne. À ce moment-là, on se taira et on priera », affirme le cardinal Barbarin.

 « On ne touche pas le cœur de l’autre en l’agressant, mais en le comprenant et en priant pour lui », confirme Mgr Jean-Claude Boulanger, évêque de Bayeux-Lisieux, pour qui ce débat de société dépasse le cadre politique et implique d’« avoir foi dans nos ressources spirituelles » : « Dieu se sert des vents contraires pour conduire sa barque au port. » 

      BRUNO BOUVET ET CÉLINE HOYEAU LA CROIX 16 04 2013

 


 

Le « mariage pour tous » anime les bancs du Sénat

MARINE LAMOUREUX et MARIE BOËTON LA CROIX 8/4/13

Après des premiers échanges fougueux, la discussion autour du texte ouvrant le mariage et l’adoption aux couples de même sexe va se poursuivre toute cette semaine.Ces derniers jours, des élus de gauche ont été menacés par des militants anti-« mariage pour tous ». Des attaques condamnées par Frigide Barjot.

C’est cet après-midi que les sénateurs entreront dans le vif du sujet en examinant les premiers articles du projet de loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples de même sexe. Les débats ont toutefois débuté dès la fin de semaine dernière.

Pour Christiane Taubira, ministre de la justice, qui s’exprimait le 4 avril devant les sénateurs, le texte ouvrant le mariage et l’adoption aux couples de même sexe est « un accueil dans la maison commune, avec les mêmes droits et les mêmes devoirs ». L’institution du mariage, a-t-elle lancé à la tribune, qui fut « de domination quand elle imposait obéissance à l’épouse, de possession du mari, d’exclusion sur une base religieuse ou professionnelle, est en train de devenir universelle parce qu’elle cesse de témoigner d’un ordre social où la puissance publique instaurait une hiérarchie selon la sexualité ».

Sur les bancs de la droite, les esprits se sont vite échauffés. « Et l’enfant ? », l’a interpellé un sénateur. « Et la GPA ? », pouvait-on entendre, signe de la crainte que le projet de loi ne porte en germe la légalisation des mères porteuses. Christiane Taubira, penchée sur son micro, a tenu à répéter que l’aide médicale à la procréation ne faisait pas partie du périmètre du texte : ni PMA, ni GPA.

Première voix de droite à s’exprimer, le centriste François Zocchetto (UDI-UC) a contesté pour sa part le principal argument de la majorité. « Pour procréer, il faut un homme et une femme. » L’UMP Patrice Gélard a pris soin de lancer une pique à l’attention de François Hollande : « Le chef de l’État a affirmé dans sa campagne vouloir la concertation. Où est-elle, quand entre 300 000 et 1,4 million de personnes sont dans la rue, quand 700 000 signatures d’une pétition sont mises au panier ? », rendant ainsi hommage à la mobilisation des opposants rassemblés devant le Sénat.

Patrice Gélard a surtout estimé que le texte créait une rupture d’égalité en créant « trois catégories d’enfants » dans les familles homoparentales. « Des enfants qui pourront faire l’objet d’adoption plénière, des enfants qui ne pourront faire l’objet que d’une adoption simple et des enfants qui ne pourront faire l’objet d’aucune adoption », ce qui constitue selon lui une « cause d’inconstitutionnalité » .

Mais l’actualité du « mariage pour tous » ne se résume pas au seul débat parlementaire. Ces derniers jours ont aussi été marqués par les provocations de certains militants anti-« mariage pour tous ». Pris à partie, vendredi dernier, par des membres des Jeunesses nationalistes lors d’un débat interrompu à la faculté de droit de Saint-Étienne, le député socialiste Erwann Binet a annoncé qu’il annulerait ses prochains débats pour des raisons de sécurité. « Il n’est pas possible de continuer dans ces conditions, il faut que les opposants se ressaisissent », a déclaré le rapporteur du texte à l’Assemblée nationale, estimant que « les opposants ont été pris en otages par des fous d’extrême droite ». La sénatrice Esther Benbassa (EELV) a elle aussi déclaré avoir reçu de nombreuses menaces. Frigide Barjot, l’une des porte-parole du collectif « La manif pour tous », a déploré, hier, sur iTélé, « une montée de l’exaspération générale », tout en précisant que « La manif pour tous » n’avait « jamais pris à parti les élus ».

 

 


 

Les chrétiens doivent-ils entrer en résistance ?

 

Recueilli paR François-Xavier Maigre

 

 

Alors que le projet de loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples homosexuels sera examiné à partir du jeudi 4 avril par le Sénat, Mgr Luc Ravel, l’évêque aux armées, estime que les catholiques doivent poursuivre leur engagement, sans céder au piège de la radicalisation.

 
 

« Nous sommes face à des tendances idéologiques lourdes qui ne s’éteindront pas en quelques jours. Nous savons qu’après le débat autour du mariage homosexuel se dessinent déjà d’autres questions sur la famille, l’embryon, la fin de vie. Vraisemblablement, l’adoption de ce projet de loi ne suffira pas à arrêter l’idéologie du genre, fondée sur l’égalité à tout prix, en dépit du bon sens. Il est donc essentiel que les catholiques de France soient bien conscients des fondements de leur action, pour ne pas faiblir dans les prochains mois, les prochaines années.

Invoquer l’idée d’une résistance chrétienne me paraît toutefois exagéré. Dans le vocabulaire français, ce terme fait écho aux actes de résistance pendant l’occupation allemande. Ils désignent une action militaire. Avant d’être un combat politique, l’action des chrétiens est guidée par une vision de l’homme : c’est parce que cette vision se dégrade sous leurs yeux qu’ils réagissent. Ils ne défendent pas d’abord les fondamentaux de leur foi mais veulent être “gardiens de leurs frères”, comme le dit l’expression biblique longuement commentée par le pape François lors de sa messe d’installation. Les catholiques ne doivent pas se laisser emballer par le jeu politique. Que leur action prophétique ait des conséquences politiques, c’est éminemment désirable. Mais ils doivent rester prudents quant à la récupération qui pourrait être faite de leurs initiatives.

Bien sûr, la doctrine sociale de l’Église envisage des cas de révoltes, eux-mêmes liés à la notion de “guerre juste”, mais je crois que ce n’est pas le sujet aujourd’hui. Ce qui est en jeu, c’est plutôt une façon de se situer face au pouvoir politique, à l’exemple de Jean Baptiste devant Hérode, du Christ devant Pilate ou de Nathan devant David. À travers ces confrontations, aucun d’eux ne cherche à entrer dans un jeu politique. Le Christ ne revendique pas la place de Pilate pas plus qu’il ne dénie son autorité politique. Si nous n’imitons pas son attitude, nous risquons d’abandonner le combat faute de l’avoir gagné, oubliant que notre vocation consiste à faire appel aux forces prophétiques qui sont en nous. Ces forces de lumière qui débordent notre propre raison et nous invitent à entrer en dialogue.

Même en cas de défaite, notre combat n’est jamais terminé. Ce combat, que nous menons au nom de l’homme, fait partie intégrante de la mission confiée par Jésus à son Église. Il en va de notre liberté de parole. Même si la nuit est complète, notre témoignage doit briller comme un phare. Il serait donc regrettable de céder au piège de la radicalisation : le chrétien doit témoigner avec des moyens cohérents, de sorte que les sentiments qui ne correspondent plus à l’Esprit de Dieu – frustration, colère, revanche – ne dictent pas ses actes. La voix des chrétiens ne renversera peut-être pas la mécanique législative, mais elle éveillera des cœurs au Royaume de Dieu. »

 


 

                  COMPTE RENDU LA CROIX 24-03-2013 à 19h 30                  

La foule des manifestants contre le mariage pour tous, le 24 mars sur l'avenue de la Grande Armée...                           
La foule des manifestants contre le mariage pour tous, le 24 mars sur l'avenue de la Grande Armée...                                            

(PIERRE ANDRIEU / AFP)

La foule des manifestants contre le mariage pour tous, le 24 mars sur l'avenue de la

 

La foule des manifestants contre le mariage pour tous, le 24 mars sur l'avenue de la Grande Armée, à Paris

 

Le non massif de la rue au « mariage pour tous »

Les opposants au « mariage pour tous » ont encore montré leur détermination en se rassemblant en masse dimanche 24 mars à Paris, entre la Défense et la place de l’Étoile.        

      

                                     

Le rassemblement contre le mariage pour homosexuel avenue de la Grande armée.                             
Le rassemblement contre le mariage pour homosexuel avenue de la Grande armée.                                            

ERIC FEFERBERG / AFP

Le rassemblement contre le mariage pour homosexuel avenue de la Grande armée.

 
                

        

Les organisateurs ont annoncé avoir réuni 1,4 million de personnes. La préfecture de police estimait la foule à 300 000 personnes.

                                                            

Les manifestants contre le « mariage pour tous » tentent d’aller jusqu’aux Champs-Élysées 

 Ils sont au premier rang, juste derrière une banderole scandant « Pour la filiation père-fils » tendue à l’extrémité de l’avenue de la Grande-Armée, à quelques dizaines de mètres du podium où vont se succéder les orateurs de la « manif pour tous ». Élisabeth et Jean-François Roche sont venus spécialement de Mandagout, leur village des Cévennes, pour dire hier à Paris leur opposition à la loi Taubira sur le « mariage pour tous ». 

Ils ont passé la nuit dans un bus avec une trentaine d’autres Gardois pour débarquer dans la capitale à huit heures et demie du matin. « Quand nous sommes arrivés, nous étions seuls, il n’y avait que des policiers et des organisateurs », raconte la sexagénaire, un brin de rameau accroché à son anorak rouge.

 

 « C’est beaucoup plus beau puisque c’est inutile » 

Ce couple d’hôteliers à la retraite s’est protégé du froid de cette fin de mois de mars en portant des tenues adaptées, souvenirs d’une croisière en Antarctique. Le 13 janvier, ils étaient déjà là pour manifester et le fait que le texte sur le mariage gay ait été adopté depuis à l’Assemblée nationale ne les a pas découragés de revenir.

