CHATEAURENARD - EGLISE SAINT DENYS

 

L’entrée principale de l’église se situe sur la place Jeanne d’Arc, emplacement de l’ancien presbytère démoli pour créer cette place. Le porche est consacré au portrait de Saint Denys, son saint patron.

L’église a beaucoup servi et pas seulement pour le culte. Au XVI° siècle, le Conseil de la Communauté (ex Conseil Municipal) y tenait ses réunions. C’est également là que se réunissaient les chefs de famille pour leurs assemblées générales et pour les élections.

La première mention de l’église remonte à 1156, elle faisait partie du système de défense de la ville. Elle était accolée aux remparts et le clocher, avec sa tour carrée, servait de tour de défense. Il est bâti avec des assises de plus d’un mètre d’épaisseur, il est au début doté de deux meurtrières. Il s’arrête initialement au premier cordon de pierres des remparts, c’est-à-dire à peu près 20 mètres, pour ensuite « grandir » à  sa taille définitive en 1798. Il contient quatre cloches dont la plus ancienne fut fondue en 1522. Malgré les outrages du temps elle est toujours en place. Les autres datent de 1820, 1845, 1875.

En entrant dans l’église on remarque que l’on  « monte » vers le chœur, en effet construit sur le rocher et afin d’éviter de creuser dans la roche, l’allée centrale va en pente douce vers le chœur, associant en cela la symbolique de la montée vers le Christ situé contre le mur de l’abside.

Le chœur actuel de style gothique provençal, à cinq pans, date du 14ème siècle en remplacement d’un chœur d’inspiration romane qui a disparu au cours de l’agrandissement de l’église par deux travées supplémentaires de la nef centrale. L’arche d’entrée du chœur porte des fresques peintes représentant les quatre évangélistes : Saint Marc avec le lion, Saint Luc et le taureau, Saint Jean et l’aigle, enfin Saint Matthieu et l’ange. Au centre la symbolique de l’Esprit saint : la colombe, qui a inspiré les évangélistes. Le vitrail central représente Saint Denys patron de la paroisse, l’embase des ogives porte des personnages ange et diable (symbolique du bien et du mal) et du feuillage.

Les nefs latérales datent de 1832 à 1840, période à laquelle l’église a été à nouveau agrandie.

La tribune située sur la porte d’entrée porte un orgue de salon construit par les établissements Michel-Merklin pour les frères Lumière à Lyon en 1896. Quand la paroisse le rachète, en 1910, on y ajoute deux armoires avec des tuyaux postiches de part et d’autre du buffet pour équilibrer le tout dans la tribune trop grande pour l’accueillir. Cet orgue a bénéficié de plusieurs restaurations : en 1928, 1965 et 1998.

Près du baptistère en marbre blanc, datant du milieu du 19ème siècle, un tableau du peintre Mignard, dit l’avignonnais, daté de 1656, signé par l’artiste, représente la Sainte Famille. Restauré plusieurs fois, on remarquera le bleu resplendissant du vêtement de la Vierge obtenu, à l’époque, avec des pierres précieuses (lapis-lazuli, émeraude, turquoise et autres…) réduites en poudre ! En face de ce tableau, statue en bois recouvert d’or de Sainte Anne apprenant à lire à Marie.

L’autel de Saint Eloi, patron des orfèvres mais aussi des ferronniers et des métallurgistes porte un tableau attribué à Mignard mais ni daté ni signé. La « confrérie des ménagers » fit de Saint Eloi son saint patron, car pour travailler correctement la terre il faut des outils adéquats, chevaux ferrés et charrues.

L’autel de Saint Roch représente le saint par une statue ayant une plaie à la jambe, il s’agit d’un bubon de la peste. (Saint Roch né à Montpellier en partant pour Rome rencontre des pestiférés qu’il soigne mais contracte la maladie. Il se retire donc à l’écart, un chien vient chaque matin lui apporter un pain et lécher chaque jour sa plaie et il guérit.) La dernière épidémie de peste date des environs de 1710 en 10 ans c’est 900 habitants qui sont morts de la peste à Châteaurenard. L’autel est resté tel qu’il l’était avant la restauration de l’église en 1984 ; il est peint comme l’église l’était autrefois. On remarque d’un côté, la statue de Sainte Marthe avec la Tarasque mangeant un enfant, de l’autre la statue de Marie-Madeleine représentée avec un flacon de parfum.

L’autel de Saint Marc avec le lion comme représentation symbolique vient ensuite. On remarque sur la porte du tabernacle un cep de vigne sculpté car il est le patron des vignerons tout autant que saint Vincent (Marc pour le marc du raisin et vin dans le nom de Vincent).

La remarquable chapelle de la Vierge, restaurée en 2009, entièrement peinte, présente une statue dorée de Marie avec l’enfant Jésus et deux statues en plâtre représentant Sainte Marie Jacobée et Sainte Marie Salomé (les deux cousines de la Vierge selon la Légende Dorée de Jacques de Voragine). On trouve deux toiles collées sur le mur, de part et d’autre, de J. Beaufort datées de 1931 : le couronnement de la Vierge et l’annonciation. On remarque la fresque peinte sur la voute de sortie qui comporte des scènes de la vie de Marie jusqu’à son assomption au sommet de l’arc.

