Ordination diaconale d’Emile Chaussy par Monseigneur Christophe DUFOUR

portrait-ordination.jpg      

 

le 18 novembre 2012   

  Eglise Saint-Denys de Châteaurenard à 15h30

 

Une trés émouvante et trés belle cérémonie dans une église emplie de tous les amis d'Emile et de Monique. 

A l’issue de la célébration, fut offert un verre de l’amitié à la salle Abel Lorente suivi d’un repas partage, grand moment de fraternité et de partage dans la simplicité.

Extrait sonore de la Liturgie de l'Ordination:

 

 

 

TEMOIGNAGE D'EMILE ET DE MONIQUE 

Emile

 Nous sommes mariés depuis 43 ans, nous avons 3 enfants et 7 petits-enfants.

 Ce n’est pas nous qui nous sommes présentés en vue du diaconat ; c’est un appel de l’Eglise par l’intermédiaire d’un prêtre qui nous a interpelés. 

Nous allons vous brosser un rapide parcours des événements qui nous ont conduits à ce jour. 

Jusqu’en 1983, nous avions une vie de chrétien ordinaire mais c’est plutôt nous qui menions la barque... jusqu’à ce qu’une remarque blessante d’un prêtre provoque notre éloignement de l’Eglise. 

2 ans plus tard, nous vivons de grandes épreuves (maladie – accident – deuil). 

Nous aurions pu sombrer mais le Seigneur nous attendait à Paray le Monial à une session de la communauté de l’Emmanuel, lieu et communauté que l’on ne connaissait pas. Nous redécouvrons alors le sacrement de réconciliation, l’adoration eucharistique, la prière de louange même dans la souffrance. Et c’est à partir de ce jour que Dieu a pris, petit à petit, une place de plus en plus grande dans notre cœur. 

Ps 50 : « le sacrifice à Dieu, c’est un esprit brisé ; d’un cœur brisé, broyé, Dieu, tu n’as point de mépris. »

 Ainsi Dieu nous reconstruit avec tendresse. 

La question du diaconat m’a été posée 2 fois : par un prêtre, par un diacre, ne faisant aucun écho en moi. La 3° fois, c’est, avant Pâques 2005, par le Père Bruno Vidal, avec réponse à donner dans le mois suivant pour entrer en discernement. Cela allait être un bouleversement dans nos projets de futurs retraités. Pourquoi nous nous ? Nous ne sommes ni meilleurs ni plus intelligents que chacun d’entre vous ? Pourquoi maintenant ? C’est le mystère de Dieu...

  

Monique

 Pour moi, la question posée par le Père Bruno a provoqué un combat très douloureux ; ma première réaction a été : « tout, mais pas ça » pour des raisons assez superficielles. 

Ensuite, pendant la messe du jeudi saint, j’ai mieux réalisé ce que le Seigneur me demandait et j’ai beaucoup pleuré... 

Le soir, nous sommes revenus à l’adoration du saint sacrement. Là aussi, j’ai beaucoup pleuré et imploré le Seigneur de m’éclairer. Et puis, j’ai dit au Seigneur : « Seigneur, si ce projet vient de Toi, je te l’abandonne, je te fais confiance. ». A partir de là, une grande paix m’a saisie et ne m’a pas quittée même si les épreuves et les combats ne manquent pas.

 

Emile

 Après 2 ans de discernement, nous faisons une retraite ignatienne afin de donner notre réponse à une éventuelle entrée en formation. Peu avant la fin de la retraite, un matin, alors que je ne savais pas quelle réponse donner, j’ai fortement dans le cœur la confession de Pierre : Jn 6, 68 « Seigneur, à qui irions-nous, tu as les paroles de la vie éternelle ». J’avais déjà la réponse de Monique et il faut rendre grâce au Seigneur pour toutes les femmes qui ont dit « oui » et permis ainsi à leur mari de devenir diacre. 

Monique et moi, nous décidons, avec la grâce de Dieu de répondre positivement à l’appel de l’Eglise. Cet appel du Christ est pour le couple : si je suis ordonné, je sais que j’ai déjà donné ma vie une fois pour toutes dans le sacrement de mariage et ma mission de diacre devra s’appuyer sur la grâce de ce sacrement. (il faudra me le rappeler). 

Il n’y a pas de projet personnel ; notre seul projet, c’est de rentrer dans le projet que Dieu a pour nous. Le Christ appelle. Chaque femme, chaque homme est invité à préparer un chemin pour le Seigneur et le Seigneur vient à la rencontre de chacun et pose la même question qu’à Pierre : « m’aimes-tu ? ». 

Tel a été notre cheminement. 

Aujourd’hui, diacre permanent, ma mission, après celle d’être attentif à mon couple et ma famille, c’est de « proclamer l’Evangile et de prêcher la Parole de Dieu. Les diacres jouissent de la faculté de prêcher partout, dans les conditions prévues par le droit. Cette faculté procède du sacrement. » 

« L’autorité des diacres, exercée en communion hiérarchique avec l’évêque et les prêtres, est un service de la charité dont le but est d’aider et d’encourager tous les membres de l’Eglise particulière à participer, dans un esprit de communion et selon leurs charismes, à la vie et à la mission de l’Eglise.[1] 

Dans sa lettre de mission, Mgr DUFOUR me « charge de la préparation des baptêmes des petits enfants avec l’accueil des familles, l’organisation des rencontres et l’animation de l’équipe » et m’ « invite à travailler à partir des pistes de ma dernière lettre pastorale du 1er octobre 2012 – Renouveler nos pratiques du baptême.

 



[1] Directoire pour le ministère et la vie des diacres. Document catho n° 2181