 « C’est beaucoup plus beau puisque c’est inutile », philosophe Élisabeth Roche. « Ce n’est pas de moi, c’est tiré de Cyrano de Bergerac, d’Edmond Rostand. On ne peut pas ne pas réagir. Je n’ai rien contre le mariage des homosexuels. Je pense qu’il fallait simplement aménager le pacs pour leur donner davantage de sécurité juridique.  

 Maintenant, il faut continuer à se battre pour les enfants, pour qu’on ne fasse pas n’importe quoi avec la procréation médicalement assistée et la gestation pour autrui. On essaye de nous faire croire que tout le monde est d’accord. Mais il faut qu’on prouve que non et que les gens sont nombreux à penser comme nous. » 

Dans leur dos, l’avenue de la Grande-Armée continue justement à se remplir. Plusieurs résidents du quartier ont aussi affiché leurs convictions à leurs fenêtres et balcons. « Non au gaystrémisme », proclame une banderole. On peut aussi lire sur les façades : « On veut du boulot, pas du mariage homo » ou « Touche pas au mariage, occupe-toi du chômage ». 

Dans les haut-parleurs installés le long des 5 kilomètres du parcours, résonnent des « Taubira, t’es foutue, les familles sont dans la rue », suivis de : « Ne lâchez rien ! » Bientôt, la foule remplit l’espace de la place de l’Étoile à la Porte Maillot, où Joseph Gué attend des amis. Ce lycéen de Tournon-sur-Rhône (Ardèche) était, lui aussi, déjà dans le cortège en janvier. Il dit qu’il ne sait pas si cette nouvelle mobilisation va faire fléchir le gouvernement. « Mais c’est important de manifester, c’est même un devoir », assure l’élève de terminale S.

Un peu plus loin, les manifestants continuent d’affluer, en provenance des différents points de rassemblement prévus par les organisateurs. Venu de Meaux (Seine-et-Marne), Patrick Molin est arrivé par la porte de Champerret avec son épouse, Marie, et leurs cinq enfants, âgés de 1 à 7 ans. Pour l’instant, ils marchent sur l’avenue Charles-de-Gaulle, qui relie Paris à la Défense, via Neuilly. 

Il y a peu de chances qu’ils puissent s’approcher du podium. « Tant mieux, se félicite le père de famille. Cela veut dire que l’on est nombreux. » Des grands écrans ont été justement installés à intervalles réguliers pour que tous puissent assister, même de loin, aux prises de parole programmées pour ce meeting géant.

 

 « La famille est tellement attaquée ! » 

Le couple de trentenaires avait également déjà battu le pavé le 13 janvier à Paris. « Nous étions aussi là en novembre, nos enfants nous poussent à venir, parce qu’ils sont concernés, reprend Patrick Molin, qui est cadre dans le secteur du bâtiment. Et nous sommes prêts à revenir autant de fois qu’il faudra si c’est nécessaire, sur le sujet du mariage homosexuel ou sur d’autres. La famille est tellement attaquée ! C’est un combat de société que nous menons. Les gens qui nous gouvernent sont sourds. » Mais lui ne croit pas à la solution du référendum : « On ne juge pas de questions d’éthique comme cela. » 

Pendant ce temps, des représentants des différentes associations organisatrices du rassemblement s’apprêtent à prendre la parole, y compris des homosexuels comme des membres du collectif « Homovox », qui s’opposent aussi à la loi Taubira. C’est le cas de Caroline, en couple avec une autre femme depuis six ans. Pour elle, c’est une évidence : « Un enfant a droit à un père et à une mère ». Elle-même explique avoir travaillé dans le domaine de la petite enfance pour trouver une autre manière d’exprimer sa « fécondité » plutôt que de revendiquer un droit d’avoir un enfant.

 « Il est évident que je ne pourrais pas lui donner le meilleur », ajoute-t-elle. Maire de Chasselas, en Bourgogne, et homosexuel, Jean-Marc Veyron La Croix veut aussi répéter que cette « loi n’est pas un cadeau pour les homosexuels ». 

 

Juristes et avocats

Alors que la foule grossit encore, Henri Joyeux, président de Familles de France, en est convaincu : « Je vous l’annonce tout net : François Hollande va reculer. La solution, c’est de faire un référendum et il va remonter immédiatement de 10 points dans les sondages. S’il résiste, il va affronter une troisième manifestation », veut-il croire. Des juristes, avocats ou professeurs d’université, ont aussi rejoint les manifestants pour dénoncer les contradictions d’un texte qui s’oppose, selon eux, au discours général des magistrats et des éducateurs, attachés aux liens entre l’enfant et ses parents.

 

Elus

Un certain nombre de politiques ont également fait le déplacement, à l’image d’Hervé Mariton. « Il est grave de diviser les Français dans un contexte de crise », plaide le député UMP de la Drôme, qui se projette dans l’avenir. Pour lui, la majorité des Français reste défavorable à l’adoption d’enfant par des couples de même sexe.

 « Les choses ne sont pas terminées au plan parlementaire, le débat se poursuit, insiste-t-il. Au-delà de la loi Taubira, la mobilisation collective doit continuer. Le mouvement s’étendra et se prolongera, pour défendre la famille. La mobilisation d’aujourd’hui est en tout cas un démenti évident vis-à-vis de ceux qui pensaient que le mouvement était terminé. » 

 

Entre 300 000 et 1,4 million de personnes

Les organisateurs de la « manif pour tous » ont revendiqué la présence de 1,4 million de personnes, soit plus qu’en janvier, où ils avançaient le chiffre de 1 million, contre 340 000 selon la police qui, cette fois, avance une première estimation de 300 000 manifestants. Des débordements ont eu lieu du côté de la place de l’Étoile, qui était interdite d’accès aux manifestants, tout comme les Champs-Élysées, sur décision de la préfecture de Paris. 

 « La France déborde », a estimé Frigide Barjot, l’une des porte-parole du mouvement, alors que les organisateurs ont plusieurs fois appelé au calme et au respect de la légalité. Les forces de l’ordre ont tiré des gaz lacrymogènes pour repousser quelques centaines de personnes qui ont tenté de franchir les barrages installés. Quelques-unes ont été interpellées.

   PASCAL CHARRIER ET EMMANUELLE REJU   

           

 


 

      
            
   

Chers amis,

La loi Taubira a été votée en première lecture à l’Assemblée Nationale et les Sénateurs s’apprêtent à l’examiner dès le 6 avril prochain. Tous pour le Mariage est plus que jamais mobilisé contre cette loi profondément injuste qui, à travers l’adoption ouverte aux couples de personnes homosexuelles, n’hésite pas à considérer l’enfant comme un objet auquel on a droit.
A la veille de la grande manifestation du 24 mars à Paris, notre détermination ne peut se relâcher.
 
 
Comme tant d’autres, nous avons réclamé, en vain, un débat sur ces questions si délicates du mariage, de la filiation et de la précarité familiale. Le combat pour le mariage fondé sur l’union entre un homme et une femme n’est pas terminé. Nous ne pouvons nous résigner à laisser des enfants subir les conséquences de ce refus de l’altérité sexuelle. Nous ne pouvons nous taire face à cette dénaturation du mariage et de la famille. Celle-ci, malgré les crises qu’elle traverse, demeure un modèle d’avenir !
En réalité, les atteintes à l’authentique forme de la famille, composée d’un père, d’une mère et d’un enfant, fragilisent toute la société. Dans cette lutte pour la famille, c’est bien l’être humain qui est en jeu !
Le Collectif Tous pour le Mariage, conscient que son action principale porte sur le débat autour du mariage homosexuel, reste fidèle à son objectif initial en relayant une initiative en faveur de la protection du plus petit être humain.
En effet, alors que notre attention est tout entière occupée par le mariage homosexuel, en France et en Europe, l’embryon humain est menacé par les promoteurs de la recherche sur l’embryon. Or, une nouvelle possibilité européenne permet à chacun de faire entendre sa voix pour le protéger.

Un de nous (One of us)

 
Tous pour le Mariage unit ses forces à celles de la Fondation Jérôme Lejeune et d’Alliance VITA pour faire signer l’initiative citoyenne européenne « Un de nous » (One of us) en France :

JE SIGNE !

Notre objectif : stopper le financement européen de la recherche sur l’embryon, actuellement en discussion pour la période 2014-2020.

Un droit nouveau

L’initiative citoyenne européenne offre une possibilité d’expression aux citoyens européens en réunissant 1 million de signatures, dont au moins 60 000 en France. Si elles sont obtenues, la Commission européenne a l'obligation de reconsidérer la question du financement de la recherche sur l'embryon humain.

Une menace urgente

En France, une proposition de loi levant l’interdiction de la recherche sur l’embryon est discutée à l’Assemblée nationale le 28 mars. L'enjeu est majeur.

La recherche conduit à la destruction de l’embryon.
 

Pour faire barrage à cette proposition de loi, la Fondation Jérôme Lejeune invite à la mobilisation sur www.vous-trouvez-ca-normal.com (Signez la pétition et envoyez un message électronique à votre député). Il s’agit de faire émerger le débat dans la sphère publique. L’initiative citoyenne européenne est complémentaire de cette mobilisation, à laquelle nous vous encourageons à participer.

Unis pour défendre l’embryon, le Collectif Tous pour le Mariage, la Fondation Jérôme Lejeune et Alliance VITA invitent toutes les associations concernées à promouvoir cette démarche unitaire européenne.
Chaque voix compte. Il en va de l’avenir de la recherche et du respect de l'être humain.

Continuez à participer au succès de la pétition

- en diffusant le site à vos contacts

- en téléchargeant la pétition au format papier pour faire signer les personnes sans internet.

