NOVES - EGLISE SAINT BAUDILE

 

Elle est dédiée à Saint-Baudile, légionnaire romain et diacre martyrisé à Nîmes en l'an 300.

L’histoire

Dès l'Antiquité, le territoire de Noves est un lieu de passage du au passage à gué de la Durance entre Noves et Bonpas. L'église actuelle se trouve certainement à l'emplacement d'un lieu de culte romain et d'une première chapelle chrétienne. Au Xe siècle, le village est regroupé au pied du château sur le rocher, mais l'église reste nettement en dehors de l'agglomération. Au XIVe siècle, de nouveaux remparts englobent l'église.

De l’église primitive du 10ème siècle déjà dédiée à Saint Baudile, ne subsiste qu’un mur visible de l’extérieur en haut de l’escalier conduisant à la tribune.

De l'église romane du XIIe siècle subsiste l'abside semi-circulaire, suivie d'une croisée surmontée d'une coupole soutenant un clocher et d'une nef à trois travées voûtées en berceau brisé.

L'église est agrandie vers 1430 : deux collatéraux nord et sud de deux travées chacun formant transept, agrandissement de la porte d'entrée au sud.

Au XVIIe siècle, construction de la tribune occidentale et d'une sacristie au sud-est du chevet.

Au XVIIIe siècle, chapelles nord et sud prolongeant les croisillons de transept ; la chapelle Saint-Baudile possède des boiseries enchâssant des toiles représentant des épisodes de la vie de Saint-Baudile.

L’édifice présente des caractéristiques du roman provençal : couverture en dalle de pierre, voûte en berceau brisé.

Architecture et décoration

L'unique porte (XVe siècle) s’ouvre vers le village. Deux anges aux formes féminines (les anges sont pourtant réputés asexués) ornent les portes recouvertes de bronze. Dès l'entrée, on peut s'installer à gauche, dans la dernière travée romane de la nef. Cette travée et celle qui précède sont, avec la coupole et le clocher, un agrandissement (vers 1180) de la première partie de l'église construite entre 1140 et 1150, et qui comprenait seulement l'abside et les deux premières travées.

La première travée supporte une majestueuse coupole sur trompe, témoignage du caractère épiscopal de l'édifice. L'abside est décorée de six colonnes de type corinthien avec chapiteaux décorés de feuilles. Le maître autel, œuvre anonyme en marbre polychrome, a été acquis en 1775 par Monsieur de Bournissac. Sur le chœur ouvre la sacristie construite en 1683. Vous trouverez en vous déplaçant dans l’église six grandes statues de pierre : Anne et Marie, Saint François d’Assise, Saint Baudile, Saint Antoine du Désert, et Saint Blaise, datant de 1877 qui ornaient initialement le chœur. La profusion colonnes et statues les a fait déplacer.

Vers 1430, l'église s'agrandit par la création de deux collatéraux. A l'extérieur, un grand escalier du XVe siècle conduit à la tribune et au passage extérieur d'accès au clocher, lequel date de la fin du XIe siècle.

- Le collatéral sud est composé de deux travées voûtées d'ogive et ornées de clés armoriées.

La première est la chapelle Saint-Joseph dont la clé représente le « tau » des moines Antonins, qui contribuèrent certainement à son édification. Sur le pilier ouest (face à Saint-Joseph), le buste de Saint-Baudile en bois polychrome, reliquaire dans lequel furent transférées en 1858, les reliques du Saint.

Au sud de cette chapelle s'ouvre la chapelle Saint-Baudile créée en 1708 : boiseries polychromes très abimées, tableaux et vitraux du Saint Patron de l'église, ainsi qu'un tableau représentant le mariage de la Vierge et de Joseph.

Sur le pilier entre les deux travées, se trouve la statue de Saint-François d'Assise, qui ornait précédemment le chœur.

La deuxième travée de ce collatéral sud a été dédiée à Jeanne d'Arc. Sur son côté sud, il y a la chapelle du Sacré Cœur (XIXème siècle).

- Le collatéral nord présente une disposition symétrique. La première travée est dédiée à la Vierge. Sa clé de voûte représente les anciennes armoiries de Noves. Sur celle-ci s'ouvre la chapelle Saint-Roch (même époque et même style que celle de Saint-Baudile). La deuxième travée est l'ancienne chapelle Sainte-Catherine. Sa clé remaniée représente le blason d’origine de Noves (une croix ornée de trois lis) jusqu’à la révolution .

- A l’extérieur, on contemplera l’abside demi-circulaire décorée dans sa partie supérieure d’arcatures. La couverture est pour la majorité faite de « bards » (dalles de pierres rectangulaires qui se chevauchent) fréquent sur les églises romanes. La base est décorée de corniches très abimées, la crête est découpée d’oves juxtaposées.