La chapelle de Notre Dame de la Salette représente les scènes de l’apparition de la Vierge à deux jeunes enfants en 1846. Elle a été élaborée à la suite du miracle survenu sur la personne d’une jeune châteaurenardaise, Thérèse Nicolas en 1873 (voir ci-dessous le détail).

On remarque dans la chapelle Saint Joseph, un monument édifié en 1920 à la mémoire des soldats victimes de la guerre de 1914-1918. Il représente un poilu gisant, non armé, portant une branche de laurier. Au-dessous sont représentés deux archanges, sainte Jeanne d’Arc, Saint Rémy et Saint Louis. Au-dessus se trouve un tableau de Mignard présentant le martyr de Saint Denis.

L’autel de Saint Denys l’aréopagite présente deux tableaux de J. Beaufort, datés de 1911, l’un de Saint Denys (premier évêque d’Athènes converti par saint Paul), l’autre de Saint Denis (près de Paris) lors de sa décapitation. La statue centrale et la représentation des deux saints sur les peintures portent un vêtement aux mêmes couleurs, donc qui est qui ?

L’église possède un très beau chemin de croix datant du 19ème siècle, en plâtre, restauré et reposé en 2004. 

La Miraculée de Châteaurenard !

 

LA GUÉRISON DE THÉRÈSE NICOLAS, 1873

 

Le 08 septembre 2011, M. SCOLARI a lu le récit suivant lors de la messe de la Nativité à Châteaurenard :

« … En 1873, Thérèse Nicolas est âgée de 27 ans. Depuis un dimanche de 1864, où elle voulut aller à la messe malgré le très mauvais temps, elle ne peut plus marcher et les médecins ne peuvent plus rien pour elle. Elle est donc condamnée à une immobilité pratiquement complète. En 1872, elle est allée en pèlerinage à Notre Dame de Bon Remède et on lui soumet celui de Notre Dame de la Salette pour 1873.

Le vendredi 5 septembre 1873, elle part de Châteaurenard accompagnée de ses deux sœurs. Le samedi matin, on la hisse sur un mulet et on tente de gravir la montagne. Le dimanche, le brouillard trop épais ne permet pas d’accompagner l’infirme. Ce n’est que le lundi 8 septembre que l’on amène Thérèse près de la fontaine miraculeuse. Là, on lui ôte ses chaussures et on lui trempe les pieds dans l’eau de la fontaine. Les missionnaires de Notre Dame de la Salette arrivent à ce moment même. On récite les litanies de Notre-Dame de la Salette.

C’est à ce moment que Thérèse Nicolas ressent la fraîcheur de l’eau, ce qui ne lui était plus arrivé depuis 9 ans. Après la première récitation des litanies, elle précise que son pied gauche semble s’affermir. On répète ensuite une seconde, puis une troisième fois la même prière. Elle semble dérangée et n’accepte pas de médicament, mais seulement boit un peu d’eau de la fontaine. Elle demande à être relevée car elle se sent plus forte. On n’ose pas la lâcher de peur qu’elle ne chute. On l’aide en lui prenant les jambes tour à tour et on arrive vers la grille qui entoure les lieux de l’apparition, entre la statue de la vierge en pleurs et celle de la conversation. Là, saisissant les barreaux de la grille, elle se met à genoux. Elle récite une quatrième fois les litanies et sent ses forces augmenter. Quand elle arrive à cette invocation « vous qu’on n’invoque jamais en vain », elle sent un calme profond envahir son âme et la force renaître dans son corps. Je suis guérie, dit-elle. Elle se lève seule, embrasse ses sœurs et s’avance vers la statue de la conversation. On crie au miracle et un pèlerin entonne le magnificat.

Pendant ce temps, Thérèse se tient debout les yeux tournés vers la statue de sa bienfaitrice. Après les vêpres et le récit de l’apparition qui suit immédiatement, l’heureuse protégée de Notre Dame de la Salette fait elle-même le chemin de croix sur les lieux de l’apparition.

Le lendemain, elle se lève seule, ce qui ne lui était pas arrivé depuis 9 ans. Elle prend encore des forces pendant deux jours et le 11 septembre, elle descend la montagne à pied pendant 5 kilomètres. Elle est arrivée à Châteaurenard le 13 et dès le lendemain, on a chanté à l’église une messe d’action de grâce pour sa guérison.

En 1897, 24 ans se sont écoulés depuis le 8 septembre 1873 ; Thérèse Nicolas n’a pas cessé de jouir d’une meilleure santé. Elle est religieuse de Notre Dame de la Salette à Lyon et heureuse de consacrer au service de Dieu et du prochain les forces qu’elle a si admirablement recouvrées en ce jour béni par l’intercession, de celle qu’on n’évoque jamais en vain ».

Cette même année, le 15 août, on chanta un cantique à Châteaurenard :c-34.jpg

Sur nous, ô bonne mère,

Tu jetas un regard !

La mémoire en est chère

A tout Châteaurenard !

Et notre hymne éternelle

Te diras notre amour,

O mère toute belle

Jusqu’au divin séjour.

Source : Information de M. JP SCOLARI, paroissien de Châteaurenard

Chaque année le 08 septembre à Châteaurenard, au cours de la messe dite en l’honneur de la Nativité en l’église Saint-Denys, il est fait lecture du récit de la guérison de Thérèse Nicolas en 1887.