- en soutenant financièrement le collectif

 

Louis-Marie GUITTON, Coordinateur du Collectif « Tous pour le Mariage » tous-pour-le-mariage.fr

   
 
 

 

Manifestation à Paris

Dimanche 24 mars aura lieu la Grande Manifestation à Paris sur les Champs-Elysées. Après le mépris réservé aux 700 000 pétitionnaires du CESE, le mot d’ordre est : Non à la Loi Taubira !
Prévoyez votre dimanche et réservez vos billets ! Ici les infos sur le transport : www.lamanifpourtous.fr/organiser-ses-transports-pour-le-24
 
Pour préparer ce grand événement, les portes-paroles de La Manif’ pour tous ont entamé un grand tour de France. Ne ratez pas leur passage et allez rejoindre leurs meetings ! Toutes les infos ici : www.lamanifpourtous.fr/les-prochains-meetings-en-region
 
 
 
 
 

 

Lettre de Monseigneur Marc Aillet (evêque de Bayonne, Lescar et Oloron)

aux diocésains à propos de la « Manif pour tous » du 24 mars 2013


Chers diocésains,

 Le 13 janvier dernier à Paris, le projet de loi Taubira de « mariage et adoption pour tous », a suscité une mobilisation sans précédent, tant par son ampleur que par la diversité des manifestants et leur motivation : on ne marchait pas pour défendre des intérêts particuliers, mais on avait conscience, de manière plus ou moins explicite, de promouvoir le bien commun de la société, un bien précieux à transmettre aux générations futures.
Le moins qu’on puisse dire, c’est que cette mobilisation ne semble pas avoir eu d’effets immédiats sur le gouvernement : son absence presque totale de réaction a même pu s’apparenter à un certain mépris. Le débat parlementaire a été à l’image des auditions devant la commission des lois de l’Assemblée nationale : un parti-pris idéologique, un refus d’entendre la voix de la raison en tournant systématiquement en dérision les arguments avancés, une occultation des vrais enjeux pour la société, en particulier « le droit de l’enfant » au profit d’un mortifère « droit à l’enfant ». Les 700.000 pétitions déposées au CESE n’ont pas eu plus de succès. Les media qui minimisent cette mobilisation, au mépris de son ampleur inédite en France, continuent de donner la parole aux promoteurs du projet de loi qui s’en prennent avec virulence à leurs adversaires en brandissant contre eux le facile qualificatif d’ « homophobes » pour les diaboliser aux yeux de l’opinion.
Face à une telle fin de non-recevoir et devant l’obstination du gouvernement, voire une certaine faillite des institutions républicaines qui apparaît de plus en plus comme un déni flagrant de démocratie, la partie est-elle perdue pour autant ? Non, et il convient de rester mobilisés, même si le doute et le découragement semblent en gagner plus d’un.
Il reste que la mobilisation historique du 13 janvier est une lame de fond qui ne saurait se réduire à un combat à court terme, lequel demeure pour autant légitime. En effet on ne saurait être dans une logique d’affrontement ou de rapport de forces. Face au mépris et à la dérision, il n’est pas question de se laisser aller à quelque forme de violence ou d’agressivité que ce soit. C’est un combat spirituel où les ennemis ne sont pas « des êtres de chair et de sang », comme dirait saint Paul : c’est la « béatitude des doux » qui doit nous animer ; et la douceur n’a rien à voir avec la mollesse et la lâcheté, elle est même la vertu qui nous aide à convertir la violence en force d’âme. Mais il semble bien que l’on soit engagés dans une « guerre idéologique » qui entend procéder à la déconstruction de la société et à la déstructuration de la personne humaine, jusqu’à détruire son lien constitutif au Créateur, pour hâter l’avènement d’un « homme nouveau ».
Tel est bien, semble-t-il, le sens de la «réforme de civilisation» prônée par Mme Taubira, au nom de laquelle le gouvernement entend « arracher les enfants au déterminisme de la religion » (Christine Taubira à l’Assemblée nationale ») et faire de l’Education nationale un instrument susceptible de promouvoir une « morale laïque » pour « arracher l’élève à tous les déterminismes, familial, ethnique, social, intellectuel » (Vincent Peillon). Au bout du compte, ce projet totalitaire n’a d’autre objectif que d’imposer à l’ensemble de la société une politique hélas synonyme de « culture de mort » (promotion de l’idéologie du genre, mesures visant à faciliter l’accès des femmes à l’IVG, remise en cause annoncée de notre politique familiale et du droit de la famille, légalisation programmée de la procréation médicalement assistée , autorisation des expérimentations sur l’embryon humain, du « suicide assisté », des « salles de shoot », etc.).
Dans ces conditions, la manifestation du 24 mars ne sera pas d’abord une démonstration de force, qui chercherait à tout prix à faire plier le gouvernement, même s’il est légitime de réclamer purement et simplement le retrait du projet de loi Taubira. Car ne nous y trompons pas : adopté par l’Assemblée nationale en première lecture, il doit encore être discuté au Sénat, puis vraisemblablement, revenir en seconde lecture à l’Assemblée, sans préjuger de son application, si d’aventure il parvient à franchir toutes ces étapes parlementaires. Mais il s’agit plus encore de montrer qu’il existe en France un vaste et profond mouvement de résistance spirituelle, morale, sociale et politique, sous-estimé par les organes institutionnels et les appareils de partis.
Sans doute les déclarations de certains porte-paroles de la « manif pour tous » ne sont-elles pas toujours ajustées. En même temps, leur diversité et leur profond désir de rester unis sur l’essentiel, à savoir le retrait du projet de loi, sert ce mouvement de résistance, au-delà des divergences d’approches. Je sais bien aussi que la date retenue, due à des contraintes indépendantes de la volonté des organisateurs, pourrait gêner les catholiques qui entrent en ce dimanche 24 mars dans la grande semaine sainte.
Toutefois, devant l’importance de l’enjeu, j’encourage les fidèles du diocèse qui le décideront en conscience et en auront la possibilité, à se rendre à Paris le 24 mars. Moi-même, je célèbrerai la Messe anticipée du dimanche des Rameaux, le samedi 23 mars à 18h à la cathédrale Saint- Marie de Bayonne et je les accompagnerai afin de manifester ma sollicitude de pasteur pour leur légitime engagement : pour vous, je suis évêque, mais avec vous je suis chrétien … et citoyen !
L’Eglise n’a certes pas vocation à se lancer dans la bataille politique, mais son rôle est bien de réveiller les forces morales et spirituelles de la société. Mon intervention se situe dans cette ligne. Comme évêque et en conscience, je ne saurais me soustraire à ma mission prophétique. Comme le Pape Benoît XVI nous le rappelait, lors de notre visite ad limina : « Dans les débats importants de société, la voix de l’Eglise doit se faire entendre sans relâche et avec détermination. En continuant d’exercer comme vous le faites la dimension prophétique de votre ministère épiscopal, vous apportez dans ces débats une parole indispensable de vérité qui libère et ouvre les coeurs à l’espérance ». « Garante de la culture de l’humain », qui est née, comme le rappelait notre Pape émérite, « de la rencontre entre la Révélation de Dieu et l’existence humaine », l’Eglise a quelque chose à dire sur l’homme, précisément parce que l’homme a été créé à l’image de Dieu, fondement ultime de sa dignité, et parce que « le mystère de l’homme ne s’éclaire vraiment que dans le Mystère du verbe incarné » (Vatican II). La manifestation du 24 mars, comme celle du 13 janvier, doit être l’expression d’un véritable printemps des consciences.
Je n’oublie pas pour autant les souffrances des personnes homosexuelles et de leurs familles, pour lesquelles l’Eglise a une longue expérience d’accompagnement pastoral. Je ne veux pas non plus minimiser les nombreuses situations de précarité économique et sociale engendrées par la crise actuelle, pour lesquelles des solutions politiques tardent à être trouvées et qui exigent de notre part un engagement redoublé en ces jours de Carême. Mais le projet de loi de mariage et d’adoption pour tous représente un enjeu considérable pour l’avenir de notre société et c’est pourquoi je me permets d’insister sur la juste mobilisation qu’il réclame.
En vous engageant d’abord à la prière, car «l’action déborde toujours de la prière» (Marthe Robin), je vous propose de consacrer le vendredi 22 mars à une journée de jeûne et de prière à cette intention.
Avec mes sentiments dévoués dans le Christ et Son Eglise.
+ Marc Aillet, Evêque de Bayonne, Lescar et Oloron
Le 13 mars 2013


 

 

QUOTIDIEN LA CROIX du  06 03 2013:

La "Manif pour tous" privée d'audition au Sénat

  cliquez la-croix-06-03-13-la-manif-pour-tous-privee-d-audition-au-senat.pdf la-croix-06-03-13-la-manif-pour-tous-privee-d-audition-au-senat.pdf

 

 


 

QUOTIDIEN LA CROIX du 27 02 2013:

Les voies du recours s'épuisent 

 la-croix-27-02-2013-mpt-les-voies-de-recours-s-epuisent.pdf la-croix-27-02-2013-mpt-les-voies-de-recours-s-epuisent.pdf

 


 

QUOTIDIEN LA CROIX du 22 02 2013 :  Le Président du CESE :

 La pétition "mariage pour tous" est irrecevable sur le fond 

 la-croix-22-02-13-la-petitionmpt-est-irrecevable-sur-le-fond.pdf la-croix-22-02-13-la-petitionmpt-est-irrecevable-sur-le-fond.pdf  

 


 

QUOTIDIEN A CROIX  du 11 02 2013 :

La filiation bouleversée :

la-croix-11-02-13-filiation-bouleversee-1.pdf la-croix-11-02-13-filiation-bouleversee-1.pdf

la-croix-11-02-13-filiation-bouleversee-2.pdf la-croix-11-02-13-filiation-bouleversee-2.pdf

L'enfant n'est plus perçu comme un don mais comme un dû:

la-croix-11-02-13-l-enfant-plus-percu-comme-un-don-mais-comme-un-du.pdf la-croix-11-02-13-l-enfant-plus-percu-comme-un-don-mais-comme-un-du.pdf

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Le Conseil d’État met en avant les questions fondamentales soulevées par l’ouverture du mariage a...

Flickr/cc/Tjeerd

Le Conseil d’État met en avant les questions fondamentales soulevées par l’ouverture du mariage aux couples de personnes de même sexe.

 

 


 

Le Conseil d’État met en avant les questions fondamentales soulevées par l’ouverture du mariage aux couples de personnes de même sexe.

Il émet notamment des réserves sur l’adoption plénière et insiste pour que la question de la PMA en soit exclue.