Dans le cadre de la restauration du clocher, un carillon informatisé a été installé en 1991. Il comporte cinq cloches, la plus ancienne date de 1819 (900 kg), les quatre autres datant de 1991. Un antiphonaire a été composé par Emmanuel Lautier sur la demande de l’association du patrimoine Novais. Vous pouvez en entendre deux extraits reproduits ici en cliquant ci-dessous.

Les toitures, le clocher et certaines façades ont fait l'objet d'une restauration qui s'est achevée en 1994.

Informations fournies par Mr GUIGUES, paroissien de Noves

 

SON DU CARILLON DE SAINT BAUDILE:

BAPTEMES:

ANGELUS :

 

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Le 4 mai 1664, la Vierge de Lumieres daigna operer une réunion de miracles éclatants en faveur d'une demoiselle de Noves, agée de 13 ans, nommée Claude Maynaud .

 

(D'aprés le Père Michel du Saint-Esprit commissaire général de la réforme des Carmes en Provence 1666)

 

Le bienfait suivant, et un des miracles plus publics, et une des merveilles plus notoires qu'on ait vu en la sainte Chapelle de Goult. 

 

Claude Meynaud, fille de Pierre Meynaud, et d'Anne Giraude, demeurant dans la la ville de Noves, Diocèse d'Avignon, était estropiée, infirme et affligée de diverses manières. Car elle était paralytique de tout le côté gauche depuis son âge de sept ans.

 

  Elle ne voyait rien du tout de l'œil droit, ses pieds étaient hors de leur siège, et situation ordinaire, elle ne marchait qu'avec deux potences, et jamais sans une personne qui la soutint, outre cette aide, elle ne pouvait se servir de ses bras ni de ses mains, vu même que pour manger, il fallait, ou qu'elle prit avec sa bouche l'aliment ordinaire, baissant sa tête et ses lèvres sur le bord de la table, de la chaise ou du banc tout ainsi que les bêtes, ou que quelqu'un lui donnât la nourriture avec la main, comme on fait aux petits enfants du berceau, lorsqu’on leur donne la bouille.

 

  Comme on ne parlait presque d'autres choses dans la ville de Noves, que des miracles que Dieu faisait à Goult, par l'invocation et intercession de N. Dame de Lumières, et que des personnes y allaient en procession, dévotion et pèlerinage.

 

  Cette pauvre, affligée, pitoyable et innocente fille, âgée lors de treize ans, fut inspirée de s'y faire conduire. Elle pria ses parents de l'y faire porter, et leur fit pour ce sujet si grandes et pressantes instances, que leur amour et leur piété ne purent l'éconduire.

 

  Ils communiquèrent leur dessein à Mr. Le Vicaire Ecclésiastique de probité connue, de vie sans tache et d'érudition rare. Se résolurent sur son avis d'y aller avec elle, et dans la compagnie des Pèlerins du lieu.

 

  Ils partirent ensemble de Noves, le 3 mai 1664, jour de l'invention de la sainte Croix, et étant arrivés le soir de la grande Begude de Goult, chez Mr. Janselme, Claude fut l'objet de la compassion d'une grande multitude de peuple, qui était dedans et à l'entour de ce fameux logis.

 

  Le lendemain, qui était le dimanche, ayant été apportée dans la Chapelle miraculeuse de N. Dame de Lumières, et ayant fait sa prière avec ses père et mère, animés d'une ferme foi, résignation et confiance, dans le pouvoir, la bonté et les mérites de la très sainte Vierge; elle fut le sujet tout à la fois, de cinq ou six miracles surprenants, manifestés et signalés.

 

  Car elle fut en même temps, et comme en un instant, entièrement délivrée de toutes les susdites infirmités.

 

  Je vous laisse à penser (cher Lecteur, et dévot Pèlerin) qu'elle consolation intérieure elle eut en son cœur, lorsqu'elle se sentit touchée dans l'âme d'un mouvement de dévotion, et dans le corps d'une main bienfaisante, qui la tirait amoureusement d'un si grand nombre de misères.

 

  Quelle joie eurent ses parents, leurs compatriotes, et tous les Assistants, quand ils l'ouïrent s'écrier dans son transport cordial, et insigne métamorphose "Ah, sainte Vierge ! Ah, notre Dame de Lumières, je suis guérie, vous m'avez guérie !"

 

  Les potences sur lesquelles elle appuyait ses épaules, et soutenait avant sa guérison, son pitoyable corps, comme sur des colonnes mouvantes, et mobiles, portantes, et portatives, restèrent dehors sur le lieu. v Elles furent relevées, et sont attachées dans la Chapelle miraculeuse comme des bâtons triomphants, et des étendards victorieux de N. Dame de Lumières, sur les diverses infirmités, et différentes maladies.

 

  Or comme on courait de toutes parts au bruit de ces miracles si visibles, opérés à la même heure, et en faveur d'une même personne, et qu'on étouffait dans la presse qui était dans la saint Chapelle (laquelle étant rebâtie sur les vieux fondements, ne contient en dedans que deux Cannes de largeur, et six de longueur, jusqu'au milieu du haut du Presbytère) on en fit sortir ce trophée de l'Auguste Marie. 