Sur le projet lui-même

Le Conseil d’État met en avant les questions fondamentales soulevées par le choix fait par le gouvernement d’ouvrir le mariage aux couples de personnes de même sexe. Il en voit principalement deux. La première touche à la présomption de paternité, inhérente au mariage. Or, celle-ci « ne trouvera pas à s’appliquer à ces couples, car celle-ci est inhérente à la procréation au sein d’un couple composé de personnes de sexe différent ». Les magistrats notent donc qu’est introduite par ce texte « une différenciation irréductible entre les mariages de personnes de sexe différent et les mariages de personnes de même sexe ». La seconde question soulevée touche à la filiation. « Elle soulèvera des questions d’autant plus délicates, dans le cas de ces couples, qu’elle rendra non seulement inévitable, mais encore manifeste, l’intervention d’un tiers, identifié ou non. » Il s’agit donc pour le Conseil d’État « d’une novation majeure dont les conséquences doivent être mesurées ».

Sur l’adoption

Le conseil d’État s’interroge sur l’adoption plénière « qui a pour effet de supprimer juridiquement la filiation par le sang pour lui substituer un nouveau lien de filiation découlant du jugement ». Rappelant que l’acte de naissance d’origine de l’enfant est remplacé par un nouvel acte sans référence à sa filiation réelle, il note : « Alors que la filiation est un élément essentiel d’identification pour chaque individu sur le plan tant biologique que social et juridique, l’état civil ainsi reconstitué mettra en évidence, par la référence à des parents de même sexe, la fiction juridique sur laquelle repose cette filiation. » En conséquence il appelle l’attention du gouvernement sur « la question, délicate et toujours en débat, de l’accès aux origines et, d’autre part, sur les précautions qu’il conviendra de prendre dans la rédaction des actes de naissance en cause ».

Sur la PMA

Le Conseil d’État insiste sur « l’importance » de maintenir le texte dans son périmètre d’origine, c’est-à-dire sans y inclure la PMA, en raison « de la portée majeure d’un texte qui remet en cause un élément fondateur de l’institution du mariage, l’altérité des sexes entre époux, et compte tenu des conséquences insuffisamment appréhendées par l’étude d’impact qu’un tel changement apportera à un grand nombre de législations, dans l’ordre pratique comme dans l’ordre symbolique ». Il souligne en effet que « les développements que pourrait susciter un tel projet dans des domaines connexes peuvent être porteurs d’enjeux fondamentaux, en particulier bioéthiques ». Il en serait ainsi selon lui de l’assistance à la procréation « en dehors des hypothèses médicales aujourd’hui admises ». « De tels développements appelleraient un débat public préalable, dans l’esprit de la législation relative à la bioéthique », note-t-il.

        La Croix   

 

 


 

QUOTIDIEN LA CROIX du 08 02 2013 :

Le risque d'inconstitutionalité n'est pas écarté

la-croix-08-02-13-risque-d-inconstitutionnalite.pdf la-croix-08-02-13-risque-d-inconstitutionnalite.pdf

 Les réserves du Conseil d'Etat

la-croix-8-02-13-reserves-conseil-d-etat.pdf la-croix-8-02-13-reserves-conseil-d-etat.pdf

 Christine Boutin : Loi MPT serait irreversible

la-croix-8-02-13-c-boutin-loi-irreversible.pdf la-croix-8-02-13-c-boutin-loi-irreversible.pdf


 

 

OPINION

Forum Dominique Stoppa-Lyonnet, professeur de génétique médicale à l’université Paris-Descartes, suppléante de François Fillon

Pour une primauté des droits de l’enfant (source LA CROIX 07 02 2013)

Le mariage est une institution unissant un homme et une femme, leur donnant des droits et des devoirs vis-à-vis de l’un et de l’autre, ainsi que vis-à-vis des enfants qui pourraient être issus de leur union. Par le mariage, la République ne consacre pas l’amour qui unirait deux personnes mais elle protège la famille qui pourrait en être issue et en particulier les plus vulnérables : les enfants. Les enfants nés dans le cadre du mariage ont pour père « celui que désignent les noces » et la mère est toujours la mère. C’est précisément parce que le mariage confère une présomption de paternité à celui qui n’enfante pas que les couples homosexuels le revendiquent.

Il ne s’agit pas de mettre en doute les capacités d’affection, d’éducation, d’accompagnement d’un enfant par un couple homosexuel ou encore par une femme seule, comme certains commentaires, homophobes et détestables, le laisseraient prétendre. Rappelons une réalité : plus de 20 % des enfants sont élevés dans une famille monoparentale, le plus souvent maternelle, et qu’il s’agit de situations plus souvent subies que choisies.

L’accès à la parentalité d’un couple de femmes ne peut passer, mis à part l’adoption d’un enfant déjà né, que par l’assistance médicale à la procréation avec insémination artificielle par tiers donneur. Si la dimension sociale de la filiation est essentielle, et c’est sur celle-ci que le droit l’établit, sa dimension biologique – liée à la part d’ADN qu’ont en commun les apparentés – est inaliénable. Et ces deux dimensions de la filiation sont indissociables dans l’inconscient des individus. L’assistance médicale à la procréation avec tiers donneur projette donc un « clairobscur » sur le patrimoine génétique de l’enfant : une moitié de patrimoine génétique de l’enfant ainsi conçu est identique à celui de l’un des deux membres du couple et le relie à ses ascendants, alors que l’autre moitié provient d’un donneur aux origines soigneusement et légalement effacées par son anonymat.

L’enfant conçu avec tiers donneur peut souffrir de l’absence totale d’information sur le donneur. Cette quête des origines interroge ainsi le donneur : Est-ce que je lui ressemble ? Quelle est son histoire ? Quelle est sa famille ? D’autres enfants ont-ils été conçus de lui ? L’interrogation sur les origines est universelle, y compris chez les enfants dont les deux parents sont ses géniteurs. Elle est douloureuse quand elle reste sans réponse, impossible quand la loi l’interdit.

Un enfant né d’un don de spermatozoïdes dans un couple hétérosexuel peut cependant, malgré les difficultés évoquées, construire une figure paternelle grâce au père qui l’élève. Mais un enfant conçu par ce procédé au sein d’un couple de femmes, ou par une femme seule, pourra-t-il réparer ce double manque ? Aura-t-il les meilleures conditions pour se construire ?

Il existe un conflit entre le souhait d’un couple de femmes d’avoir un enfant conçu par l’une des deux et le risque pour l’enfant conçu par insémination avec tiers donneur de ne pas avoir de repères solides de filiation tant sociale que biologique. Face à ce conflit, comme l’indique l’article 3 de la Convention internationale sur les droits de l’enfant, ratifiée par la France en 1990, choisissons le point de vue de l’enfant : «  L’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale.  » Ainsi, devant les interrogations suscitées par une double absence de repères et au nom de l’intérêt de l’enfant, l’assistance médicale à la procréation n’apparaît pas acceptable pour les couples homosexuels comme pour les femmes seules. Certains opposeront que plusieurs milliers d’enfants sont déjà nés par ce procédé au sein de couples homosexuels et qu’ils sont, ainsi que le conjoint de son parent biologique, dans une certaine insécurité juridique. Il est certain que des solutions légales doivent être trouvées. Il en existe déjà avec la délégation de l’autorité parentale et l’adoption simple. D’autres solutions, plus solides, pourront être proposées. Ce n’est cependant pas au nom de la recherche d’un statut juridique pour les enfants déjà nés que la procréation avec tiers donneur pourrait être acceptée pour des couples homosexuels. La République n’a pas à choisir de faire naître un enfant sans père quand « sa responsabilité est de veiller à lui offrir ce qu’elle considère être les meilleures conditions possibles pour sa venue au monde  (1) » .

Ce n’est pas au nom de la recherche d’un statut juridique pour les enfants déjà nés que la procréation avec tiers donneur pourrait être acceptée pour des couples homosexuels.

 


 

Philippe BAS, ancien ministre chargé de la famille, sénateur de la Manche (source: LA CROIX du 05/02/2013) :

Homoparentalité : rassembler et non diviser

Le débat démocratique ne fait pas toujours progresser la tolérance. Il peut même la faire reculer. C’est ce qui est en train de se passer à propos du mariage des couples de même sexe quand le sujet est réduit à la question de l’homophobie.

Les Français, dans leur ensemble, ne sont pas homophobes, quelles que soient leurs opinions politiques et leurs croyances religieuses. Il est vain de vouloir les diviser sur ce point. La question qui leur est posée n’est pas celle de l’homosexualité mais celle des fondements de l’homoparentalité, question à laquelle il faut tenter de répondre avec objectivité pour inventer des solutions qui nous rassemblent, après avoir préalablement purgé le débat de ses scories.

Or un procès en ringardise est instruit contre les opposants à la réforme. La droite et le centre auraient toujours un temps de retard sur la société, alors que la gauche seule serait à l’écoute des besoins de notre époque, en harmonie avec l’évolution des mœurs : « mariage pour tous » en 2013, pacs en 1999, abolition de la peine de mort en 1981.

Les choses ne sont pourtant pas si simples. Un rapide coup d’œil sur notre histoire montre assez qu’aucune famille politique n’a le monopole de la défense des droits. On rappellera, entre autres réformes de société, que ce n’est pas Léon Blum qui a accordé le droit de vote aux femmes mais de Gaulle, en 1944 ; que c’est par la loi Neuwirth de 1967 que la pilule a été autorisée ; que c’est une loi de 1972, sous Pompidou, qui a donné les mêmes droits aux enfants « naturels » qu’aux enfants « légitimes » ; que c’est sous Giscard d’Estaing qu’ont été votés l’IVG, le divorce par consentement mutuel et la majorité à 18 ans ; que la première loi de bioéthique a été adoptée sous le gouvernement Balladur.

Enfin, c’est sous Chirac qu’a été proscrit l’acharnement thérapeutique, proclamée l’égalité des droits des personnes handicapées et créée la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité des chances, aujourd’hui englobée dans l’institution du défenseur des droits, qui combat notamment les discriminations homophobes. C’est une loi de 2004 qui sanctionne pénalement les propos homophobes.

On dit aussi que l’opposition au mariage des personnes de même sexe est d’abord celle de l’Église catholique, comme si un tel argument valait disqualification. Il est exact que l’Église catholique n’est pas favorable au mariage des personnes de même sexe, mais elle est également solidaire des victimes de l’homophobie, comme de toute personne persécutée ou exclue. Les chrétiens prennent la défense des plus faibles. C’est au nom de l’enfant et de la vérité qui lui est due, et non contre les homosexuels, qu’ils expriment des craintes sur un statut de l’homoparentalité dont la spécificité serait niée au profit de la transposition du modèle parental issu du mariage d’un homme et d’une femme.

Que reste-t-il de l’opposition au mariage homosexuel si elle n’est par essence ni de droite, ni religieuse, ni homophobe ? Certainement pas une opposition à la reconnaissance par la société de la réalité des couples homosexuels liés par un engagement mutuel et dont la vie commune doit pouvoir être organisée, mais le sentiment que le mariage, parce qu’une grande partie des règles qu’il comporte concerne la filiation et pas seulement les relations à l’intérieur du couple, n’est pas l’instrument adapté pour poser ce cadre.

Le débat sur le mariage des couples de même sexe a au moins le mérite d’avoir fait progresser notre réflexion dans ce domaine, remettant à l’ordre du jour le contrat d’union civile auquel Nicolas Sarkozy avait un temps songé, avant d’y renoncer. Ce contrat permettrait non seulement de traiter toutes les questions matérielles et juridiques liées à l’organisation de la vie commune, y compris par l’intervention d’un juge. Ce serait aussi le moyen d’apporter aux couples concernés la reconnaissance de la valeur de leur engagement mutuel par la célébration de leur union en mairie.

Quant à la question cruciale de l’homoparentalité, ce n’est pas trahir le sens de la réforme du gouvernement que de dire que, avec le mariage, elle transpose aux familles homoparentales, sans les adapter, les règles posées pour les familles comportant un père et une mère. C’est d’autant plus surprenant qu’on ne cesse de nous dire qu’il n’y a plus désormais une famille mais des familles, toutes respectables dans leurs différences. Ce faisant, une équivalence est créée entre parentalité et homoparentalité, comme si avoir deux parents-femmes ou deux parents-hommes était la même chose qu’avoir un père et une mère. Il y a là un parti pris de négation de l’altérité sexuelle, pourtant fondatrice de toute vie humaine. Cette construction du cœur et de l’esprit ne comporte qu’un inconvénient : celui d’être fausse. Tout y repose sur la notion de « parentalité d’intention ». Mais comme il n’est pas vrai que les deux membres d’un couple homosexuel puissent être parents de l’enfant autant l’un que l’autre, ni que l’enfant puisse être issu de ce couple parental comme il l’est quand il a son père et sa mère, il vaudrait mieux que la loi n’affirme pas le contraire. La solution pour une homoparentalité respectueuse de la vérité consisterait à ce que la mère ait la possibilité légale de déléguer son autorité parentale à sa compagne (ou le père à son compagnon), que celle-ci (ou celui-ci) puisse recourir à une adoption simple, que le mandat de protection future puisse être utilisé en cas de disparition de la mère (ou du père), qu’un droit de visite puisse être reconnu en cas de séparation du couple… toutes possibilités qui devraient d’ailleurs être étudiées plus généralement dans le cadre d’un statut de « beau-parent » pour répondre aux attentes des familles recomposées.

Le débat sur le mariage des couples de même sexe a au moins le mérite d’avoir fait progresser notre réflexion dans ce domaine, remettant à l’ordre du jour le contrat d’union civile.

 


 

QUOTIDIEN LA CROIX du 06 02 2013 :

Quels enfants les couples homosexuels pourront-ils donc adopter?  

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QUOTIDIEN LA CROIX du 05 02 2013 :

Le Comité national d'éthique sur le devant de la scène

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QUOTIDIEN LA CROIX du 04 02 2013 :

La question de la PMA bouscule calendrier gouvernemental

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Déclaration de Mgr Dufour – 2 février 2013

Ce samedi 2 février 2013, l’Assemblée nationale a voté l’article 1 du projet de loi ouvrant le mariage aux personnes de même sexe. Ce vote est une révolution, il transforme radicalement la signification du mariage. Une révolution par les mots. Le mariage civil a perdu son sens et la force symbolique que lui donnait le principe général du droit : « En droit français, le mariage est l’union d’un homme et d’une femme » (Cour de cassation le 13 mai 2007). Le mariage a perdu sa beauté. Au nom de l’écologie humaine nous désirons sauver cette beauté.

Tout n’est pas perdu. Certes le premier vote a porté un coup fatal à l’institution matrimoniale, principe fondamental qui, jusqu’ici, structure les codes de loi de la République et protège l’enfant qui vient au monde.  Mais le débat à l’Assemblée n’est pas achevé et il concernera bientôt l’enfant. Non pas le droit à l’enfant, mais le droit de l’enfant à avoir un père et une mère, le droit « de connaître ses parents et être élevé par eux » (Convention internationale des droits de l’enfant, article 7.1, New York le 20 novembre 1989). Le texte sera ensuite discuté au Sénat, et nous espérons que les consciences s’éveilleront.

Pour éveiller les consciences, nous faisons entendre notre parole, fondée sur la lumière de la raison éclairée par notre foi chrétienne. Mais l’enjeu touche l’être humain en son âme profonde, au mystère de vie que le Créateur a déposé en l’homme, homme et femme.  Voilà pourquoi  nous ne cessons d’appeler  les chrétiens à prier et jeûner, selon la grande tradition spirituelle qui est la nôtre, à la suite du Christ.

L’association « la Manif pour tous » appelle à manifester le 24 mars prochain.  Dans notre diocèse d’Aix en Provence et Arles, nous veillerons à ce que la messe des Rameaux et de la Passion puisse être célébrée le samedi soir ou le dimanche matin tôt pour ceux qui participeront à la manifestation.

Aix en Provence, le 2 février 2013 En la fête des Lumières

† Christophe DUFOUR Archevêque d’Aix et Arles


 

MANIF DU 2 février 2013 en AVIGNON

Venus nombreux d'un peu partout, pour soutenir l'annulation du projet de loi:

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COLLECTIF TOUS POUR LE MARIAGE

Chers amis,

Après le rendez-vous historique du 13 janvier dernier à Paris, la mobilisation ne doit pas faiblir et notre détermination ne pas faillir dans notre défense du modèle naturel du mariage « homme-femme ». Même si les représentants de la Manif’ pour tous ont été reçus par le président de la République le 25 janvier dernier, nous sommes bien conscients que le combat ne s’arrête pas là. Ils ont pu faire état de plus de 165000 signatures pour lui demander des Etats Généraux, sans parler de tous ceux qui réclament aussi un Referendum sur cette question. Nous demandons que la parole nous soit rendue sur des questions aussi essentielles que celles qui redéfinissent la famille ou oublient le droit des enfants à grandir entourés d’un père et d’une mère.

Les députés ont commencé l’examen de la loi le mardi 29 janvier à l’Assemblée Nationale : il n’y a plus de temps à perdre pour repousser ce « mariage pour tous ». Nous sommes tous concernés et donc tous responsables dans cette défense du mariage civil ! Chacun d’entre nous non seulement peut mais doit continuer à agir. Nous vous proposons trois actions très concrètes :

C’est dès maintenant !

Une action urgente auprès de nos élus, en particulier nos députés

Grâce à un nouveau site allomondepute.com ! Durant les débats à l’Assemblée Nationale, contactez les députés puis les sénateurs !

1 député = 1 voix à l'Assemblée pour obtenir le retrait de la loi ; une voix en faveur d'un referendum et d'un vrai débat citoyen pour la défense de la famille PME.

1 député = 1 conscience à éclairer

1 député = 1 courage politique à soutenir

Passez lui un coup de fil pour l'aider!

Sur le site, la position de chaque élu sur le sujet du mariage pour tous : encouragez ceux qui voteront contre ; demandez à ceux qui se sont déclarés favorables de voter selon leur conscience ; emportez l’avis des indécis : leur vote sera décisif, en particulier au Sénat.

Il y a urgence: Appelez !

C’est avant le 8 février !

Une nouvelle pétition en vue de la saisie du Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE): 500.000 signatures pour un débat

Pour être enfin entendu des autorités du pays, les citoyens français opposés au projet de loi « mariage pour tous » peuvent saisir le Conseil économique, social et environnemental (CESE), troisième assemblée constitutionnelle de la République et haut lieu du « dialogue et du rassemblement ». « C est le débat public qu’il faut restaurer »… le CESE est ce « lieu rare et peut-être unique où la culture du dialogue permet de n’exclure personne » ( Jean-Paul Delevoye, Président du CESE).

En effet, la loi constitutionnelle de 2008 a ouvert la possibilité pour les citoyens de saisir le CESE par voie de pétition. Pour que ce débat démocratique ait lieu, 500 000 pétitions doivent être réunies.

Si vous souhaitez, avec nous, que le CESE intervienne dans le processus en cours, envoyez dès aujourd’hui votre pétition citoyenne et invitez votre entourage à le faire aussi. La pétition citoyenne (à compléter et renvoyer à l’adresse indiquée) est accessible sur http://www.lamanifpourtous.fr/mediatheque/petition_citoyenne.pdf Pour en savoir plus sur cette procédure et sur ses effets : http://aJP.r.mailjet.com/f5c867aa/2ndp9K/lEytkt/www.lamanifpourtous.fr/-Soutenir-les-petitions-

C’est ce samedi 2 février !

Un rendez-vous national à ne pas manquer

La Manif pour tous et partout, c’est le samedi 2 février de 15h00 à 17h00 !

La mobilisation continue partout en France, dans votre département, par des Rassemblements citoyens contre le projet de loi « Mariage et adoption pour tous ».

Venez nombreux pour montrer votre détermination à défendre le mariage « PME », jusqu’au retrait du projet de loi !

90 rassemblements synchronisés en métropole et Outre-Mer

dans votre département : Venez nombreux !

Pour vous joindre au rassemblement de votre département, trouvez votre rendez-vous sur http://www.lamanifpourtous.fr/-le-2-fevrier-

 

 

Continuez à participer au succès de la pétition

- en diffusant le site à vos contacts

- en téléchargeant la pétition au format papier pour faire signer les personnes sans internet.