 

Alors Claude remuait ses pieds remis dans l'état naturel, elle se servait de ses mains, comme elle le voulait, voyait de ses deux yeux en perfection, et marchait comme si elle n'eut jamais été malade. Quod vidimus testamur.

 

  Elle monta à la Chapelle de saint Michel, où on n'avait point encore dit la Messe depuis plusieurs années (et où je faisais seulement rebâtir le Presbytère, pour la bénir par l'autorité de l'Ordinaire, et y célébrer, comme je le fis le jour de l'Apparition de ce divin Archange, le 8 du même mois de mai de la susdite année,) son père et sa mère l'accompagnaient, suivis d'une grande troupe de personnes et de pieux Pèlerins.

 

  Elle en revint saine et dispose, et parce que j'avais pris durant ce temps, information, et que les miracles étaient évidents, notoires, et manifestés, je commençai le Te Deum qui fut chanté avec joie par plusieurs Prêtres séculiers, et Religieux de divers Ordres, tous ravis de cette universelle guérison.

 

  Cet hymne étant fini, je dis les Oraisons de la sur adorable Trinité, de la sacrée Vierge, et du glorieux S. Michel Primat de tous les Esprits Angéliques, et fis exhortation. Ce fut pour exciter les Pèlerins à louer Dieu de ses bienfaits, à honorer la sainte Vierge, et à représenter à la guérie, qu'elle devait être toute sa vie une fille de lumières, et vraie servante de la Mère de Dieu, en fuyant les ténèbres des vices, et en aimant les clartés des vertus durant tout le cours de sa vie.

 

  Après que les parents de Claude eurent dînés, salués la sainte Vierge, et reçus la bénédiction que je leur donnais, avec consolation extrême, dedans le lieu miraculeux, ils s'en retournèrent à Noves, avec la compagnie.

 

  Plusieurs des Pèlerins arrivés à diverses devant Claude, son père et sa mère (qu'on avait attesté en chemin à raison des grâces si insignes) avaient déjà publié dans la ville la guérison miraculeuse de cette fille affligée auparavant en diverses manières.

 

  On attendait à Noves avec impatience de voir la vérité de la nouvelle, et un chacun déférant bien plus à ses propres yeux, qu'à ses oreilles, désirait à tout moment son retour, et son arrivée.

 

 Enfin lorsque Claude, illustre objet et merveilleux sujet des bontés de l'Auguste Marie Mère de Dieu, fut rendue dans la ville, et que tous les grands et les petits voulaient la voir, et ne pouvaient sans de très grandes incommodités pour les uns, et les autres, entrer en la même maison, il fallut trouver le suivant expédient.

 

  Monsieur le Vicaire de Noves, personne de probité connue à tout le pays, et Monsieur de Merindeau savant gentil homme du lieu, et pour lors premier Consul ayant admiré ce précieux ouvrage de la sacrée Mère de Dieu, trouvèrent à propos de la mener par toutes les rues, et endroits de la ville.

 

  Ils la conduisirent tous deux, et voulurent, qu'elle fut vue dans cette parfaite guérison, et entière santé, par tous les habitants, pour exhorter un chacun à glorifier Dieu, et honorer la sainte Vierge.

 

  Mais ce n'est pas là tout. O Dieu ! Que vos conduites sont admirables et vos secrets impénétrables ! Cette fille ne mange, ni ne boit quoi que ce soit, à Noves, douze jours consécutifs et entiers, après son retour, et sa parfaite, et merveilleuse guérison.

 

  Cependant elle voit clairement de l'œil gauche dont elle ne voyait point du tout auparavant, et de l'œil droit mieux qu'elle ne faisait. Elle manie ses bras et ses mains comme elle veut, elle remue ses pieds, et va où elle désire sans béquille, sans guide, et sans difficulté.

 

  Elle a le teint vermeil, belle couleur, et le visage bon. Elle est forte, serviable à la maison, et elle se porte bien. O merveilles admirables du Tout-puissant ! O faveurs signalées de Marie !

 

  En suite de cet état d'une totale guérison, et d'entière abstinence, Claude Meynaud but et mangea, et vint faire une neuvaine à N. Dame de Lumières avec sa bonne mère, pour lui rendre grâce plus amplement, et lui demander la continuation de sa sauvegarde, et de sa protection. 

 

Et depuis ses pieux parents l'y ont encore accompagnée deux fois, et le jour de l'anniversaire de la grâce reçue.

 

O quelle obligation elle a de bien servir et honorer toute sa vie la Vierge ! Et quel motifs n'avons-nous point, d'avoir recours en nos besoins spirituels et corporels, à la Reine du Ciel, à N. Dame de Lumières.