- en soutenant financièrement le collectif

 

Louis-Marie GUITTON, Coordinateur du Collectif « Tous pour le Mariage » tous-pour-le-mariage.fr

 


 

 

 QUOTIDIEN LA CROIX du 30 01 2013:

L'opinion publique est trés partagée :  cliquez   la-croix-30-01-13-page-9-opinion-publique-tres-partagee.pdf la-croix-30-01-13-page-9-opinion-publique-tres-partagee.pdf

Henri Guaino porte-parole inattendu des "anti mariage pour tous" : la-croix-30-01-13-page-9-suite-henri-guaino.pdf la-croix-30-01-13-page-9-suite-henri-guaino.pdf

 


 

QUOTIDIEN LA CROIX du 29 01 2013:

Bloc contre bloc : la-croix-29-01-13-page-1-bloc-contre-bloc.pdf la-croix-29-01-13-page-1-bloc-contre-bloc.pdf

Mariage PMA filiation la discussion s'engage: la-croix-29-01-13-page-2-mariage-pma-filiation.pdf la-croix-29-01-13-page-2-mariage-pma-filiation.pdf      suite : la-croix-29-01-13-suite-page-2.pdf la-croix-29-01-13-suite-page-2.pdf

Droite et gauche se préparent à la confrontation : la-croix-29-01-13-page-3-droite-gauche-la-confrontation.pdf la-croix-29-01-13-page-3-droite-gauche-la-confrontation.pdf

L'Eglise travaille au plus près des élus :la-croix-29-01-13-page-4-l-eglise-travaille-au-plus-pres-des-elus.pdf la-croix-29-01-13-page-4-l-eglise-travaille-au-plus-pres-des-elus.pdf

 

 


 

 

 A LIRE : NOUS RECEVONS CES INFORMATIONS IMPORTANTES:

MANIF A AVIGNON LE 2 FEVRIER

 
Dans toutes les villes de France, le 2 février,  est organisé un rassemblement. Mobilisons-nous une fois de plus, nous nous tenons prêts à agir autant de fois qu'il le faudra ;  soyons nombreux ,et encore plus nombreux si vous faites passer à votre réseau. Faisons parler de nos attentes ...
 
MAIL A DIFFUSER DANS VOS RÉSEAUX
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Chers amis,
Après le grand succès de La Manif Pour Tous du 13 janvier à Paris, pour demander le retrait du projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe et obtenir l'ouverture d’États Généraux
.... et devant l'entêtement du gouvernement, une nouvelle mobilisation départementale  aura lieu le :
  samedi 2 février à 15h, place de l'horloge à AVIGNON
 
Nous comptons sur votre présence et votre ténacité !
Bien à vous
 
MAIL A DIFFUSER DANS VOS RÉSEAUX
Si vous souhaitez recevoir directement les mails d'en provenance de Manifpourtous84, merci de le signaler

-- La coordination- vaucluse manifpourtous84@gmail.com manifpourtous, le site
 

 

Pétition citoyenne pour le Conseil Economique Sociale et Environnemental

 

Devant le refus du Président de la République d’organiser les Etats Généraux sur le projet de Loi sur le Mariage pour Tous,


Saisissons le CESE, Conseil Economique Social et Environnemental, la troisième assemblée constitutionnelle de la République.

Par la Pétition Citoyenne.

 

Nous avons jusqu'au 11 février pour adresser par voie postale nos 500 000 signatures.

Cela pourrait contraindre le gouvernement à attendre plusieurs mois avant de pouvoir soumettre le projet au parlement, dans l’attente de cet avis !

La démarche est simple, imprimez le document joint et signez le (1 par personne) et envoyez le à :

La Manif Pour Tous, 15 rue Pottier 78150 LE CHESNAY

N'hésitez pas à faire signer vos voisins et a ensuite tout mettre dans une même enveloppe !

 

La démarche est simple, imprimez le document joint (cliquez ci dessous) et signez le (1 par personne) et envoyez le à :

La Manif Pour Tous, 15 rue Pottier 78150 LE CHESNAY

N'hésitez pas à faire signer vos voisins et a ensuite tout mettre dans une même enveloppe !

cliquez      petition-citoyenne-saisine.pdf petition-citoyenne-saisine.pdf

 


 

 

 

QUOTIDIEN LA CROIX du 24 01 2013:

- L'Entente parlementaire pour la famille veut être reçue par l'Elysée

la-croix-24-01-2013-l-entente-parlementaire-pour-la-famille-veut-etre-recue-par-l-elysee.pdf la-croix-24-01-2013-l-entente-parlementaire-pour-la-famille-veut-etre-recue-par-l-elysee.pdf

- Un référendum sur le projet de "mariage pour tous" est constitutionnel

la-croix-24-01-2013-un-referendum-sur-le-projet-de-mariage-pour-tous-est-constitutionnel.pdf la-croix-24-01-2013-un-referendum-sur-le-projet-de-mariage-pour-tous-est-constitutionnel.pdf

- Catholiques et homosexuels se sentent à un "drôle de place" 

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la-croix-24-01-213-suite.pdf la-croix-24-01-213-suite.pdf

 

 


 

QUOTIDIEN LA CROIX DU  23 01 2013 : L'Académie des sciences morales s'élève contre le projet "mariage pour tous"

la-croix-23-012013-academie-sciences-morales.pdf la-croix-23-012013-academie-sciences-morales.pdf

 


 

QUOTIDIEN LA CROIX DU  22 01 2013 : François Hollande s'engage à recevoir ...

 la-croix-22-01-2013-f-hollande-recoit-manif-pour-tous.pdf la-croix-22-01-2013-f-hollande-recoit-manif-pour-tous.pdf


 

QUOTIDIEN LA CROIX du 16 01 2013 :

- Un mouvement d’écologie humaine est en train de se lever

cliquez  :  la-croix-16-01-2013-page10-t-derville.pdf la-croix-16-01-2013-page10-t-derville.pdf

- FAUT-il S'OPPOSER POUR EXISTER

cliquez : la-croix-16-01-2013-page-27-faut-il-s-opposer-pour-exister.pdf la-croix-16-01-2013-page-27-faut-il-s-opposer-pour-exister.pdf

 


 

LA SUITE A DONNER APRES LA MANIF DU 13 janvier 2013 

- Le gouvernement annonce que la loi permettant aux personnes de même sexe de se marier, sera votée début 2013.  Certains sont contre, d'autres pour. Mais combien exactement ? 

- Le gouvernement affirme que "l'opinion y est majoritairement favorable" mais ne s'appuie sur aucune étude, aucun sondage. Comment savoir ?

Si comme le gouvernement, vous pensez que l'opinion est effectivement favorable, alors pourquoi pas un référendum ? Si au contraire, vous ne voulez pas de cette loi, alors le référendum est l'unique chance de faire entendre votre voix, l'unique chance de faire barrage à la proposition de loi. Dans tous les cas, donc, signez la demande de référendum populaire, prévu par l'article 11 de la constitution, en cliquant sur :

 http://www.referendum-officiel.fr/

Pour obtenir un référendum 10% du corps électoral (soit 4,5 millions de personnes) doivent en faire la demande. Ce sera difficile, mais on peut y arriver si nous nous mobilisons tous en signant la demande et en faisant suivre ce message par mail à tous nos contacts (en u 01 2103tilisant le champ CCI)

 

  


 

LA CROIX : GUY COQ, philosophe : Avoir conscience de la cohérence d’une loi

cliquez  la-croix-15-01-2013-p27-guy-coq.pdf la-croix-15-01-2013-p27-guy-coq.pdf
 


 

 

Le témoignage du site de MARIE REINE  : http://www.mariereine.com/affiche.php3?ID=1135&categorie=3

 


 

 

LA CROIX DU 14 janvier 2013 compte rendu de la manif du 13 janvier à Paris

cliquez  la-croix-14-01-2013-manif-du-13.pdf la-croix-14-01-2013-manif-du-13.pdf

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PAROISSIENS à la manif du 13 janvier à Paris 

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« Il faut toujours prier comme si l’action était inutile et agir comme si la prière était insuffisante. » Ste Thérèse de Lisieux
Mobilisation silencieuse, vendredi 25 janvier 2013.
Face au projet de loi « Mariage pour tous », utilisons les armes du jeûne et de la prière pour la France et la Famille. Initiative soutenue par le Cardinal Philippe Barbarin, Mgr Dominique Rey, Mgr Raymond Centène, par de nombreux monastères, communautés religieuses et prêtres.
Inscrivez-vous sans tarder sur http://www.tousenpriere.com

 

Regardez la vidéo: http://www.tousenpriere.com/la-video/

 

L’équipe de coordination de Tous en prière PS: Merci de faire circuler autour de vous!

 


 

ARTICLE du 10 01 2013 du quotidien LA CROIX : Les enjeux d’une manifestation

MGR CLAUDE DAGENS, évêque d’Angoulême, membre de l’Académie française 

cliquez :  la-croix-10-01-2013-mgr-dagens.pdf la-croix-10-01-2013-mgr-dagens.pdf

  


 

Mgr Dufour sur « La manif pour tous »

A propos de « La manif pour tous » du 13 janvier à Paris.

Le 13 janvier 2013 va se dérouler à Paris une manifestation contre le projet de loi sur « le mariage pour tous ». Cette manifestation est organisée par un collectif d’associations, chrétiennes et non chrétiennes, intitulé « La Manif pour tous ». Chacun, comme citoyen, peut librement y participer selon ses convictions et dans le respect des personnes. Contact http://www.lamanifpourtous-13.fr/

La déclaration de Mgr Dufour :

Un grand élan citoyen se prépare pour manifester  l’opposition au projet de loi ouvrant le mariage aux personnes de même sexe. Chaque catholique se fera une opinion argumentée et raisonnée sur ce projet. J’ai exprimé la mienne, claire et sans ambiguïté, dans un texte intitulé « Oui au mariage », publié sur le site du diocèse. Je rappelle que toute opinion s’exprimera dans le plus grand respect des personnes, et particulièrement celui des personnes homosexuelles ; l’homophobie, ainsi que toute autre forme de discrimination, n’est pas conforme à la foi chrétienne. Le mariage unit un homme et une femme et donne un père et une mère à tout enfant qui vient au monde. Nous demandons que soit préservée cette signification du mariage conforme à ce qui définit l’être humain dans son origine. Notre lutte est aussi celle de l’Esprit au cœur du monde. Elle est un combat spirituel. C’est pourquoi j’invite les catholiques à faire de cette semaine un temps fort de prière et de jeûne.

Dimanche 6 janvier 2013,  en la fête de l’Epiphanie

+ Christophe DUFOUR, archevêque d’Aix en Provence et Arles

 


 

TEMOIGNAGE SUR L'HOMOSEXUALITE 

Philippe Ariño est un professeur d’espagnol, essayiste, chroniqueur, intellectuel et homosexuel français.

Voir son témoignage vidéo: cliquez   https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=tnr-4wkLo-A#!

 


 

A TOUTES LES FAMILLES AFC (Associations Familiales Catholiques) du Var et de la région PACA

Les organisateurs bénévoles de l'Association La Manif Pour Tous de la région PACA nous font savoir qu'il faut absolument que les quelques 500 places de TGV qui restent disponibles à ce jour soient vendues très rapidement Dans le cas contraire, ils pourraient annuler d'ici quelques jours ce seul TGV spécial qui est prévu au départ de Toulon.
Chacun comprendra le dilemme ; le bénévole qui signera le contrat avec la SNCF sera personnellement engagé à verser ce qui manquerait à la somme totale de 130000 euros!
J'invite donc ceux qui ont l'intention de se rendre à Paris le 13 janvier pour manifester à s'inscrire sur le champ à l'aide des liens ci-dessous. Je remercie ceux qui se sont déjà inscrits ainsi que ceux qui ont alimenté le pot commun par des dons et je les invite à inciter d'autres familles à s'inscrire. Les familles qui ont de réelles difficultés pour payer leurs billets sont priés de se faire connaître auprès de leur président d'AFC qui transmettra les demandes auprès du correspondant départemental de la Manif Pour Tous. Alain MICHEL, Référent régional AFC sud-est

RAPPEL POUR S'INSCRIRE POUR LE TRAIN OU FAIRE UN DON

      Un TGV spécial partira de Toulon à destination de Paris avec arrêt à Marseille, Aix et Avignon.

Horaires : A confirmer ultérieurement - Aller/Retour dans la journée.

Tarifs à partir de 50€

Inscription : http://www.lepotcommun.fr/pot/uHhuqlTQ

Les personnes étant dans l’impossibilité de se rendre à Paris peuvent soutenir la manifestation en parrainant des manifestants :

PARRAINER UN VOYAGE EN TRAIN          FAIRE UN DON soit en envoyant un chèque à l’adresse suivante :

LA MANIF POUR TOUS 68, impasse Beaulieu CS 30518  83041 TOULON CEDEX 9

 

 


 

 

A propos de la soirée Mariage, filiation du 14 décembre 2012

 

    A propos de la soirée « Mariage, filiation quel avenir ? »  qui a réuni plus de 400 personnes à la Maison diocésaine et  l’article dans La Provence daté du 16 décembre « le débat des catholiques bouté hors de la fac »,  l’archevêché d’Aix-en-Provence et Arles déclare : La volonté de ne pas répondre à une provocation nous a induits, dans un premier temps, à ne pas réagir publiquement à la dénonciation d’une convention de mise à disposition d’un amphithéâtre de la Faculté de Droit, pour une conférence-débat autour du projet de Loi sur le mariage et l’adoption par des personnes de même sexe.

Quelle victoire pour ceux qui aujourd’hui se flattent d’avoir « renvoyé les cathos dans leur gourbi » ? Notre démocratie ne sort pas grandie, mais blessée d’un tel état de fait. L’article paru ce dimanche dans La Provence montre que le manque de respect des personnes n’est pas du côté que l’on prétend. Si les « contre-manifestants » s’étaient donné la peine de répondre à l’invitation diffusée largement, ils l’auraient constaté aisément, comme ce fut le cas des 500 personnes qui ont participé ce soir-là à une réflexion menée dans le respect des personnes et des opinions. Et comment admettre que la volonté de quelques personnes d’empêcher la tenue d’une conférence et d’un débat publics, sur un projet de Loi et dans le cadre d’une faculté de droit, ait eu raison du droit à la liberté d’expression. L’Université n’est-elle pas, par destination, un lieu privilégié du débat d’idées ?

Que signifie le refus d’un véritable débat public sur un sujet aussi fondamental que le mariage et le sort des enfants adoptés ? En l’occurrence, ce refus se réclame d’une conception faussée de la laïcité qui a fait, et fera encore, le lit du communautarisme et des extrêmismes en tous genres.

Quand un grand nombre de Françaises et de Français, et pas seulement les responsables religieux, réclament un vrai débat sociétal, comment ne pas entendre un appel à la raison ?

P. Luc Marie Lalanne, aumônier des professions judiciaires  

 

Mariage, filiation, quel avenir ? Pour réfléchir dans le respect des personnes et nourrir un débat de société sur le projet de loi sur le mariage.

 

Table ronde-conférence à la Faculté de Droit (Amphi David), vendredi à 20h30

Avec la participation de Mgr Christophe Dufour, archevêque d’Aix et Arles,  Me Christian Atias, avocat, d’Antoine Renard, président national Associations familiales catholiques  et du Dr Marie-Pierre Labrosse, pédopsychiatre.

Cette table ronde animée par Jean-Claude Escaffit , journaliste, sera suivie d’un débat avec la salle. Ses organisateurs veulent contribuer à nourrir le débat de société sur  un projet de loi qui constitue « un changement de civilisation » (C. Taubira).

 

 

 

Déclaration introductive  de Mgr Dufour

Ce soir nous abordons un sujet grave. Ce n’est pas d’abord moi qui le dis, mais Madame la Garde des Sceaux qui, le 7 novembre dernier, a présenté un projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe. Ce jour là, dans une interview à Ouest France, elle déclarait : « C’est une réforme de société, et on peut même dire une réforme de civilisation. Nous n’avons pas l’intention de faire comme si nous ne retouchions que trois ou quatre virgules dans le Code Civil » (cité par Mgr André Vingt Trois dans sa conférence au Centre Saint Louis à Rome le 19 novembre dernier). Madame Taubira situait elle-même l’enjeu du débat : une réforme de civilisation. Rien de moins. Ce sujet mérite donc que l’on s’y intéresse de près, que nous y réfléchissions attentivement, que nous faisions une opinion argumentée et que, en citoyen de notre République, nous puissions partager publiquement notre jugement sur le projet de loi qui sera soumis au débat parlementaire à la fin du mois de janvier.

Nous voulons aborder cette réflexion en hommes et femmes de raison, i.e. éclairés par l’intelligence, recherchant ce qui est bon pour le plus grand nombre, ce qui est dans l’intérêt de tous, veillant à ce que l’on appelle l’intérêt général, le bien que nous avons en commun. Le bien, c’est notre environnement quotidien. Le bien, c’est le travail et la justice. Le bien, c’est la paix et le vivre ensemble. Le bien, c’est le bonheur des familles. Le bien, c’est la vie humaine, c’est l’humain, c’est le principe de vie, le principe de vie humaine, homme et femme. L’intérêt général n’est pas la somme des intérêts individuels, il est la convergence de toute une société vers un bien commun, collectif. Dans quelle direction devons-nous aller, nous orienter, pour le respect de l’humain et le progrès vers le plus humain. L’intérêt général est la responsabilité d’un gouvernement élu démocratiquement. Dans notre société de liberté – cette liberté est notre trésor – il appartient aux citoyens, et aussi à des groupes de citoyens, de dire ce qu’ils pensent être l’intérêt général. Ce soir nous examinons le projet de loi sur le mariage. Nous voulons être à l’écoute de ceux qui ont présenté ce projet, à l’écoute de leurs arguments exprimés dans l’exposé des motifs. Mais nous voulons réfléchir aux risques de ce projet pour notre société : 1-     Ce que le projet de loi transformera dans le Code Civil. Nous avons invité un juriste, spécialiste du droit de la famille. 2-     Les conséquences sur l’enfant de ce projet qui ouvre l’adoption aux couples de personnes de même sexe. Nous avons invité une pédopsychiatre. 3-     Les conséquences pour la famille. Nous avons invité le président des AFC, qui pourra parler aussi au nom des associations familiales réunies au sein de l’UNAF.

Pour notre part, notre réflexion de raison est éclairée par notre foi religieuse. Cette lumière, nous l’avons en commun avec toutes religions monothéistes, musulmane, israélite et chrétienne. Nous l’avons plus particulièrement avec les israélites, à partir de la Bible. Le grand rabbin Gilles Bernheim s’y réfère explicitement. Et chaque confession chrétienne a pu s’exprimer selon le point de vue qui est le sien.

Sachons que tout excès de langage nous condamne, car il manifesterait notre déraison. L’esprit partisan n’a pas lieu de s’exprimer ce soir, car il est le plus souvent rempli de présupposés, voire d’idéologie. Nous voulons que soit éclairée les consciences. Et nous demandons que, sur un tel sujet, les consciences de nos parlementaires ne soient pas aliénées par une directive de parti. Nous sommes des citoyens qui désirons exprimer leur parole raisonnée, dans un pays de liberté, et dans le respect de toutes les opinions.

 

 


 

Mgr Dufour : Oui au mariage ! (7 novembre 2012)

 

A propos du projet de loi gouvernemental sur le « mariage pour tous », Mgr Dufour déclare : Oui au mariage (7 vovembre)

Le 7 novembre, le projet de loi « ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe » a été adopté en conseil des ministres. L’heure est venue de parler et d’agir pour dire notre désaccord et les raisons de notre opposition à ce projet.

Ma pensée et mon cœur se tournent d’abord vers les personnes homosexuelles. Elles nous sont proches, au sein de nos familles et de nos communautés, et parmi nos amis. Le plus souvent elles souffrent de ne pouvoir fonder un couple, une famille comme tout le monde. Elles souffrent aussi du regard porté sur elles dans leur entourage. Elles demandent à être respectées, reconnues dans ce qu’elles sont. C’est pour elles que ce projet de loi sera proposé en janvier prochain au vote des parlementaires. Mais ce projet n’est pas une bonne réponse. Si ce projet était voté, il donnerait au mariage une signification qui laisserait les couples et les familles dans la plus grande confusion et, à terme, ébranlerait le socle sur lequel est fondée notre société. Le mariage est l’institution qui unit un homme et une femme, et qui donne un père et une mère à l’enfant qui naît de cette union.

Il nous faut répondre principalement à deux arguments des tenants de l’ouverture du mariage aux personnes de même sexe : le droit au mariage au nom de l’égalité, et au nom de l’amour. Un droit pour tous au nom de l’égalité ? Ce prétendu droit serait le refus de la différence sexuée qui fonde la vie humaine, changerait la signification du mariage, et établirait une nouvelle discrimination entre les enfants, ceux qui auraient droit à un père et une mère et ceux qui n’y auraient pas droit. D’autre part des règles délimitent aujourd’hui et délimiteront encore demain les alliances autorisées et les alliances interdites au mariage.Un droit au nom de l’amour ? Oui, tout être humain est capable d’aimer, de s’engager dans l’amour, et d’aimer durablement. Mais le mariage n’est pas uniquement la reconnaissance d’un amour. Le mariage est une institution qui fonde la filiation et la généalogie. Il ne peut être remplacé par un « objet juridique asexué » sans saper les fondements de la société, de l’identité des personnes, et de la famille. Citons ici le grand rabbin Gilles Bernheim : « L’homoparentalité n’est pas la parenté… Ce mot nouveau relève de la fiction. En effet, ce n’est pas la sexualité des individus qui a jamais fondé le mariage ni la parenté, mais d’abord le sexe, c’est-à-dire la distinction anthropologique des hommes et des femmes ».

De nombreux arguments forgent notre conviction que le mariage civil est un bien précieux  qui sert l’intérêt général au sein de notre société. C’est pour ce bien que je dis « Oui au mariage » et que je refuse le projet de loi qui en sape les fondements et en change la signification. Cette conviction naît aussi de notre foi en l’acte créateur de Dieu qui institue la différence sexuelle comme principe de vie.   « Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme » (Genèse 1,27).

Monsieur Hollande croit marquer l’histoire en faisant voter le projet de loi qui dénature le mariage. Au regard de l’histoire de l’humanité, c’est l’inverse qui se produira ; ce projet sera une grande tâche noire et l’on dira demain : « Comment ont-ils pu promouvoir une telle chose en ce temps-là ? » Non, Monsieur le Président, osez renoncer à ce projet pendant qu’il est encore temps ; vous en tirerez une vraie fierté, celle du courage.

J’encourage les catholiques à parler, à s’informer, à argumenter, à engager le débat autour d’eux, à écrire à leurs députés, à leurs sénateurs, à leurs maires, à agir, à se manifester… Je les invite à le faire dans le respect des personnes. Je les invite aussi à prier et à jeûner : nous croyons en la force de l’Esprit qui crée et agit, qui pénètre les cœurs et les pensées. Il est capable de réaliser l’impossible comme il l’a fait dans le sein de Marie.

Oui au mariage qui unit un homme et une femme et donne un père et une mère à tout enfant qui vient au monde.

+ Christophe DUFOUR

Archevêque d’Aix-en-Provence et Arles

 


 

Homme-femme-enfant

Le service  pastoral d’études politiques du diocèse de Paris publie une réflexion sur le mariage des personnes du même sexe et l’adoption. Et donne 10 raisons de ne pas légaliser le mariage homosexuel.

Certains affirment que notre législation actuelle du mariage et de l’adoption serait liée à une conception religieuse de la société. On notera qu’en fait, aucun des arguments ici énumérés n’a de connotation religieuse. En revanche, on voit que s’affrontent une vision strictement individualiste et une approche sociale.

1. Le mariage : une forme de vie précise mais pas exclusive

Le mariage est une forme particulière de vie commune. C’est le nom et l’institution juridique correspondant à l’engagement durable d’un homme et d’une femme qui souhaitent fonder une famille. Mais le mariage n’est pas un modèle universel. Il y a des célibataires, des concubins. Respecter vraiment les personnes homosexuelles, c’est les respecter aussi dans le fait de ne pas se plier au seul modèle du mariage, présenté ou perçu comme universel ou dominant.

 

2. Le mariage n’est pas la reconnaissance publique des sentiments

C’est se tromper sur la nature et la définition du mariage que de le considérer comme la reconnaissance sociale de l’amour, à laquelle pourraient aspirer tous ceux qui s’aiment sincèrement. On ne voit pas bien d’ailleurs l’utilité et la légitimité de la reconnaissance par les pouvoirs publics d’une relation amoureuse, la réalité la plus intime qui soit. Le mariage est en fait l’inscription de la filiation dans une institution stable, notamment pour protéger la mère (matri-monium) : il est en effet présumé que l’enfant d’une femme mariée a son mari pour père, avec les droits et les devoirs qui en découlent.

 

3. Le statut économique du mariage est lié à sa fonction sociale

Si le mariage est perçu comme un modèle attractif, c’est en particulier en raison des facilités économiques qui y sont liées. Mais celles-ci ne sont justifiées que par le soutien que la société estime devoir apporter à ceux qui contribuent à son renouvellement par la transmission de la vie et le travail éducatif. Il ne s’agit pas d’une « niche » fiscale et sociale, mais d’une prise en compte de l’apport spécifique de ce mode de vie à l’effort collectif. Détachées de cette justification, les contours économiques du mariage n’ont plus de raison d’être. Les célibataires devraient alors avoir exactement les mêmes droits que les « mariés ».

 

4. Le mariage entre personnes de même sexe entraînerait en fait la fin du mariage civil

L’orientation sexuelle n’a pas l’objectivité de l’identité sexuelle. L’expérience prouve qu’elle peut changer au cours de la vie et elle n’apparaît pas sur les cartes d’identité. Compte tenu de l’extrême souplesse de fait des obligations juridiques liées au mariage, rien n’empêcherait le cas échéant que deux hommes ou deux femmes totalement hétérosexuels se « marient » pour des raisons fiscales ou en vue d’un « regroupement » professionnel… Le mariage ne serait plus en réalité qu’une association contractuelle d’intérêts privés. On ne serait donc pas passé du PACS au mariage mais on aurait résorbé le mariage, institution sociale, dans le PACS, contrat privé. L’ouverture du mariage aux partenaires de même sexe reviendrait finalement à supprimer le mariage civil.

 

5. Conséquences logiques d’une déstructuration du mariage

Pourquoi le mariage unit-il deux personnes ? Parce qu’il s’agit d’un homme et d’une femme, en vue notamment de la procréation. Si l’on sort de ce modèle, pourquoi limiter à deux le nombre de partenaires ? C’est ainsi qu’un mariage à trois a été célébré au Danemark récemment. Dans le contexte français, la polygamie est devenue une question sociale sensible. Elle fait partie de l’expérience culturelle de certaines populations immigrées. Mais elle est aussi paradoxalement, certes sous une forme non juridique, le mode de vie assumé d’une frange de la population qui revendique ce droit aux partenaires multiples et simultanés.

Le cas échéant, quels seraient donc les arguments probants qui permettraient de restreindre les ouvertures d’un « mariage » désormais détaché de son lien objectif avec la procréation ? Se posent d’ailleurs non seulement la question des partenaires multiples mais aussi celle des relations intrafamiliales ou intergénérationnelles.

 

6. Le mariage entre personnes de même sexe aggraverait le communautarisme

Le tout nouveau « code de la laïcité et de la liberté religieuse » justifie l’obligation de ne marier religieusement que ceux qui se sont mariés civilement par un souci d’ « intégration dans l’espace public ». Si le mariage civil devenait totalement équivoque par rapport à ce que l’ensemble des religions entendent par mariage, cette lourde obligation du code pénal leur deviendrait inacceptable et elles demanderaient vraisemblablement sa suppression. Dans le contexte sensible de la montée des communautarismes en France, il y aurait là un facteur de désintégration sociale.

 

7. Privilégier les droits « de » l’enfant plutôt que le droit « à » l’enfant

L’adoption consiste fondamentalement à donner des parents à des enfants qui en sont dépourvus et non l’inverse. Ce qui est premier dans ce processus n’est donc pas le désir des parents mais le besoin des enfants. Faire en sorte que leurs parents adoptifs remplacent au plus près leurs parents biologiques est donc une priorité.

 

8. L’adoption par les célibataires : un faux argument

La possibilité de l’adoption par des célibataires remonte aux lendemains de la guerre et s’explique au départ par un déficit de partenaires masculins pour les femmes et par une recrudescence du nombre des orphelins. On dira aujourd’hui que permettre l’adoption par le partenaire de même sexe d’un parent adoptif, c’est « sortir de l’hypocrisie ». En réalité, même si un parent adoptif a un partenaire de même sexe, le désigner comme un deuxième père ou une deuxième mère ne correspond pas à la réalité et constitue donc un mensonge. Il peut être légitime et opératoire en revanche d’établir un dispositif circonscrit de « délégation de l’autorité parentale pour les actes de la vie courante ».

 

9. Le mariage entre personnes de même sexe fragiliserait l’adoption internationale

On dira souvent qu’il vaut mieux qu’un enfant soit adopté par des partenaires de même sexe plutôt que de ne pas être adopté de tout. Chacun sait qu’en réalité cette question ne se pose pas puisque le nombre d’enfants adoptables est moins important que les demandes de parents adoptifs. En revanche, comme l’évoque un film récent, un certain nombre de pays refusent que leurs ressortissants soient adoptés par des parents provenant de pays où l’adoption par des partenaires de même sexe est autorisée. S’il y avait une légalisation en France, un grand nombre de pays interrompraient l’adoption internationale vers notre pays, ce qui diminuerait considérablement les possibilités d’adoption pour les familles françaises.

 

10. Le recours à la Gestation Pour Autrui largement identifié comme une atteinte à la dignité des femmes

L’aide médicale à la procréation peut sembler changer les règles de la parenté. Mais qu’on le veuille ou non, tout enfant, même s’il est né grâce à une insémination artificielle ou une fécondation in vitro, n’a pas deux pères ou deux mères : il a un père et une mère biologiques. Certains hommes vivant avec un partenaire de même sexe souhaiteraient, pour adopter des enfants, recourir à la gestation pour autrui. Celle-ci est actuellement rejetée et par la majorité (position du Gouvernement pendant la révision de la loi de bioéthique) et par l’opposition (vote du Conseil National du PS en décembre 2010) comme gravement attentatoire à la dignité des femmes. La coïncidence des revendications appelle en retour une cohérence du discernement.

Père Matthieu Rougé Directeur du Service pastoral d’Etudes Politiques